Livret de programme

Alexandre Tharaud & Angélique Kidjo

Alexandre Tharaud & Angélique Kidjo

les mots d’amour

15.03.2023 — 20:00
Bozar, Salle Henry Le Boeuf
Préface

Bienvenue au Klarafestival !

 

Festival van Vlaanderen Brussel, Klara et nos partenaires sont heureux de vous accueillir à nouveau. « I believe audiences aren’t just listening. They are actively contributing », confiait l’artiste du festival, Barbara Hannigan, dans une interview. Un concert, c’est une interaction entre le public, les artistes et tous ceux et celles qui, sur scène ou en coulisses, participent à la magie de ces moments. Ensemble, nous faisons corps avec la musique. Become Music !

 

Cheffe d’orchestre et soprano, Barbara Hannigan est un grand nom de la scène internationale. Avec elle, la musique classique prend la forme d'une expérience moderne à part entière. C'est une source d’inspiration pour le Klarafestival, le plus grand festival radio du pays. Ses multiples talents et ceux de nombreux artistes belges et internationaux, qui relient le passé et le présent par des récits musicaux, vous feront indéniablement vibrer.

 

Le Klarafestival commencera en force avec Hannigan au pupitre du London Symphony Orchestra. Ensuite, on la verra et entendra avec des jeunes musiciens participant à son projet de mentorat Equilibrium Young Artists. Quelque 25 concerts mettront en avant des ensembles talentueux, tels que Les Talens Lyriques, le City of Birmingham Symphony Orchestra avec Mirga Gražinytė-Tyla et Vilde Frang ou le St. Louis Symphony Orchestra avec Víkingur Ólafsson. Le Klarafestival encourage aussi la création. Le ciné-concert Reich/Richter mêlera les tableaux de Gerhard Richter à la musique de Steve Reich. La surprise sera encore au rendez-vous dans la création Counterforces du compositeur Frederik Croene sur un texte de la poète Dominique de Groen ou dans la production de théâtre musical Prey du metteur en scène Kris Verdonck sur une musique composée par Annelies Van Parys.

 

Ces concerts et tous les autres ne pourraient avoir lieu sans la collaboration de nos partenaires culturels : Bozar, Flagey, Kaaitheater, Théâtre Varia, Muntpunt, Concertgebouw Brugge et De Singel. Nos remerciements vont aussi à nos partenaires privés KPMG, Proximus, Brasserie Omer Vander Ghinste, Belfius, Interparking et les joueurs de la Loterie nationale. Nous sommes reconnaissants du soutien de la Communauté flamande et de la Région de Bruxelles-Capitale. Et enfin, merci à Klara et à la VRT : il n’y aurait pas de festival radio sans leur précieux appui.

 

Joost Fonteyne

Intendant Klarafestival

Programme

Angélique Kidjo, vocals

Alexandre Tharaud, piano

Vincent Huguet, director

 

 

co-production Klarafestival, Bozar
diffusion sur Klara (en direct)
présentation par Greet Samyn
fleurs offertes par Daniel Ost

* * *

 

Ces petits rien : Serge Gainsbourg

Les mots : Claude Nougaro

Sur deux notes : Joséphine Baker

Rimes : Claude Nougaro

Les mots d’amour : Édith Piaf

Johnny : Vaya con Dios

J’attendrai : Joséphine Baker

Lily : Pierre Perret

Toi toi mon toit : Elli Medeiros

Madame rêve : Alain Bashung

Les bleus : Serge Gainsbourg

La poésie : Dominique A

La chanson de Prévert : Serge Gainsbourg

Il n’y a pas d’amour heureux : Georges Brassens

Les mots d’amour n’ont pas d’âge : Jacqueline François

Les histoires d’A : Les Rita Mitsouko

Maman, papa : Pierre Lapointe

De temps en temps : Joséphine Baker

La foule : Édith Piaf

Paroles paroles : Dalida

Padam padam : Édith Piaf

Aïsha : Khaled

 

end scheduled at 21:30

Clé d'écoute

Rien de tel que les mots d’amour pour réconforter les gens

 

Dans le récital Les mots d’amour, la chanteuse pop Angélique Kidjo et le pianiste classique Alexandre Tharaud rendent hommage à Édith Piaf, Joséphine Baker ou encore à Serge Gainsbourg. Entretien croisé.

 

Le récital en duo piano-voix a ses élégances, mais se prête aux alliances détonantes. Ainsi de l’explosive Angélique Kidjo, tornade scénique de la pop afro, et du poétique Alexandre Tharaud, pianiste classique toqué de baroque et de Barbara. L’une a déjà transfiguré le répertoire de moult icônes. L’autre a escorté Bénabar comme Natalie Dessay. Réunis sur scène par leur passion pour la chanson française, ils évoquent pour nous ces Mots d’amour : une histoire de langue, de voix, d’énergie…

 

Comment sont nés Les mots d’amour ?

Alexandre Tharaud : En 2020, Angélique m’a invité pour interpréter Emmenez-moi et Soleil noir, deux chansons de Barbara, dans le cadre du Festival de Saint-Denis. À l’issue de ce duo, présenté dans la basilique, il nous a semblé naturel de poursuivre cette collaboration.

