Livret de programme

Gerhard Richter © Gerhard Richter 2021

[sold out] Asko|Schönberg & Colin Currie

reich/richter

14.03.2023 — 20:00
Bozar, Salle M
Préface

Bienvenue au Klarafestival !

 

Festival van Vlaanderen Brussel, Klara et nos partenaires sont heureux de vous accueillir à nouveau. « I believe audiences aren’t just listening. They are actively contributing », confiait l’artiste du festival, Barbara Hannigan, dans une interview. Un concert, c’est une interaction entre le public, les artistes et tous ceux et celles qui, sur scène ou en coulisses, participent à la magie de ces moments. Ensemble, nous faisons corps avec la musique. Become Music !

 

Cheffe d’orchestre et soprano, Barbara Hannigan est un grand nom de la scène internationale. Avec elle, la musique classique prend la forme d'une expérience moderne à part entière. C'est une source d’inspiration pour le Klarafestival, le plus grand festival radio du pays. Ses multiples talents et ceux de nombreux artistes belges et internationaux, qui relient le passé et le présent par des récits musicaux, vous feront indéniablement vibrer.

 

Le Klarafestival commencera en force avec Hannigan au pupitre du London Symphony Orchestra. Ensuite, on la verra et entendra avec des jeunes musiciens participant à son projet de mentorat Equilibrium Young Artists. Quelque 25 concerts mettront en avant des ensembles talentueux, tels que Les Talens Lyriques, le City of Birmingham Symphony Orchestra avec Mirga Gražinytė-Tyla et Vilde Frang ou le St. Louis Symphony Orchestra avec Víkingur Ólafsson. Le Klarafestival encourage aussi la création. Le ciné-concert Reich/Richter mêlera les tableaux de Gerhard Richter à la musique de Steve Reich. La surprise sera encore au rendez-vous dans la création Counterforces du compositeur Frederik Croene sur un texte de la poète Dominique de Groen ou dans la production de théâtre musical Prey du metteur en scène Kris Verdonck sur une musique composée par Annelies Van Parys.

 

Ces concerts et tous les autres ne pourraient avoir lieu sans la collaboration de nos partenaires culturels : Bozar, Flagey, Kaaitheater, Théâtre Varia, Muntpunt, Concertgebouw Brugge et De Singel. Nos remerciements vont aussi à nos partenaires privés KPMG, Proximus, Brasserie Omer Vander Ghinste, Belfius, Interparking et les joueurs de la Loterie nationale. Nous sommes reconnaissants du soutien de la Communauté flamande et de la Région de Bruxelles-Capitale. Et enfin, merci à Klara et à la VRT : il n’y aurait pas de festival radio sans leur précieux appui.

 

Joost Fonteyne

Directeur artistique Klarafestival

 

Programme

Asko|Schönberg, ensemble

Colin Currie, percussion

Gerhard Richter, images

Corinna Belz, film

Theun Mosk, scenography

 

in collaboration with UNUSUAL SUSPECTS and Muziekgebouw aan ‘t IJ

a coproduction between Klarafestival, Bozar, Ancienne Belgique

 

recorded by Klara, broadcast on 30.03 at 20:00

 

***

 

Bryce Dessner (1976)

Tromp Miniature

 

Steve Reich (1936)

Four Organs

Reich/Richter

 

end scheduled at 21:15

Clé d'écoute

Une conversation entre Steve Reich et George Jackson (chef d’orchestre Ensemble Intercontemporain) - 20 novembre 2021

 

GJ : Comment a évolué ce projet avec Gerhard Richter ?

