Alexandre Tharaud & Angélique Kidjo
les mots d’amour
Bienvenue au Klarafestival !
Festival van Vlaanderen Brussel, Klara et nos partenaires sont heureux de vous accueillir à nouveau. « I believe audiences aren’t just listening. They are actively contributing », confiait l’artiste du festival, Barbara Hannigan, dans une interview. Un concert, c’est une interaction entre le public, les artistes et tous ceux et celles qui, sur scène ou en coulisses, participent à la magie de ces moments. Ensemble, nous faisons corps avec la musique. Become Music !
Cheffe d’orchestre et soprano, Barbara Hannigan est un grand nom de la scène internationale. Avec elle, la musique classique prend la forme d'une expérience moderne à part entière. C'est une source d’inspiration pour le Klarafestival, le plus grand festival radio du pays. Ses multiples talents et ceux de nombreux artistes belges et internationaux, qui relient le passé et le présent par des récits musicaux, vous feront indéniablement vibrer.
Le Klarafestival commencera en force avec Hannigan au pupitre du London Symphony Orchestra. Ensuite, on la verra et entendra avec des jeunes musiciens participant à son projet de mentorat Equilibrium Young Artists. Quelque 25 concerts mettront en avant des ensembles talentueux, tels que Les Talens Lyriques, le City of Birmingham Symphony Orchestra avec Mirga Gražinytė-Tyla et Vilde Frang ou le St. Louis Symphony Orchestra avec Víkingur Ólafsson. Le Klarafestival encourage aussi la création. Le ciné-concert Reich/Richter mêlera les tableaux de Gerhard Richter à la musique de Steve Reich. La surprise sera encore au rendez-vous dans la création Counterforces du compositeur Frederik Croene sur un texte de la poète Dominique de Groen ou dans la production de théâtre musical Prey du metteur en scène Kris Verdonck sur une musique composée par Annelies Van Parys.
Ces concerts et tous les autres ne pourraient avoir lieu sans la collaboration de nos partenaires culturels : Bozar, Flagey, Kaaitheater, Théâtre Varia, Muntpunt, Concertgebouw Brugge et De Singel. Nos remerciements vont aussi à nos partenaires privés KPMG, Proximus, Brasserie Omer Vander Ghinste, Belfius, Interparking et les joueurs de la Loterie nationale. Nous sommes reconnaissants du soutien de la Communauté flamande et de la Région de Bruxelles-Capitale. Et enfin, merci à Klara et à la VRT : il n’y aurait pas de festival radio sans leur précieux appui.
Joost Fonteyne
Intendant Klarafestival
Angélique Kidjo, vocals
Alexandre Tharaud, piano
Vincent Huguet, director
co-production Klarafestival, Bozar
diffusion sur Klara (en direct)
présentation par Greet Samyn
fleurs offertes par Daniel Ost
* * *
Ces petits rien : Serge Gainsbourg
Les mots : Claude Nougaro
Sur deux notes : Joséphine Baker
Rimes : Claude Nougaro
Les mots d’amour : Édith Piaf
Johnny : Vaya con Dios
J’attendrai : Joséphine Baker
Lily : Pierre Perret
Toi toi mon toit : Elli Medeiros
Madame rêve : Alain Bashung
Les bleus : Serge Gainsbourg
La poésie : Dominique A
La chanson de Prévert : Serge Gainsbourg
Il n’y a pas d’amour heureux : Georges Brassens
Les mots d’amour n’ont pas d’âge : Jacqueline François
Les histoires d’A : Les Rita Mitsouko
Maman, papa : Pierre Lapointe
De temps en temps : Joséphine Baker
La foule : Édith Piaf
Paroles paroles : Dalida
Padam padam : Édith Piaf
Aïsha : Khaled
end scheduled at 21:30
Rien de tel que les mots d’amour pour réconforter les gens
Dans le récital Les mots d’amour, la chanteuse pop Angélique Kidjo et le pianiste classique Alexandre Tharaud rendent hommage à Édith Piaf, Joséphine Baker ou encore à Serge Gainsbourg. Entretien croisé.