Angélique Kidjo : Nous avons voulu parler d’amour, sujet inépuisable, au sens le plus large du terme, à travers les mots. Rien de tel que les mots d’amour pour réconforter les gens, surtout en sortie de confinement.

 

Quel rapport chacun d’entre vous entretient-il avec la chanson française ?
A.K. : Je suis amoureuse de la langue française. Au Bénin, mon père, avec son banjo, me chantait du Aznavour et d’autres interprètes à la mode. Ma sœur compilait toutes les paroles dans un grand cahier de chant. À 9 ans, je chantais « Ce soir je serai la plus belle pour aller danser », au sens littéral : dans ma tête, je partais au bal ! Chanter en français est resté un rêve d’enfant.

A.T. : Mon père était baryton dans l’opérette, mon grand-père chantait dans des brasseries, donc je baigne dans la musique populaire depuis mon plus jeune âge. À l’adolescence, Barbara est devenue ma boussole. Quand elle passait à Paris, j’allais la voir presque tous les soirs. Nous, les pianistes, courons toute notre vie après la voix humaine. Les chanteurs sont nos maîtres et nous essayons de les imiter. Quand je travaille avec Angélique, le lendemain, je joue mieux Chopin ou Mozart.

 

Reprenez-vous Barbara dans le spectacle ?

A.T. : Paradoxalement, non. Nous avons sélectionné une vingtaine de chansons, certaines joyeuses et pétillantes, d’autres plus tristes, des tubes de Piaf, Joséphine Baker ou Nougaro, repris avec des arrangements différents, et des titres moins attendus, comme Les bleus de Gainsbourg ou Les mots d’amour, créée par Jacqueline François dans les années 1950. Nous avons également inclus deux titres plus récents, de Dominique A et de Pierre Lapointe.

A.K. : Il n’y a pas une chanson choisie qui ne soit pas un rappel de ce que l’on vit au quotidien. Prenez Il n’y a pas d’amour heureux, poème de résistance d’Aragon repris par Brassens et qui évoque la guerre : comment ne pas penser à l’Ukraine aujourd’hui ?

 

Certaines chansons vous tenaient-elles à cœur plus particulièrement ?

A.K. : Lily, de Pierre Perret, me touche beaucoup, car elle raconte mon histoire. Je l’ai entendue à mon arrivée en France, en 1983. L’histoire de cette immigrée est un peu la mienne. Je n’ai pas vendu des choux-fleurs, mais j’ai fait des ménages, de la coiffure, gardé des enfants. Partie du Bénin pour des raisons politiques, j’ai connu la douleur de la séparation, l’angoisse de ne pas avoir de nouvelles de mes parents. Quand je la chante, je me concentre pour ne pas être submergée. Idem avec Les mots d’amour, de Piaf. On porte tous la déchirure d’un être aimé qui est parti. Alex le sait : une fois sur deux, je vis tellement la chanson que je la chante mal !

A.T. : Les chansons de Piaf sont celles qui me bouleversent le plus dans ce spectacle. Un siècle plus tard, ton style est différent, mais on dirait qu’elles ont été écrites pour toi.

 

Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans cette collaboration ?

A.K. : Ce que j’aime, chez Alexandre, c’est qu’il n’est pas seulement un pianiste, mais un musicien qui chante avec son piano. Il me porte, me tire, me laisse partir… c’est comme une vague, à la fois minimaliste et pleine d’émotion. On parle, aussi, on échange, on déclame, la discussion est constante. Nous sommes complémentaires. Ces mots d’amour, nous les partageons avec la plus grande simplicité.

A.T. : II y a d’abord une histoire d’amour avec une voix, et celle d’Angélique me transporte depuis longtemps déjà. J’ai découvert aussi son énergie intérieure. Je dis souvent que je me sens mieux sur scène que chez moi ou avec des amis : chez Angélique, j’ai l’impression que c’est multiplié par mille. Elle entre sur scène avec une espèce d’évidence qui balaie tout sur son passage : ce n’est pas une vague, c’est un volcan ! Aussi cash que dans la vie, elle ne masque rien et va droit au but. Dès les premières notes, on y va, sans se poser de questions.

 

Anne Berthod

Reproduit avec l’autorisation de l’autrice et de Télérama

Biographies

Angélique Kidjo

Angélique Kidjo naît au Royaume de Dahomey – au sud de l’actuel Bénin – peu avant l’indépendance de 1960, et s’installe en France dans les années 1980. L’artiste est cinq fois lauréate des Grammy Awards et lauréate de l'Académie Charles. Elle est une des 50 personnalités les plus emblématiques du continent africain, selon la BBC, et est reconnue pour engagement humanitaire en tant qu’ambassadrice internationale de l'UNICEF. En 2022, elle a sorti l’album Queen of Sheeba (Mister ibé) avec Ibrahim Maalouf.

 

Alexandre Tharaud

Avec plus de 25 ans de carrière, le pianiste français Alexandre Tharaud est une figure unique dans le monde de la musique classique. Polyvalent, maîtrisant un répertoire allant du baroque à nos jours, il s’est produit avec les meilleurs orchestres internationaux dans les plus grands festivals et salles de concerts au monde. Il collabore avec des musiciens hors du domaine de la musique classique, ainsi qu’avec des metteurs en scène, danseurs, chorégraphes, écrivains et cinéastes. Il enregistre en exclusivité pour Erato/Warner Classics.