 

SR : Il remonte à 2009. Je jouais occasionnellement Drumming Part 1 et Music for 18 Musicians avec la formation Ensemble Modern de Francfort. Gerhard Richter était exposé au Ludwig Museum de Cologne et voulait que j’y interprète Drumming Part 1 avec des musiciens de cet ensemble et que je joue Music for 18 Musicians à la Philharmonie de Cologne toute proche. C’est ce que nous avons fait. Tout s’est très bien passé. Richter et moi avons eu l’occasion de nous rencontrer. Nous n’avons pas passé beaucoup de temps ensemble, mais nous avons éprouvé l’un pour l’autre un respect mêlé d’admiration.

Sept ans plus tard, en 2016, j’ai appris qu’il souhaitait me voir pour parler d’un nouveau projet. Il m’a proposé de le retrouver à la Marian Goodman Gallery, où il expose à New York. J’y suis allé et il m’a présenté son ouvrage Motifs. Le livre s’ouvre sur une de ses peintures abstraites des années 90. Il avait numérisé une photo du tableau. Il avait ensuite coupé l’image numérisée en deux et séparé chaque moitié, qu’il avait découpée à leur tour en deux. Il avait ensuite placé deux de ces quarts en miroir. Par la suite, il avait répété ce procédé de découpage et de mise en miroir en passant successivement de la moitié au quart, au huitième, au seizième, au 32e, et ainsi de suite jusqu’au 4 096e. L’effet recherché consistait à passer d’une peinture abstraite à une série de « créatures » anthropomorphes toujours plus réduites (puisque le miroir produit une symétrie bilatérale), à des abstractions « psychédéliques » kaléidoscopiques toujours plus petites et, lentement, à des bandes de couleur ultrafines. Richter m’a confié qu’il était en train de tourner un documentaire sur le livre avec Corinna Belz et m’a demandé si ça m’intéressait d’en écrire la musique. J’ai répondu que le projet m’intéressait a priori, mais que j’aurais aimé voir d’abord des extraits du film. 

Le film s’est révélé être une version du livre à rebours, nettement moins systématique. La structure était très intéressante et j’ai accepté de relever le défi. Richter commençait par ce que Corinna Belz appelle ses bandes de couleur à « 2 pixels ». La musique commence donc par un motif oscillatoire à deux doubles croches. Quand le documentaire passe à quatre « pixels », la musique enchaîne sur un motif à quatre doubles croches, puis huit, et seize. Les changements ne sont pas synchrones, seulement vaguement coordonnés. Comme le nombre de pixels n’en finissait pas d’augmenter, je me suis dit que cela allait devenir ridicule. J’ai donc commencé à introduire des valeurs de notes plus longues, d’abord des croches, puis des noires, au fur et à mesure de la progression des pixels. Au milieu du film, alors que le nombre de pixels prend des proportions gigantesques, la section en fondu enchaîné commence et la musique est vraiment ralentie par des blanches tenues sur plusieurs mesures. Par la suite, quand que le nombre de pixels commence à diminuer, la musique revient aux croches, puis aux doubles croches, pour se terminer par les bandes de couleur dans leur rythmique la plus intense. Le timing balisait le contour structurel de la musique. J’avais un timecode sur mon ordinateur portable qui correspondait à la structure globale de la musique plutôt qu’à l’image.

 

GJ : C’est donc une œuvre qui pourrait être jouée en configuration concert plutôt qu’en bande-son du film. 

 

SR : Certainement ! Il serait tout à fait envisageable de la jouer en concert. Ici, c’est un enregistrement et je suis très impressionné du résultat. Le sostenuto y est magnifique. Les notes sont tenues pendant toute leur valeur et tout semble couler de source. C’est comme dans un rêve. 

 

GJ : J’ai visionné un entretien, avant Reich/Richter, enregistré il y a environ dix ans, où vous expliquiez que vous étiez souvent attiré par les armures à deux dièses (si mineur ou ré majeur) ou par la musique modale.

 

SR : Oui, je suis accro aux deux dièses. (rires). 