Le récital en duo piano-voix a ses élégances, mais se prête aux alliances détonantes. Ainsi de l’explosive Angélique Kidjo, tornade scénique de la pop afro, et du poétique Alexandre Tharaud, pianiste classique toqué de baroque et de Barbara. L’une a déjà transfiguré le répertoire de moult icônes. L’autre a escorté Bénabar comme Natalie Dessay. Réunis sur scène par leur passion pour la chanson française, ils évoquent pour nous ces Mots d’amour : une histoire de langue, de voix, d’énergie…
Comment sont nés Les mots d’amour ?
Alexandre Tharaud : En 2020, Angélique m’a invité pour interpréter Emmenez-moi et Soleil noir, deux chansons de Barbara, dans le cadre du Festival de Saint-Denis. À l’issue de ce duo, présenté dans la basilique, il nous a semblé naturel de poursuivre cette collaboration.
Angélique Kidjo : Nous avons voulu parler d’amour, sujet inépuisable, au sens le plus large du terme, à travers les mots. Rien de tel que les mots d’amour pour réconforter les gens, surtout en sortie de confinement.
Quel rapport chacun d’entre vous entretient-il avec la chanson française ?
A.K. : Je suis amoureuse de la langue française. Au Bénin, mon père, avec son banjo, me chantait du Aznavour et d’autres interprètes à la mode. Ma sœur compilait toutes les paroles dans un grand cahier de chant. À 9 ans, je chantais « Ce soir je serai la plus belle pour aller danser », au sens littéral : dans ma tête, je partais au bal ! Chanter en français est resté un rêve d’enfant.
A.T. : Mon père était baryton dans l’opérette, mon grand-père chantait dans des brasseries, donc je baigne dans la musique populaire depuis mon plus jeune âge. À l’adolescence, Barbara est devenue ma boussole. Quand elle passait à Paris, j’allais la voir presque tous les soirs. Nous, les pianistes, courons toute notre vie après la voix humaine. Les chanteurs sont nos maîtres et nous essayons de les imiter. Quand je travaille avec Angélique, le lendemain, je joue mieux Chopin ou Mozart.
Reprenez-vous Barbara dans le spectacle ?
A.T. : Paradoxalement, non. Nous avons sélectionné une vingtaine de chansons, certaines joyeuses et pétillantes, d’autres plus tristes, des tubes de Piaf, Joséphine Baker ou Nougaro, repris avec des arrangements différents, et des titres moins attendus, comme Les bleus de Gainsbourg ou Les mots d’amour, créée par Jacqueline François dans les années 1950. Nous avons également inclus deux titres plus récents, de Dominique A et de Pierre Lapointe.
A.K. : Il n’y a pas une chanson choisie qui ne soit pas un rappel de ce que l’on vit au quotidien. Prenez Il n’y a pas d’amour heureux, poème de résistance d’Aragon repris par Brassens et qui évoque la guerre : comment ne pas penser à l’Ukraine aujourd’hui ?
Certaines chansons vous tenaient-elles à cœur plus particulièrement ?
A.K. : Lily, de Pierre Perret, me touche beaucoup, car elle raconte mon histoire. Je l’ai entendue à mon arrivée en France, en 1983. L’histoire de cette immigrée est un peu la mienne. Je n’ai pas vendu des choux-fleurs, mais j’ai fait des ménages, de la coiffure, gardé des enfants. Partie du Bénin pour des raisons politiques, j’ai connu la douleur de la séparation, l’angoisse de ne pas avoir de nouvelles de mes parents. Quand je la chante, je me concentre pour ne pas être submergée. Idem avec Les mots d’amour, de Piaf. On porte tous la déchirure d’un être aimé qui est parti. Alex le sait : une fois sur deux, je vis tellement la chanson que je la chante mal !
A.T. : Les chansons de Piaf sont celles qui me bouleversent le plus dans ce spectacle. Un siècle plus tard, ton style est différent, mais on dirait qu’elles ont été écrites pour toi.
Qu’est-ce que vous appréciez le plus dans cette collaboration ?
A.K. : Ce que j’aime, chez Alexandre, c’est qu’il n’est pas seulement un pianiste, mais un musicien qui chante avec son piano. Il me porte, me tire, me laisse partir… c’est comme une vague, à la fois minimaliste et pleine d’émotion. On parle, aussi, on échange, on déclame, la discussion est constante. Nous sommes complémentaires. Ces mots d’amour, nous les partageons avec la plus grande simplicité.