 

Vincent Huguet

Formé à l’histoire et à l’histoire de l’art, Vincent Huguet rencontre Patrice Chéreau en 2008 et l’assiste pour des expositions, pièces de théâtre et opéras. Il travaille ensuite aux côtés de Peter Sellars, Luc Bondy et Ivo van Hove. En 2012, il réalise à l’Opéra national de Montpellier, sa première mise en scène pour Lakmé de Delibes. Il crée ensuite de nombreuses mises en scènes pour les grands festivals et maisons d’opéra français et européens. En 2017, il participe à la création de Vaille que vivre au Festival d’Avignon, avec Alexandre Tharaud.

 

Extra

Vous avez besoin de vous confier après un spectacle ? Alors rendez-vous au Biechtstoel [Le Confessionnal ] ! Une oreille attentive invisible vous pose des questions sur ce que vous venez de voir et d’entendre. Le son des conversations est enregistré puis monté avec des images réalisées en live par un illustrateur pendant le spectacle, pour former une compilation des réactions du public lors de la soirée.

Paroles

Ces petits rien

Serge Gainsbourg

 

Mieux vaut ne penser à rien que de pas penser du tout

Rien c'est déjà, rien c'est déjà beaucoup

On se souvient de rien et puisqu'on oublie tout

Rien c'est bien mieux que tout

Mieux vaut ne penser à rien que de pas penser à vous

Ça ne me vaut rien, ça ne me vaut rien du tout

Mais comme si de rien était je pense à tout

 

Ces petits riens qui me venaient de vous

Si c'était trois fois rien, trois fois rien entre nous

Evidemment ça ne fait pas beaucoup

Ce sont ces petits riens que j'ai mis bout à bout

Ces petits riens qui me venaient de vous

Mieux vaut pleurer de rien que de rire de tout

Pleurer pour un rien c'est déjà beaucoup

Mais vous, vous n'avez rien dans le cœur déjà vous

 

Je vous envie, je vous en veux, beaucoup

Ce sont ces petits riens qui me venaient de vous

Les voulez-vous tenez que voulez vous

Moi je ne veux pour rien au monde plus rien de vous

Pour être à vous faut être à moitié fou

 

 

Les mots

Claude Nougaro & Daniel Goyone

 

Les mots divins, les mots en vains,

Les mots de plus, les motus

Les pour rire, les mots d'amour

Les mots dits pour te maudire

Les mots bruissants comme des rameaux

Les mots ciselés comme des émaux

La faim de mots, la soif de mots

Qui disent quelque chose

Les mots chéris qui sur mes lèvres

N'ont pas trouvé leur place

Les mots muets, les mots buée

Comme un baiser sur la glace

Les mots bouclés, clés de l'espace

Les mots oiseaux qui laissent des traces

Les mots qui tuent, les mots qui muent

Les mots tissant l'émotion

Les mots pâlis, les mots salis

Les mots de prédilection

Les mots qui te caressent comme des mains

Les mots divins, les mots devins

Les premiers mots

La faim des maux

 

 

Sur deux notes

Paul Misraki & Ray Ventura (Joséphine Baker)

 

Tu veux que je te chante une belle chanson,

Mais je ne connais pas la musique

Je peux, si tu le veux, prendre quelques leçons,

Et suivre les concerts symphoniques

Mais je trouve ça bien inutile

Fatiguant et difficile

Alors

Si tu veux m'écouter,

Je vais faire un effort et je vais chanter:

 

Sur deux notes

Je te dis que je t'aime

Sur trois notes

Je te donne mon cœur

Sur quatre notes

Je développe le thème

Et sur toute la gamme

Je chante mon bonheur

Sur deux notes

Je vais mettre « Caresses »

Sur trois notes

« Un amoureux frisson »

Sur quatre notes

Pourquoi pas « Nos ivresses » ?

Et sur toute la gamme

J'ai fini ma chanson

 

Quoi ! tu trouves qu'elle est trop vit' faite ?

Ben vois-tu,

J'suis déçu

J'en connais beaucoup plus bêtes

Qui ont plu

Si tu veux que je te le prouve

Écoute-moi sans t'fâcher !

Faut chercher jusqu'à c'qu'on y trouve un sens caché.

 

Les deux notes

C'est ta vie et la mienne

Les trois notes

C'est nous et notre amour

Les quatre notes

Sont nos mains qui se tiennent

Et puis toute la gamme

Se traduit par toujours

 

Ah ! combien ma chanson était belle,

Et combien elle est faite pour nous !

Car je t'aime, et tu m'aimes

Toujours de même jusqu'au bout

Sur deux notes

Sur trois notes

Sur quatre notes

Et c'est tout.

 

 

Rimes

Claude Nougaro & Aldo Morano

 

J'aime la vie quand elle rime à quelque chose

J'aime les épines quand elles riment avec la rose

J'aimerais même la mort si j'en sais la cause

 

Rimes ou prose

 

J'aime ma chanson quand elle rime avec ta bouche

Comme les ponts de Paris avec bateau-mouche

Et la perle des pleurs avec l'œil des biches

 

Rimes tristes

 

J'aime les manèges quand ils riment avec la neige

J'aime les nains qui riment avec Blanche-Neige

Rimons rimons tous les deux

Rimons rimons si tu veux

Même si c'est pas des rimes riches

Arrimons-nous on s'en fiche

 

J'aime la vie quand elle rime à quelque chose, etc.

