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c'est une grande fête entre mélomanes

le Klarafestival de Bart et Gerda

La musique : équilibre magique et fragile Barbara Hannigan, artiste du festival, donne le ton du Klarafestival 2023, qui se déroulera du 10 au 26 mars. Avides de savoir comment se vit un concert au Klarafestival, Yasmine et Ulrike, stagiaires en communication, ont rencontré Bart Bosmans et Gerda Willems, deux de nos habitués.

Bonjour, Bart et Gerda, quel est votre souvenir de votre premier concert au Klarafestival ? Quand était-ce ?

Bart : Bonne question. Je n’en ai pas vraiment de souvenir. Je pense que c'était il y a environ 10 ans. 

Gerda : J'ai une mauvaise mémoire pour les dates, mais je crois que je suis une fidèle des concerts au Bozar et à Flagey depuis 2000. J'y suis si souvent que je ressens moins le besoin de mettre de la musique à la maison. Ce qu'on vit en concert est tellement intense que la musique diffusée ne m’intéresse plus trop. J'ai une bonne installation hi-fi, mais j'écoute rarement de la musique à la maison. Je n’en écoute plus qu’en voiture, où on est littéralement immergé dans la musique.

Le thème de cette année est « Become Music », Accueillir la musique. Si l’on en croit notre artiste du festival, Barbara Hannigan, un concert classique est bien plus qu'une expérience individuelle et maîtrisée. On parvient à un équilibre magique, où chaque individu présent dans la salle participe à un rituel musical jusqu’à ne plus faire qu'un. Dans une salle de concert ou de théâtre, vous sentez-vous lié aux personnes qui vous entourent, spectateurs et artistes confondus ?

Bart : Bien sûr, c'est le cas, dans une certaine mesure. On regarde autour de soi, on est entouré d'autres personnes. Si on était assis seul, ce ne serait pas aussi amusant (rires). On n’y pense normalement pas pendant un concert, mais une communauté d'écoute, ça fait partie du jeu. 

Gerda : Oui, c’est vrai. Les concerts du Klarafestival sont une forme de magie. Quand la salle est plongée dans le silence, que personne ne tousse et que tout le monde est attentif, on est envoûté par la musique. Dès que les premières notes retentissent, j'ai l’impression que la musique s'adresse à moi.

Bart, vous dites n'y avoir jamais prêté attention. Pour vous, le thème est-il quand même approprié ?

Bart : C'est une bonne thématique. C'est une autre façon d'aborder le concert. On évoque rarement le public, sauf peut-être pour parler de son enthousiasme (rires). Sans public, ce ne serait même pas la peine d'organiser un concert (rires).

Gerda : Il va d'abord falloir que j’en fasse l’expérience. Je ne veux rien postuler à l’avance ou théoriser là-dessus. Je trouve néanmoins que c’est une belle thématique.

“Grâce au Klarafestival, j'ai assisté ces dernières années à plusieurs concerts pour lesquels je n'aurais pas spontanément acheté de billets."
— Bart, habitué du Klarafestival

Selon vous, quels sont les ingrédients d'un concert exceptionnel ?

Bart : Pour moi, ce qui est important, c’est d’entendre des œuvres rarement jouées. Grâce au Klarafestival, j'ai assisté ces dernières années à plusieurs concerts pour lesquels je n'aurais pas spontanément acheté de billets. Mais je suis très content d'y avoir assisté.

Gerda : Le Klarafestival est pour moi un lieu de rencontre idéal. C'est une grande fête entre mélomanes.

Vivez-vous le Klarafestival en famille ? Pourquoi, ou pourquoi pas ?

Bart : Je n'y viens pas en famille parce que ma compagne n'est vraiment pas intéressée par ce genre de musique ; pour elle, c'est une musique qui endort (rires). J'y vais donc généralement avec un ami.

Gerda : J'assiste au Klarafestival avec mon mari. On appelle ça « notre sortie annuelle ». Nous prenons même nos vacances en conséquence (rires).

"Le Klarafestival est pour moi un lieu de rencontre idéal. C'est une grande fête entre mélomanes."
— Gerda, habituée du Klarafestival

Qu'est-ce qui fait que vous revenez année après année au Klarafestival ?

Gerda : J'aime revoir des gens avec qui je partage la passion de la musique. La sélection d'artistes est également toujours intéressante, et il y a toujours des nouveautés à découvrir.

Maintenant, on va faire un petit jeu. Je vais au Klarafestival et je mets dans ma valise...

Bart : Très occasionnellement, mon nœud papillon (rires). Pour être sur mon 31. On peut toujours essayer... 

Gerda : J'ai presque toujours le programme avec moi, pour le lire pendant les entractes. Je porte aussi tout le temps des boucles d'oreilles. C'est une sortie. Je fais donc un effort pour bien m’habiller et me maquiller.

En marge du Klarafestival, il y a aussi la Klarafestival Box. Vous aimeriez assister à un concert privé de quel artiste ?

Bart : Bonne question. Probablement un ou une artiste lyrique. Je ne suis pas trop fan de musique instrumentale. Philippe Jaroussky ? Mais je rêve (rires).

Gerda : Des artistes que je connais. Brinkman ou Walter Geus. Et Boris Giltburg, que je suis allée écouter récemment et que je serais ravie d'aller revoir à la Box (rires). J'aimerais aussi assister à un concert de violoncelle, l'un de mes instruments préférés.

Pour terminer, nous vous proposons des choix cornéliens. C'est parti : Bach ou Beethoven ?

Bart : Bach

Gerda : Bach

 

Jeune talent ou valeur sûre ?

Bart : Bonne question, je dirais 75 % valeur sûre et 25 % jeune talent (rires).

Gerda : Hmm, c'est une question difficile. Une valeur sûre, je pense.

 

Billet acheté en ligne ou au guichet ?

Bart : J'achète généralement mes billets en ligne.

Gerda : J'ai maintenant l'habitude d'acheter des billets en ligne. Mais au guichet, c’est un peu plus personnel.

 

Concert en matinée ou en soirée ?

Bart : Je vais généralement aux concerts en soirée.

Gerda : Je préfère aussi les concerts en soirée.

 

Orchestre symphonique ou quatuor à cordes ?

Bart : Orchestre symphonique.

Gerda : Je me sens plus attirée par un concert de quatuor à cordes. Les musiciens entrent en dialogue et doivent se répondre avec intelligence. On dirait parfois qu’ils improvisent. Je ne sais pas si c'est le cas, mais ça sonne comme tel. Pour moi, un grand concert symphonique est trop lourd à digérer.

 

Et maintenant, un petit dernier en rapport avec le festival. Diriger ou chanter ?

Bart : Plutôt chanter. 

Gerda : Ce sont les bons chefs d'orchestre qui font une œuvre. Ils ou elles lui donnent de la couleur, font parler la musique d'une certaine manière et, par conséquent, nous embarquent ou non, même si ce sont les mêmes notes sur la partition.

 

Saviez-vous que notre artiste du festival fait le deux ?

Bart : Oui, elle fait les deux. Je l'ai même vue chanter un opéra, perchée sur des talons aiguilles.

Gerda : Évidemment, c’est vraiment original.

Propos recueillis par Ulrike Vangoethem et Yasmine Ennassiri

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