A.T. : II y a d’abord une histoire d’amour avec une voix, et celle d’Angélique me transporte depuis longtemps déjà. J’ai découvert aussi son énergie intérieure. Je dis souvent que je me sens mieux sur scène que chez moi ou avec des amis : chez Angélique, j’ai l’impression que c’est multiplié par mille. Elle entre sur scène avec une espèce d’évidence qui balaie tout sur son passage : ce n’est pas une vague, c’est un volcan ! Aussi cash que dans la vie, elle ne masque rien et va droit au but. Dès les premières notes, on y va, sans se poser de questions.
Anne Berthod
Reproduit avec l’autorisation de l’autrice et de Télérama
Angélique Kidjo
Angélique Kidjo naît au Royaume de Dahomey – au sud de l’actuel Bénin – peu avant l’indépendance de 1960, et s’installe en France dans les années 1980. L’artiste est cinq fois lauréate des Grammy Awards et lauréate de l'Académie Charles. Elle est une des 50 personnalités les plus emblématiques du continent africain, selon la BBC, et est reconnue pour engagement humanitaire en tant qu’ambassadrice internationale de l'UNICEF. En 2022, elle a sorti l’album Queen of Sheeba (Mister ibé) avec Ibrahim Maalouf.
Alexandre Tharaud
Avec plus de 25 ans de carrière, le pianiste français Alexandre Tharaud est une figure unique dans le monde de la musique classique. Polyvalent, maîtrisant un répertoire allant du baroque à nos jours, il s’est produit avec les meilleurs orchestres internationaux dans les plus grands festivals et salles de concerts au monde. Il collabore avec des musiciens hors du domaine de la musique classique, ainsi qu’avec des metteurs en scène, danseurs, chorégraphes, écrivains et cinéastes. Il enregistre en exclusivité pour Erato/Warner Classics.
Vincent Huguet
Formé à l’histoire et à l’histoire de l’art, Vincent Huguet rencontre Patrice Chéreau en 2008 et l’assiste pour des expositions, pièces de théâtre et opéras. Il travaille ensuite aux côtés de Peter Sellars, Luc Bondy et Ivo van Hove. En 2012, il réalise à l’Opéra national de Montpellier, sa première mise en scène pour Lakmé de Delibes. Il crée ensuite de nombreuses mises en scènes pour les grands festivals et maisons d’opéra français et européens. En 2017, il participe à la création de Vaille que vivre au Festival d’Avignon, avec Alexandre Tharaud.
Vous avez besoin de vous confier après un spectacle ? Alors rendez-vous au Biechtstoel [Le Confessionnal ] ! Une oreille attentive invisible vous pose des questions sur ce que vous venez de voir et d’entendre. Le son des conversations est enregistré puis monté avec des images réalisées en live par un illustrateur pendant le spectacle, pour former une compilation des réactions du public lors de la soirée.
Ces petits rien
Serge Gainsbourg
Mieux vaut ne penser à rien que de pas penser du tout
Rien c'est déjà, rien c'est déjà beaucoup
On se souvient de rien et puisqu'on oublie tout
Rien c'est bien mieux que tout
Mieux vaut ne penser à rien que de pas penser à vous
Ça ne me vaut rien, ça ne me vaut rien du tout
Mais comme si de rien était je pense à tout
Ces petits riens qui me venaient de vous
Si c'était trois fois rien, trois fois rien entre nous
Evidemment ça ne fait pas beaucoup
Ce sont ces petits riens que j'ai mis bout à bout
Ces petits riens qui me venaient de vous
Mieux vaut pleurer de rien que de rire de tout
Pleurer pour un rien c'est déjà beaucoup
Mais vous, vous n'avez rien dans le cœur déjà vous
Je vous envie, je vous en veux, beaucoup
Ce sont ces petits riens qui me venaient de vous
Les voulez-vous tenez que voulez vous
Moi je ne veux pour rien au monde plus rien de vous
Pour être à vous faut être à moitié fou
Les mots