 

J'aime la vie quand elle rime à quelque chose

J'aime les épines quand elles riment avec la rose

Rimons rimons belle dame

Rimons rimons jusqu'à l'âme

Et que ma poésie

Rime à ta peau aussi

 

 

Les mots d’amour

Michel Rivgauche & Charles Dumont (Édith Piaf)

 

C'est fou c'que j'peux t'aimer

C'que j' peux t'aimer, des fois

Des fois, j'voudrais crier

Car j'n'ai jamais aimé

Jamais aimé comme ça

Ça, je peux te l'jurer

Si jamais tu partais

Partais et me quittais

Me quittais pour toujours

C'est sûr que j'en mourrais

Que j'en mourrais d'amour

Mon amour, mon amour

 

C'est fou c'qu'il me disait

Comme jolis mots d'amour

Et comme il les disait

Mais il ne s'est pas tué

Car, malgré mon amour

C'est lui qui m'a quittée

Sans dire un mot

Pourtant des mots

'Y en avait tant

'Y en avait trop

 

C'est fou c'que j'peux t'aimer, etc.

 

Et voilà qu'aujourd'hui

Ces mêmes mots d'amour

C'est moi qui les re-dis

C'est moi qui les re-dis

Avec autant d'amour

À un autre que lui

Je dis des mots

Parce que des mots

Il y en a tant

Qu'il y en a trop

 

C'est fou c'que j'peux t'aimer, etc.

 

Au fond c'n'était pas toi

Comme ce n'est même pas moi

Qui dit ces mots d'amour

Car chaque jour, ta voix

Ma voix, ou d'autres voix

C'est la voix de l'amour

Qui dit des mots

Encore des mots

Toujours des mots

Des mots d'amour

 

C'est fou c'que j'peux t'aimer

C'que j'peux t'aimer, des fois

Si jamais tu partais

C'est sûr que j'en mourrais

C'est fou c' que j' peux t'aimer

C'que j'peux t'aimer d'amour

 

 

Johnny

Francis Lemarque & M. Richard Stein (Vaya con Dios)

 

Johnny, tu n'es pas un ange

Ne crois pas que ça m'dérange

Jour et nuit, je pense à toi

Toi, tu te souviens de moi

Au moment où ça t'arranges

Et quand revient le matin

Tu t'endors sur mon chagrin

Johnny, tu n'es pas un ange

 

Johnny, Johnny

Si tu étais plus galant

Johnny, Johnny

Je t'aimerais tout autant

 

Johnny, tu n'es pas un ange

Ne crois pas que ça m'dérange

Quand tu me réveilles la nuit

C'est pour dire que tu t'ennuies

Que tu voudrais une vie d'rechange

Et quand revient le matin

Tu t'endors sur mon chagrin

Johnny, tu n'es pas un ange ;

 

Johnny, Johnny, etc.

 

Johnny, tu n'es pas un ange

Après tout, qu'est-ce que ça change

L'Homme saura toujours trouver

Toutes les femmes du monde entier

Pour lui chanter ses louanges

Dès qu'il en sera lassé

Elles seront vite oubliées

Vraiment vous n'êtes pas des anges

 

Johny, Johnny

Depuis que le monde est né

Johny, Johnny

Il faut tout vous pardonner

 

 

J’attendrai

Dino Olivieri & Nino Rastelli (Joséphine Baker)

 

J'attendrai

Le jour et la nuit

J'attendrai, toujours

Ton retour

J'attendrai

Car l'oiseau qui s'enfuit vient chercher l'oubli

Dans son nid

Le temps passe et court

En battant tristement

Dans mon cœur plus lourd

Et pourtant, j'attendrai

Ton retour

 

Les fleurs palissent

Le feu s'éteint

L'ombre se glisse

Dans le jardin

L'horloge tisse

Des sons trés longs

Je crois entendre ton pas

Le vent m'apporte

Des bruits lointains

Guettant ma porte

J'écoute en vain

Hélas, plus rien

Plus rien ne vient

 

J'attendrai, etc.

 

 

Lily

Pierre Perret

 

On la trouvait plutôt jolie, Lily

Elle arrivait des Somalies, Lily

Dans un bateau plein d'émigrés

Qui venaient tous de leur plein gré

Vider les poubelles à Paris

 

Elle croyait qu'on était égaux, Lily

Au pays d'Voltaire et d'Hugo, Lily

Mais, pour Debussy, en revanche

Il faut deux noires pour une blanche

Ça fait un sacré distinguo

 

Elle aimait tant la liberté, Lily

Elle rêvait de fraternité, Lily

Un hôtelier, rue Secrétan

Lui a précisé, en arrivant

Qu'on ne recevait que des Blancs

 

Elle a déchargé des cageots, Lily

Elle s'est tapée les sales boulots, Lily

Elle crie pour vendre des choux-fleurs

Dans la rue, ses frères de couleur

L'accompagnent au marteau-piqueur

 

