Where is Home?
Un chez-soi musical
Un homme monte sur scène, violoncelle à la main. Il observe la salle, écarte les bras et déclare : « Bienvenue. Ce soir, vous n’êtes pas de simples spectateurs, mais des participants. Notre rencontre est un échange. » Il commence ensuite à chanter et à jouer, et tout devient clair. Tel une antenne vivante, il capte l’énergie du public et la renvoie décuplée. La salle se métamorphose en salon. Ceux qui étaient présents rentrent chez eux transformés.
C’est à peu près ainsi que se déroule un concert d’Abel Selaocoe. Avec ce charismatique violoncelliste, chanteur et compositeur, nous vous souhaitons la bienvenue au 21e Klarafestival. En tant qu’artiste du festival, Selaocoe donnera trois concerts couvrant tout le spectre de son univers musical. De la musique traditionnelle de son pays natal, l’Afrique du Sud, au baroque en passant par le jazz, le classique contemporain et l’improvisation, il fusionne toutes ces influences pour créer une œuvre unique placée sous le signe de l’identité et des échanges culturels.
Le thème de cette édition du festival s’inspire du premier album du Bantu Ensemble, le groupe de Selaocoe : Where Is Home? Une question ouverte qui appelle d’innombrables réponses, surtout dans une ville aussi diversifiée que Bruxelles, où se croisent 180 nationalités et 100 langues. Notre capitale est une plaque tournante. Un refuge. Un foyer temporaire ou permanent pour d’innombrables personnes et autant d’histoires. Jour après jour, nous avons la chance de pouvoir ancrer notre festival dans un terreau aussi fertile.
Abel Selaocoe
La demeure musicale d’Abel Selaocoe est riche de nombreuses pièces ayant une chose en commun : toutes leurs portes et fenêtres sont ouvertes. Le violoncelliste et compositeur sud-africain a grandi dans un township au sud de Johannesburg, baigné de musique traditionnelle. Lorsqu’il a commencé le violoncelle, sa mère fredonnait des hymnes sur les suites baroques dans lesquelles il aimait s’égarer. La musique est devenue pour lui un terrain de jeu illimité. À l’âge de dix-sept ans, il est parti étudier à Manchester, une ville qui est devenue son nouveau foyer, où son approche musicale panoramique lui a valu de se faire remarquer.
Aujourd’hui, Selaocoe parcourt le monde, se produisant dans des salles de concert prestigieuses et des festivals branchés. En tant qu’interprète et créateur, il dialogue avec les traditions africaines et classiques, se laissant guider par la boussole de l’improvisation. À tâtons, il cherche sans cesse de nouvelles voies entre la voix et le violoncelle. Il partage cette expérience intuitive en toute franchise avec son public. Quiconque assiste à l’un de ses concerts palpitants sait que pour lui, l’importance de la musique dépasse largement les notes. Ses compositions transcendent les genres, le temps et les cultures. Elles traitent de l’identité et du chez-soi, des origines et des liens, dans l’esprit de la philosophie ubuntu : « Tu es parce que je suis, je suis parce que tu es ».
En tant qu’artiste du festival, Abel Selaocoe donnera trois concerts lors du Klarafestival 2026. Avec ses collègues du Bantu Ensemble, il explore leur riche répertoire. Avec le percussionniste Bernhard Schimpelsberger, la soprano Héloïse Werner et le pianiste Fabian Fiorini, il improvise à la croisée des univers musicaux. Et avec le Brussels Philharmonic, il se produira en tant que soliste dans un nouveau concerto pour violoncelle signé Jessie Montgomery. Ce portrait en trois volets révèle un narrateur aussi polyvalent que charismatique, qui prouve que la musique peut guérir.