Claude Nougaro & Daniel Goyone
Les mots divins, les mots en vains,
Les mots de plus, les motus
Les pour rire, les mots d'amour
Les mots dits pour te maudire
Les mots bruissants comme des rameaux
Les mots ciselés comme des émaux
La faim de mots, la soif de mots
Qui disent quelque chose
Les mots chéris qui sur mes lèvres
N'ont pas trouvé leur place
Les mots muets, les mots buée
Comme un baiser sur la glace
Les mots bouclés, clés de l'espace
Les mots oiseaux qui laissent des traces
Les mots qui tuent, les mots qui muent
Les mots tissant l'émotion
Les mots pâlis, les mots salis
Les mots de prédilection
Les mots qui te caressent comme des mains
Les mots divins, les mots devins
Les premiers mots
La faim des maux
Sur deux notes
Paul Misraki & Ray Ventura (Joséphine Baker)
Tu veux que je te chante une belle chanson,
Mais je ne connais pas la musique
Je peux, si tu le veux, prendre quelques leçons,
Et suivre les concerts symphoniques
Mais je trouve ça bien inutile
Fatiguant et difficile
Alors
Si tu veux m'écouter,
Je vais faire un effort et je vais chanter:
Sur deux notes
Je te dis que je t'aime
Sur trois notes
Je te donne mon cœur
Sur quatre notes
Je développe le thème
Et sur toute la gamme
Je chante mon bonheur
Sur deux notes
Je vais mettre « Caresses »
Sur trois notes
« Un amoureux frisson »
Sur quatre notes
Pourquoi pas « Nos ivresses » ?
Et sur toute la gamme
J'ai fini ma chanson
Quoi ! tu trouves qu'elle est trop vit' faite ?
Ben vois-tu,
J'suis déçu
J'en connais beaucoup plus bêtes
Qui ont plu
Si tu veux que je te le prouve
Écoute-moi sans t'fâcher !
Faut chercher jusqu'à c'qu'on y trouve un sens caché.
Les deux notes
C'est ta vie et la mienne
Les trois notes
C'est nous et notre amour
Les quatre notes
Sont nos mains qui se tiennent
Et puis toute la gamme
Se traduit par toujours
Ah ! combien ma chanson était belle,
Et combien elle est faite pour nous !
Car je t'aime, et tu m'aimes
Toujours de même jusqu'au bout
Sur deux notes
Sur trois notes
Sur quatre notes
Et c'est tout.
Rimes
Claude Nougaro & Aldo Morano
J'aime la vie quand elle rime à quelque chose
J'aime les épines quand elles riment avec la rose
J'aimerais même la mort si j'en sais la cause
Rimes ou prose
J'aime ma chanson quand elle rime avec ta bouche
Comme les ponts de Paris avec bateau-mouche
Et la perle des pleurs avec l'œil des biches
Rimes tristes
J'aime les manèges quand ils riment avec la neige
J'aime les nains qui riment avec Blanche-Neige
Rimons rimons tous les deux
Rimons rimons si tu veux
Même si c'est pas des rimes riches
Arrimons-nous on s'en fiche
J'aime la vie quand elle rime à quelque chose, etc.
J'aime la vie quand elle rime à quelque chose
J'aime les épines quand elles riment avec la rose
Rimons rimons belle dame
Rimons rimons jusqu'à l'âme
Et que ma poésie
Rime à ta peau aussi
Les mots d’amour
Michel Rivgauche & Charles Dumont (Édith Piaf)
C'est fou c'que j'peux t'aimer
C'que j' peux t'aimer, des fois
Des fois, j'voudrais crier
Car j'n'ai jamais aimé
Jamais aimé comme ça
Ça, je peux te l'jurer
Si jamais tu partais
Partais et me quittais
Me quittais pour toujours
C'est sûr que j'en mourrais
Que j'en mourrais d'amour
Mon amour, mon amour
C'est fou c'qu'il me disait
Comme jolis mots d'amour
Et comme il les disait
Mais il ne s'est pas tué
Car, malgré mon amour
C'est lui qui m'a quittée
Sans dire un mot
Pourtant des mots
'Y en avait tant
'Y en avait trop
C'est fou c'que j'peux t'aimer, etc.
Et voilà qu'aujourd'hui
Ces mêmes mots d'amour
C'est moi qui les re-dis
C'est moi qui les re-dis
Avec autant d'amour
À un autre que lui
Je dis des mots
Parce que des mots
Il y en a tant
Qu'il y en a trop
C'est fou c'que j'peux t'aimer, etc.