Et quand on l'appelait Blanche-Neige, Lily

Elle se laissait plus prendre au piège, Lily

Elle trouvait ça très amusant

Même s'il fallait serrer les dents

Ils auraient été trop contents

 

Elle aima un beau blond frisé, Lily

Qui était tout prêt à l'épouser, Lily

Mais, la belle-famille lui dit

« Nous n'sommes pas racistes pour deux sous

Mais on veut pas de ça chez nous »

 

Elle a essayé l'Amérique, Lily

Ce grand pays démocratique, Lily

Elle aurait pas cru sans le voir

Que la couleur du désespoir

Là-bas, aussi ce fût le noir

 

Mais, dans un meeting à Memphis, Lily

Elle a vu Angela Davis, Lily

Qui lui dit « viens, ma petite sœur »

« En s'unissant, on a moins peur »

« Des loups qui guettent le trappeur »

 

Et c'est pour conjurer sa peur, Lily

Qu'elle lève aussi un poing rageur, Lily

Au milieu de tous ces gugus

Qui foutent le feu aux autobus

Interdits aux gens de couleur

 

Mais, dans ton combat quotidien, Lily

Tu connaîtras un type bien, Lily

Et l'enfant qui naîtra, un jour

Aura la couleur de l'amour

Contre laquelle on ne peut rien

 

On la trouvait plutôt jolie, Lily

Elle arrivait des Somalies, Lily

Dans un bateau plein d'émigrés

Qui venaient tous de leur plein gré

Vider les poubelles à Paris

 

 

Toi toi mon toit

Elli Medeiros

 

Toi, toi mon toit

Toi, toi mon tout mon roi

 

Prends un petit poisson

Glisse-le entre mes jambes

Il n'y a pas de raison

Pour se tirer la langue

 

Ne me regarde pas

Comme ça tout de travers

Qui fait le premier pas

Pour s'aimer à l'envers

 

Toi, toi mon toit, etc.

 

Les papillons en l'air

Et les fourmis par terre

Chacun est à sa place

Il n'y a pas de mystère

Sauf

 

Toi, toi mon toit, etc.

 

Arrête, arrête, arrête, arrête

Prends un petit poisson

Glisse-le entre mes jambes

Il n'y a pas de raison

Pour se tirer la langue

 

Ne me regarde pas

Comme ça tout de travers

Qui fait le premier pas

Pour s'aimer à l'envers

 

Toi, toi mon toit, etc.

 

 

Madame rêve

Alain Bashung, Pierre Grillet & Vic Emerson

 

Madame rêve d'atomiseurs

Et de cylindres si longs

Qu'ils sont les seuls

Qui la remplissent de bonheur

 

Madame rêve d'artifices

De formes oblongues

Et de totems qui la punissent

 

Rêve d'archipels

De vagues perpétuelles

Sismiques et sensuelles

 

D'un amour qui la flingue

D'une fusée qui l'épingle

Au ciel

Au ciel

 

On est loin des amours de loin

On est loin des amours de loin, on est loin

 

madame rêve ad libitum

Comme si s'était tout comme

Dans les prières

Qui emprisonnent et vous libèrent

 

Madame rêve d'apesanteur

Des heures, des heures de voltige à plusieurs

 

Rêve de fougères

De foudres et de guerres

À faire et à refaire

 

D'un amour qui la flingue

D'une fusée qui l'épingle

Au ciel

Au ciel

 

On est loin des amours de loin

On est loin des amours de loin, on est loin

 

Madame rêve

Loin, au ciel

(On est loin) madame rêve

Au ciel

Madame rêve

 

 

Les bleus

Serge Gainsbourg

 

Lorsque sur moi il pleut des coups

Deux poings et ta canne en bambou

Que rimmel coule le long de mes joues

Que je m'évanouis

Que je suis à bout

Je me dis que les bleus sont les bijoux

Les plus précieux et les plus fous

Et que si un soir on est sans le sou

J'pourrais toujours les mettre au clou

J'ai des émeraudes autour du cou

Des améthystes un peu partout

Si t'étais pas aussi jaloux

J'irais au bal

Quel succès fou

J'arriverais couverte de bijoux

Qui étincelleraient de tous

Leurs feux j'vois d'ici l'œil jaloux

Des autres nanas et de leurs matou

Tabasse-moi encore voyou

File m'en encoure pour quelques sous

Vas-y rentre moi dans le chou

Tellement j'ai mal

J'sens plus les coups

Oui mes bleus sont mes seuls bijoux

Y'en a que j'ai payé un prix fou

Tu m'as tellement roué de coup

Me v'là millionnaire de partout

C'soir t'es encore complètement saoul

Tu me regardes avec tes yeux fous

Ça y est voilà que tu m'secoues

Doucement mon amour

Vas-y mou

J'ai beau être de caoutchouc

Et même rebondir sous les coups

Un jour tu casseras ton joujou

Tu le regretteras

Après coup

 

 

La poésie

Dominique A

 

La poésie s'en est allée

Je la soupçonne d'être passé par chez toi

De s'être allongée dans ton lit

Et d'avoir écouté la pluie sur le toit

Elle avait si peu à confier

Pas du genre à trop s'épancher quelques mots

Qu'elle a laissé sur ton bureau

Quelques ratures au stylo

Puis elle s'en est allée

Puis elle s'en est allée

 

Il nous a fallu quelques jours

Pour être moins aveugle et sourd et trouver

Que l'air était un peu plus lourd

Nos épaules un peu plus rentrées et penser

Qu'après avoir tant annoncé

Un départ mille fois reporté, elle rêve

Ôter le manteau du crochet

Où depuis des siècles il pendait

Puis s'en était allé

Puis s'en était allé

 

Sommes-nous des enfants perdus?