 

GJ : C’est intéressant parce que c’est précisément de là qu’on part, en passant par ces différentes harmonies, avant de revenir en si mineur dans la troisième partie. Il plane une certaine ambiguïté harmonique dans le registre médian : il pourrait s’agir de fa majeur, de ré mineur, mais ensuite l’un des deux pianos, en particulier dans la section en doubles croches de l’ouverture, apparaît en fondu pour presque confirmer la tonalité, souvent dans une dynamique qui tend à progressivement dominer l’ensemble, avant de s’effacer et de laisser l’ambiguïté reprendre le dessus.

 

SR : Absolument. J’aime les graves répétées du piano qui apparaissent et disparaissent en fondu avec un simple jeu de pédale. Précédemment, vous m’avez demandé si les images du film ou le timing global du nombre de pixels avaient une quelconque influence sur la musique. Je vous avais répondu que les images n’avaient eu pratiquement aucune influence, mais que la structure de la musique se calquait sur le nombre de pixels. J’ajouterai que mes images préférées sont les bandes de couleur. Ces rayures étaient des « deux pixels » et la musique se composait d’oscillations de deux notes.

 

GJ : À propos de pixels et d’oscillations, nous n’avons pas encore parlé du rapport avec Runner et Music for Ensemble and Orchestra.

 

SR : Juste avant de commencer à travailler sur ce projet, je venais de terminer deux compositions, Runner et Music for Ensemble and Orchestra. Les deux œuvres se terminent par une oscillation de deux notes qui changent graduellement, jouées par presque tous les instruments. Je me suis dit que ce serait intéressant de commencer de la même façon et de voir où ça allait mener. Quand Richter et Belz m’ont approché, ils m’ont expliqué que le film commençait par les « deux pixels ». J’ai été scotché. Je tenais là mon point d’articulation entre la fin de ces deux pièces et le début d’une nouvelle pièce inconnue. C’était exactement ce que je recherchais. Ça m’a vraiment poussé à réaliser ce projet.

 

GJ : Je suppose que cela vous conforte dans l’idée qu’un programme de concert qui commencerait par Runner pour poursuivre avec Reich/Richter formerait un continuum.

 

SR : Oui, et on aurait aussi un jeu de forces. Il y a plus de musiciens à l’œuvre dans Runner que dans Reich/Richter. C’est bizarre, car Reich/Richter évoque une plus grande puissance instrumentale. Quoi qu’il en soit, cela ferait un bon programme. 

 

Biographies

Asko|Schönberg

Asko|Schönberg (Pays-Bas) est un ensemble pionnier des musiques nouvelles. La qualité, l’expérimentation et une programmation innovante en prise avec l’actualité en sont ses principaux piliers. Fort d’un vaste réseau de musiciens, de chefs d’orchestre, de compositeurs, de jeunes créateurs protéiformes et de partenaires issus de différentes disciplines artistiques, Asko|Schönberg concourt à « fabriquer le présent ». L’ensemble se pose en plate-forme accessible, soucieuse de participer, avec des partenaires novateurs et dynamiques, à l’évolution constante de la composition contemporaine sous toutes ses facettes. Installé à Amsterdam, l’ensemble se produit dans le monde entier. Il interprète les plus grands compositeurs du XXe siècle et les œuvres les plus récentes du XXIe siècle sur les plus grandes scènes, en festival et dans des spectacles interdisciplinaires.

askoschoenberg.nl

 

Colin Currie

« Currie is at the summit of percussion performance today », titrait le magazine britannique Gramophone. Colin Currie (Royaume-Uni), chantre incontesté des musiques nouvelles, est soliste et chambriste. Soliste chouchou de nombreux compositeurs et chefs d’orchestre contemporains, il se produit avec les plus grands orchestres du monde, notamment le New York Philharmonic, le Royal Concertgebouw Orchestra, l’Orchestre Philharmonique de Radio France et le London Philharmonic Orchestra. Ce soliste fougueux et aventureux s’engage en faveur de la création des musiques nouvelles et de la commande de compositions. À ce titre, il a été adoubé en 2015 par la Royal Philharmonic Society, qui lui a décerné son Instrumentalist Award. Currie a participé à la création d’œuvres de compositeurs tels que Steve Reich, Elliott Carter, Louis Andriessen et Sir James MacMillan. En 2006, il a fondé le Colin Currie Group, expert de la musique de Reich. 