Au fond c'n'était pas toi
Comme ce n'est même pas moi
Qui dit ces mots d'amour
Car chaque jour, ta voix
Ma voix, ou d'autres voix
C'est la voix de l'amour
Qui dit des mots
Encore des mots
Toujours des mots
Des mots d'amour
C'est fou c'que j'peux t'aimer
C'que j'peux t'aimer, des fois
Si jamais tu partais
C'est sûr que j'en mourrais
C'est fou c' que j' peux t'aimer
C'que j'peux t'aimer d'amour
Johnny
Francis Lemarque & M. Richard Stein (Vaya con Dios)
Johnny, tu n'es pas un ange
Ne crois pas que ça m'dérange
Jour et nuit, je pense à toi
Toi, tu te souviens de moi
Au moment où ça t'arranges
Et quand revient le matin
Tu t'endors sur mon chagrin
Johnny, tu n'es pas un ange
Johnny, Johnny
Si tu étais plus galant
Johnny, Johnny
Je t'aimerais tout autant
Johnny, tu n'es pas un ange
Ne crois pas que ça m'dérange
Quand tu me réveilles la nuit
C'est pour dire que tu t'ennuies
Que tu voudrais une vie d'rechange
Et quand revient le matin
Tu t'endors sur mon chagrin
Johnny, tu n'es pas un ange ;
Johnny, Johnny, etc.
Johnny, tu n'es pas un ange
Après tout, qu'est-ce que ça change
L'Homme saura toujours trouver
Toutes les femmes du monde entier
Pour lui chanter ses louanges
Dès qu'il en sera lassé
Elles seront vite oubliées
Vraiment vous n'êtes pas des anges
Johny, Johnny
Depuis que le monde est né
Johny, Johnny
Il faut tout vous pardonner
J’attendrai
Dino Olivieri & Nino Rastelli (Joséphine Baker)
J'attendrai
Le jour et la nuit
J'attendrai, toujours
Ton retour
J'attendrai
Car l'oiseau qui s'enfuit vient chercher l'oubli
Dans son nid
Le temps passe et court
En battant tristement
Dans mon cœur plus lourd
Et pourtant, j'attendrai
Ton retour
Les fleurs palissent
Le feu s'éteint
L'ombre se glisse
Dans le jardin
L'horloge tisse
Des sons trés longs
Je crois entendre ton pas
Le vent m'apporte
Des bruits lointains
Guettant ma porte
J'écoute en vain
Hélas, plus rien
Plus rien ne vient
J'attendrai, etc.
Lily
Pierre Perret
On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies, Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris
Elle croyait qu'on était égaux, Lily
Au pays d'Voltaire et d'Hugo, Lily
Mais, pour Debussy, en revanche
Il faut deux noires pour une blanche
Ça fait un sacré distinguo
Elle aimait tant la liberté, Lily
Elle rêvait de fraternité, Lily
Un hôtelier, rue Secrétan
Lui a précisé, en arrivant
Qu'on ne recevait que des Blancs
Elle a déchargé des cageots, Lily
Elle s'est tapée les sales boulots, Lily
Elle crie pour vendre des choux-fleurs
Dans la rue, ses frères de couleur
L'accompagnent au marteau-piqueur
Et quand on l'appelait Blanche-Neige, Lily
Elle se laissait plus prendre au piège, Lily
Elle trouvait ça très amusant
Même s'il fallait serrer les dents
Ils auraient été trop contents
Elle aima un beau blond frisé, Lily
Qui était tout prêt à l'épouser, Lily
Mais, la belle-famille lui dit
« Nous n'sommes pas racistes pour deux sous
Mais on veut pas de ça chez nous »
Elle a essayé l'Amérique, Lily
Ce grand pays démocratique, Lily
Elle aurait pas cru sans le voir
Que la couleur du désespoir
Là-bas, aussi ce fût le noir
Mais, dans un meeting à Memphis, Lily
Elle a vu Angela Davis, Lily
Qui lui dit « viens, ma petite sœur »
« En s'unissant, on a moins peur »
« Des loups qui guettent le trappeur »
Et c'est pour conjurer sa peur, Lily
Qu'elle lève aussi un poing rageur, Lily
Au milieu de tous ces gugus
Qui foutent le feu aux autobus
Interdits aux gens de couleur
Mais, dans ton combat quotidien, Lily
Tu connaîtras un type bien, Lily
Et l'enfant qui naîtra, un jour
Aura la couleur de l'amour
Contre laquelle on ne peut rien
On la trouvait plutôt jolie, Lily
Elle arrivait des Somalies, Lily
Dans un bateau plein d'émigrés
Qui venaient tous de leur plein gré
Vider les poubelles à Paris
Toi toi mon toit
Elli Medeiros
Toi, toi mon toit
Toi, toi mon tout mon roi
Prends un petit poisson
Glisse-le entre mes jambes
Il n'y a pas de raison
Pour se tirer la langue
Ne me regarde pas
Comme ça tout de travers
Qui fait le premier pas
Pour s'aimer à l'envers
Toi, toi mon toit, etc.