La forêt à perte de vue pour le soir

Refuse de nous abandonner

De laisser à l'obscurité tout pouvoir

Sur notre histoire mal engagée

La pleine lune est convoquée pour déjouer

Les pièges d'une nuit trop noire

Aux abords d'un abattoir

Sans un poème pour nous sauver

Sans un poème pour nous sauver

 

Je n'sais pas pourquoi je pensais

Qu'elle n'avait pas pu s'en aller, sans passer

Par chez toi et sur ton bureau

J'ai vu les ratures au stylo, quelques mots

Qui se sont glissés sur ma peau

Sur ton visage et sur tes mains ils ont pris

Le rythme d'un cœur en sursit

Et leur peau était faible aussi

Mais il faudrait s'y accrocher

Mais il faudrait s'y accrocher

 

 

La chanson de Prévert

Serge Gainsbourg

 

« Oh je voudrais tant que tu te souviennes »

Cette chanson était la tienne

C'était ta préférée je crois

Qu'elle est de Prévert et Kosma

 

Et chaque fois « Les feuilles mortes »

Te rappellent à mon souvenir

Jour après jour les amours mortes

N'en finissent pas de mourir

 

Avec d'autres bien sûr je m'abandonne

Mais leur chanson est monotone

Et peu à peu je m'indiffère

A cela il n'est rien à faire

 

Car chaque fois « Les feuilles mortes », etc.

 

Peut-on jamais savoir par où commence

Et quand finit l'indifférence

Passe l'automne vienne l'hiver

Et que la chanson de Prévert

 

Cette chanson « Les feuilles mortes »

S'efface de mon souvenir

Et ce jour-là mes amours mortes

En auront fini de mourir

 

 

Il n’y a pas d’amour heureux

Louis Aragon / Georges Brassens

 

Rien n'est jamais acquis à l'homme, ni sa force

Ni sa faiblesse ni son cœur... et quand il croit

Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix

Et quand il croit serrer son bonheur il le broie

Sa vie est un étrange et douloureux divorce

Il n'y a pas d'amour heureux

 

Sa vie elle ressemble à ces soldats sans armes

Qu'on avait habillés pour un autre destin

A quoi peut leur servir de se lever matin

Eux qu'on retrouve au soir désarmés, incertains

Dites ces mots : « ma vie » et retenez vos larmes

Il n'y a pas d'amour heureux

 

Mon bel amour, mon cher amour, ma déchirure

Je te porte dans moi comme un oiseau blessé

 

Et ceux-là sans savoir nous regardent passer

Répétant après moi ces mots que j'ai tressés

Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent

Il n'y a pas d'amour heureux

 

Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard

Que pleurent dans la nuit nos cœurs à l'unisson

Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson

Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson

Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare

Il n'y a pas d'amour heureux...

 

 

Les mots d’amour n’ont pas d’âge

Jacqueline François

 

Les mots d’amour n'ont pas d'âge

Les amants n'ont qu'un visage

Ils ont pour voir le bonheur

Les yeux du cœur

 

La vie tourne son manège

Le temps conduit le cortège

L'amour et le ciel d'été

N'ont pas changé

 

Farandoles

De paroles

De sourires

Qui soupirent

Les mots dansent

En cadence

Sur la valse de l'éternité

 

Car

Les mots d’amour n'ont pas d’âge

Les cœurs n'ont qu'un seul langage

Des mots vieux comme le jour

Comme l'amour

 

Des mansardes à rengaines

Aux palais en robe à traine

Ils parlent d'éternité

De mains serrées

 

La vie passe

On efface

Le poème

Les « je t'aime »

Les mots dansent

Recommencent

La musique est la seule à changer

 

Car

Les mots d’amour sont les mêmes

« Adieu » rime avec « je t'aime »

Et recommencent toujours

Les mots d'amour

 

 

Les histoires d’A

Les Rita Mitsouko

 

Valérie s'ennuyait

Dans les bras de Nicolas

Mais Nicolas, celui-là

Ne le savait pas

Isabelle a attendu, attendu

Mais Patrick n'est jamais reparu, yeah

 

Les histoires d'a-

Les histoires d'am-

Les histoires d'amour finissent mal

Les histoires d'amour finissent mal en général

 

Michel aimait Gérard

Et Gérard le lui rendait si bien

Qu'à la fin ça ne rendait rien

Evelyne toute sa vie attendit

Que le monsieur en gris lui sourit, yeah

 

Gilbert euh, Gilbert partit en voyage

Juste au moment de son mariage

Han han, et Hector, alors

Hector est mort en faisant une fugue

Il allait retrouver Gertrude

Simone et Tom s'engueulaient

Dès que 21 heures sonnaient, yeah

 

Les histoires d'amour finissent mal en général

 

 

Maman, papa 

Pierre Lapointe

 