www.colincurrie.com

 

Corinna Belz 

Corinna Belz (Allemagne) a étudié la philosophie, l’histoire de l’art et la science des médias à Cologne et à Berlin. Elle a écrit et réalisé plusieurs productions cinématographiques. Son premier film consacré à l’œuvre de Gerhard Richter, The Cologne Cathedral Window (2007), a reçu le World Media Gold Award dans la catégorie Art Documentaries. Encensé par la critique, son long-métrage documentaire Gerhard Richter Painting (2011) a été couronné du Prix du Film allemand. Le film a été diffusé dans de nombreuses villes européennes et américaines. Une nouvelle collaboration avec Gerhard Richter a vu le jour en 2017 pour aboutir au film abstrait Reich/Richter, sur une musique de Steve Reich. La première a eu lieu en avril 2019 à New York.

 

Theun Mosk

Theun Mosk (Pays-Bas) est un partisan convaincu de la pluralité des idées et de l’utilité de ne jamais se cantonner à un seul style ou une seule technique. Metteur en scène ainsi que concepteur de lumières et de décors, Mosk crée des installations autonomes. En 2007, il a été lauréat du prix Charlotte Köhler et a été sélectionné à deux reprises pour la Quadriennale de Prague. Il a reçu le prix Proscenium en 2017 pour sa contribution essentielle au théâtre néerlandais. Il a été le concepteur des décors et des lumières de l’opéra multimédia Upload de Michel van der Aa, couronné par le Precious International Opera Award 2021. 

 

Extra

après le concert

le confessionnal

Vous avez besoin de vous confier après un spectacle ? Alors rendez-vous au Biechtstoel [Le Confessionnal ] ! Une oreille attentive invisible vous pose des questions sur ce que vous venez de voir et d’entendre. Le son des conversations est enregistré puis monté avec des images réalisées en live par un illustrateur pendant le spectacle, pour former une compilation des réactions du public lors de la soirée.

Membres d’orchestre et/ou choeur

Asko|Schönberg

Ingrid Geerlings, flute

Tom Sargeaunt, flute

Evert Weidner, oboe

Arthur Klaassens, oboe

Bram Boesschen Hospers, clarinet

Vincent Martig, clarinet

Pauline Post piano, electric organ

Saskia Lankhoorn piano, electric organ

Colin Currie, electric organ

Tim Sabel, electric organ

Joey Marijs, percussion  

Jeroen Geevers, percussion 

Jellantsje de Vries, violin

Emmy Storms, violin 

Liesbeth Steffens, viola

Sebastiaan van Halsema, cello

 

Partenaires

main partners

Klara, KPMG,  Nationale Loterij-meer dan spelen

 

festival & event partners

Belfius, Brouwerij Omer Vander Ghinste, Interparking, Proximus

 

public funding

BHG, Nationale Bank van België, Vlaamse Gemeenschap, Vlaamse Gemeenschapscommissie

 

cultural partners

AB, Bozar, Concertgebouw Brugge, DESINGEL, Flagey, Kaaitheater, Muntpunt, Passa Porta, Théatre Varia

 

official festival suppliers 

Café Costume, Café Victor, Casada, Daniel Ost, Fruit at Work, Greenmobility, Levi Party Rental, Piano’s Maene, Ray & Jules, Thon Hotels

 

media partners 

BRUZZ, BX1, Canvas, Clearchannel, Davidsfonds, De Standaard, Eén, La Libre, La Première, La Trois, MIVB, Musiq3, Radio 1,  Ring TV,  visit brussels