Les papillons en l'air
Et les fourmis par terre
Chacun est à sa place
Il n'y a pas de mystère
Sauf
Toi, toi mon toit, etc.
Arrête, arrête, arrête, arrête
Prends un petit poisson
Glisse-le entre mes jambes
Il n'y a pas de raison
Pour se tirer la langue
Ne me regarde pas
Comme ça tout de travers
Qui fait le premier pas
Pour s'aimer à l'envers
Toi, toi mon toit, etc.
Madame rêve
Alain Bashung, Pierre Grillet & Vic Emerson
Madame rêve d'atomiseurs
Et de cylindres si longs
Qu'ils sont les seuls
Qui la remplissent de bonheur
Madame rêve d'artifices
De formes oblongues
Et de totems qui la punissent
Rêve d'archipels
De vagues perpétuelles
Sismiques et sensuelles
D'un amour qui la flingue
D'une fusée qui l'épingle
Au ciel
Au ciel
On est loin des amours de loin
On est loin des amours de loin, on est loin
madame rêve ad libitum
Comme si s'était tout comme
Dans les prières
Qui emprisonnent et vous libèrent
Madame rêve d'apesanteur
Des heures, des heures de voltige à plusieurs
Rêve de fougères
De foudres et de guerres
À faire et à refaire
D'un amour qui la flingue
D'une fusée qui l'épingle
Au ciel
Au ciel
On est loin des amours de loin
On est loin des amours de loin, on est loin
Madame rêve
Loin, au ciel
(On est loin) madame rêve
Au ciel
Madame rêve
Les bleus
Serge Gainsbourg
Lorsque sur moi il pleut des coups
Deux poings et ta canne en bambou
Que rimmel coule le long de mes joues
Que je m'évanouis
Que je suis à bout
Je me dis que les bleus sont les bijoux
Les plus précieux et les plus fous
Et que si un soir on est sans le sou
J'pourrais toujours les mettre au clou
J'ai des émeraudes autour du cou
Des améthystes un peu partout
Si t'étais pas aussi jaloux
J'irais au bal
Quel succès fou
J'arriverais couverte de bijoux
Qui étincelleraient de tous
Leurs feux j'vois d'ici l'œil jaloux
Des autres nanas et de leurs matou
Tabasse-moi encore voyou
File m'en encoure pour quelques sous
Vas-y rentre moi dans le chou
Tellement j'ai mal
J'sens plus les coups
Oui mes bleus sont mes seuls bijoux
Y'en a que j'ai payé un prix fou
Tu m'as tellement roué de coup
Me v'là millionnaire de partout
C'soir t'es encore complètement saoul
Tu me regardes avec tes yeux fous
Ça y est voilà que tu m'secoues
Doucement mon amour
Vas-y mou
J'ai beau être de caoutchouc
Et même rebondir sous les coups
Un jour tu casseras ton joujou
Tu le regretteras
Après coup
La poésie
Dominique A
La poésie s'en est allée
Je la soupçonne d'être passé par chez toi
De s'être allongée dans ton lit
Et d'avoir écouté la pluie sur le toit
Elle avait si peu à confier
Pas du genre à trop s'épancher quelques mots
Qu'elle a laissé sur ton bureau
Quelques ratures au stylo
Puis elle s'en est allée
Puis elle s'en est allée
Il nous a fallu quelques jours
Pour être moins aveugle et sourd et trouver
Que l'air était un peu plus lourd
Nos épaules un peu plus rentrées et penser
Qu'après avoir tant annoncé
Un départ mille fois reporté, elle rêve
Ôter le manteau du crochet
Où depuis des siècles il pendait
Puis s'en était allé
Puis s'en était allé
Sommes-nous des enfants perdus?