Maman, papa

Dites-moi comment ça va

Depuis l'an dernier à Noël

Que je n'ai plus de vos nouvelles

J'savais qu'ça n'vous f'rait pas plaisir

Mais j'vous ai annoncé tout sourire

Que j'avais rencontré l'amour

Après quelques longs détours

 

J'ai vite compris que vous étiez

Surpris voire même presque choqués

Par cette belle annonce heureuse

J'espérais ma joie contagieuse

Vous qui disiez fièrement m'aimer

Pourquoi soudain tout a changé

Je reste le même qu'avant

Mais vous qui êtes-vous maintenant

 

Maman, papa

Dites-moi comment ça va

Depuis l'an dernier à Noël

Que je vis au conditionnel

Votre amour me manque c'est fou

Mon quotidien me semble flou

Pourquoi votre silence glacial

La solitude peut faire si mal

 

Cherchez-vous par quelque moyen

À maudire ma vie mon destin

Est-ce si difficile de voir

Un homme qui n'a plus peur du noir

Vous m'avez appris tant de choses

Les rôles s'inversent et nous opposent

À mon tour d'être professeur

On n'choisit pas où va son cœur 

 

Maman, papa

Dites-moi comment ça va

Depuis l'an dernier à Noël

Que vous jouez à ce jeu cruel

Cette distance me fait souffrir

Vous avez construit un empire

Où j'incarne une bête un malfrat

Un monstre qu'on montre du doigt

 

Je n'aime pas vos dieux malveillants

Qui divisent le monde en deux clans

Dictant ce qui est bien ou mal

J'emmerde leur fausse morale

Que j'aime un homme ou une femme

Ne change pas l'essence de mon âme

Oui mon monde n'est pas le vôtre

Mais c'est bien loin d'être une faute

 

Maman, papa

Dites-moi comment ça va

Depuis l'an dernier à Noël

Que j'attends un signe un appel

Mon cœur se meurt de vous revoir

Et je vous le redis ce soir

L'amour est le plus beau trésor

Et ceux qui aiment n'auront jamais tort

 

 

De temps en temps

Joséphine Baker

 

Ne me dis pas que tu m’adores

Embrasse-moi de temps en temps

Un mot d’amour c’est incolore

Mais un baiser c’est éloquent

Ne me fais pas de longs poèmes

Ne parle pas de tes émois

Pour me prouver combien tu m’aimes

De temps en temps embrasse-moi

 

Dans tes bras quand ma vie se case

Monsieur me quitte

Tu dois m’indemniser

Il faut bien que je fasse provision de baisers

 

Quatre jours c’est bien long

Sois prudent chéri et surtout rappelle-toi

Si tu m’écris

 

Ne me dis pas que tu m’adores

Mais pense à moi de temps en temps

Car bien des fois le cœur ignore

Ce que la main écrit souvent

Ne jure pas d’être fidèle

Je veux le croire malgré toi

Mais si les filles là-bas sont belles

De temps en temps, dis, pense à moi

 

 

La foule

Angel Amato, Enrique Dizeo & Michel Rivegauche (Édith Piaf)

 

Je revois la ville en fête et en délire

Suffoquant sous le soleil et sous la joie

Et j'entends dans la musique les cris, les rires

Qui éclatent et rebondissent autour de moi

 

Et perdue parmi ces gens qui me bousculent

Étourdie, désemparée, je reste là

Quand soudain, je me retourne, il se recule

Et la foule vient me jeter entre ses bras

 

Emportés par la foule qui nous traîne

Nous entraîne, écrasés l'un contre l'autre

Nous ne formons qu'un seul corps

Et le flot sans effort nous pousse, enchaînés l'un et l'autre

Et nous laisse tous deux épanouis, enivrés et heureux

 

Entraînés par la foule qui s'élance

Et qui danse une folle farandole

Nos deux mains restent soudées

Et parfois soulevés, nos deux corps enlacés s'envolent

Et retombent tous deux épanouis, enivrés et heureux

 

Et la joie éclaboussée par son sourire

Me transperce et rejaillit au fond de moi

Mais soudain je pousse un cri parmi les rires

Quand la foule vient l'arracher d'entre mes bras

 

Emportés par la foule qui nous traîne

Nous entraîne, nous éloigne l'un de l'autre

Je lutte et je me débats

Mais le son de ma voix s'étouffe dans les rires des autres

Et je crie de douleur, de fureur et de rage et je pleure

 

Et traînée par la foule qui s'élance

Et qui danse une folle farandole

Je suis emportée au loin

Et je crispe mes poings, maudissant la foule qui me vole

L'homme qu'elle m'avait donné et que je n'ai jamais retrouvé

 

 

Paroles paroles

Gianni Ferrio & Michaële (Dalida & Alain Delon)

 

C'est étrange, je ne sais pas ce qui m'arrive ce soir

Je te regarde comme pour la première fois

Encore des mots toujours des mots, les mêmes mots

Je ne sais plus comment te dire

Rien que des mots

Mais tu es cette belle histoire d'amour que je ne cesserai jamais de lire

 

Des mots faciles, des mots fragiles c'était trop beau

Tu es d'hier et de demain

Bien trop beau

De toujours ma seule vérité

Mais c'est fini le temps des rêves

Les souvenirs se fanent aussi quand on les oublie

Tu es comme le vent qui fait chanter les violons

Et emporte au loin le parfum des roses

 

Caramels, bonbons et chocolats

Par moments, je ne te comprends pas

Merci, pas pour moi mais tu peux bien les offrir à une autre

Qui aime le vent et le parfum des roses

Moi les mots tendres enrobés de douceur

Se posent sur ma bouche, mais jamais sur mon cœur 

 

Une parole encore

Paroles et paroles et paroles

Écoute-moi

Paroles et paroles et paroles

Je t'en prie

Paroles et paroles et paroles

Je te jure

Paroles et paroles et paroles et paroles et paroles

Et encore des paroles que tu sèmes au vent

 

Voilà mon destin, te parler

Te parler comme la première foi

Encore des mots toujours des mots, les mêmes mot

Comme j'aimerais que tu me comprenne

Rien que des mots

Que tu m'écoutes au moins une fois

Des mots magiques des mots tactiques qui sonnent faux

Tu es mon rêve défendu

Oui tellement faux

Mon seul tourment et mon unique espérance

Rien ne t'arrêtes quand tu commences

Si tu savais comme j'ai envie d'un peu de silence

Tu es pour moi la seule musique qui fait danser les étoiles sur les dunes

 

Caramels, bonbons et chocolats

Si tu n'existais pas déjà, je t'inventerais

Merci pas pour moi, mais tu peux bien les offrir à une autre

Qui aime les étoiles sur les dunes

Moi les mots tendres enrobés de douceur

Se posent sur ma bouche mais jamais sur mon cœur

 

Encore un mot, juste une parole

Paroles et paroles et paroles

Écoute-moi

Paroles et paroles et paroles

Je t'en prie

Paroles et paroles et paroles

Je te jure

Paroles et paroles et paroles et paroles

Et encore des paroles que tu sèmes au vent

 

Que tu es belle

Paroles et paroles et paroles

Et encore des paroles que tu sèmes au vent

 

 

Padam padam

Henri Contet & Norbert Glanzberg (Édith Piaf)

 

Cet air qui m'obsède jour et nuit

Cet air n'est pas né d'aujourd'hui

Il vient d'aussi loin que je viens

Traîné par cent mille musiciens

Un jour cet air me rendra folle

Cent fois j'ai voulu dire pourquoi

Mais il m'a coupé la parole

Il parle toujours avant moi

Et sa voix couvre ma voix

 

Padam, padam, padam

Il arrive en courant derrière moi

Padam, padam, padam

Il me fait le coup du souviens-toi

Padam, padam, padam

C'est un air qui me montre du doigt

Et je traîne après moi comme une drôle d'erreur

Cet air qui sait tout par cœur

 

Il dit « rappelle-toi tes amours

Rappelle-toi puisque c'est ton tour

Y a pas d'raison pour qu'tu n'pleures pas

Avec tes souvenirs sur les bras »

 

Et moi je revois ceux qui restent

Mes vingt ans font battre tambour

Je vois s'entrebattre des gestes

Toute la comédie des amours

Sur cet air qui va toujours

 

Padam, padam, padam

Des « je t'aime » de quatorze-juillet

Padam, padam, padam

Des « toujours » qu'on achète au rabais

Padam, padam, padam

Des « veux-tu » en voilà par paquets

Et tout ça pour tomber juste au coin d'la rue

Sur l'air qui m'a reconnue

 

Écoutez le chahut qu'il me fait

Comme si tout mon passé défilait

Faut garder du chagrin pour après

J'en ai tout un solfège sur cet air qui bat

Qui bat comme un cœur de bois

 

 

Aïcha

Jean-Jacques Goldman (Khaled)

 

Comme si je n'existais pas

Elle est passée à côté de moi

Sans un regard, reine de Saba

J'ai dit Aïcha, prends, tout est pour toi

 

Voici les perles, les bijoux

Aussi l'or autour de ton cou

Les fruits bien mûrs au goût de miel

Ma vie, Aïcha, si tu m'aimes

 

J'irai où ton souffle nous mènent

Dans les pays d'ivoire et d'ébène

J'effacerai tes larmes, tes peines

Rien n'est trop beau pour une si belle

 

Aïcha, Aïcha, écoute-moi

Aïcha, Aïcha, t'en vas pas

Aïcha, Aïcha, regarde-moi

Aïcha, Aïcha, réponds-moi

 

Je dirai les mots, les poèmes

Je jouerai les musiques du ciel

Je prendrai les rayons du soleil

Pour éclairer tes yeux de reine

 

Aïcha, Aïcha, écoute-moi

Aïcha, Aïcha, t'en vas pas

 

Elle a dit « garde tes trésors

Moi, je vaux mieux que tout ça

Des barreaux sont des barreaux, même en or

Je veux les mêmes droits que toi

Et du respect pour chaque jour

Moi, je ne veux que de l'amour »

 

Aïcha, Aïcha, écoute-moi

Aïcha, Aïcha, t'en vas pas

Aïcha, Aïcha, réponds-moi

 

Partenaires

main partners

Klara, KPMG,  Nationale Loterij-meer dan spelen

 

festival & event partners

Belfius, Brouwerij Omer Vander Ghinste, Interparking, Proximus

 

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