La forêt à perte de vue pour le soir
Refuse de nous abandonner
De laisser à l'obscurité tout pouvoir
Sur notre histoire mal engagée
La pleine lune est convoquée pour déjouer
Les pièges d'une nuit trop noire
Aux abords d'un abattoir
Sans un poème pour nous sauver
Sans un poème pour nous sauver
Je n'sais pas pourquoi je pensais
Qu'elle n'avait pas pu s'en aller, sans passer
Par chez toi et sur ton bureau
J'ai vu les ratures au stylo, quelques mots
Qui se sont glissés sur ma peau
Sur ton visage et sur tes mains ils ont pris
Le rythme d'un cœur en sursit
Et leur peau était faible aussi
Mais il faudrait s'y accrocher
Mais il faudrait s'y accrocher
La chanson de Prévert
Serge Gainsbourg
« Oh je voudrais tant que tu te souviennes »
Cette chanson était la tienne
C'était ta préférée je crois
Qu'elle est de Prévert et Kosma
Et chaque fois « Les feuilles mortes »
Te rappellent à mon souvenir
Jour après jour les amours mortes
N'en finissent pas de mourir
Avec d'autres bien sûr je m'abandonne
Mais leur chanson est monotone
Et peu à peu je m'indiffère
A cela il n'est rien à faire
Car chaque fois « Les feuilles mortes », etc.
Peut-on jamais savoir par où commence
Et quand finit l'indifférence
Passe l'automne vienne l'hiver
Et que la chanson de Prévert
Cette chanson « Les feuilles mortes »
S'efface de mon souvenir
Et ce jour-là mes amours mortes
En auront fini de mourir
Il n’y a pas d’amour heureux
Louis Aragon / Georges Brassens
Rien n'est jamais acquis à l'homme, ni sa force
Ni sa faiblesse ni son cœur... et quand il croit
Ouvrir ses bras son ombre est celle d'une croix
Et quand il croit serrer son bonheur il le broie
Sa vie est un étrange et douloureux divorce
Il n'y a pas d'amour heureux
Sa vie elle ressemble à ces soldats sans armes
Qu'on avait habillés pour un autre destin
A quoi peut leur servir de se lever matin
Eux qu'on retrouve au soir désarmés, incertains
Dites ces mots : « ma vie » et retenez vos larmes
Il n'y a pas d'amour heureux
Mon bel amour, mon cher amour, ma déchirure
Je te porte dans moi comme un oiseau blessé
Et ceux-là sans savoir nous regardent passer
Répétant après moi ces mots que j'ai tressés
Et qui pour tes grands yeux tout aussitôt moururent
Il n'y a pas d'amour heureux
Le temps d'apprendre à vivre il est déjà trop tard
Que pleurent dans la nuit nos cœurs à l'unisson
Ce qu'il faut de regrets pour payer un frisson
Ce qu'il faut de malheur pour la moindre chanson
Ce qu'il faut de sanglots pour un air de guitare
Il n'y a pas d'amour heureux...
Les mots d’amour n’ont pas d’âge
Jacqueline François
Les mots d’amour n'ont pas d'âge
Les amants n'ont qu'un visage
Ils ont pour voir le bonheur
Les yeux du cœur
La vie tourne son manège
Le temps conduit le cortège
L'amour et le ciel d'été
N'ont pas changé
Farandoles
De paroles
De sourires
Qui soupirent
Les mots dansent
En cadence
Sur la valse de l'éternité
Car
Les mots d’amour n'ont pas d’âge
Les cœurs n'ont qu'un seul langage
Des mots vieux comme le jour
Comme l'amour
Des mansardes à rengaines
Aux palais en robe à traine
Ils parlent d'éternité
De mains serrées
La vie passe
On efface
Le poème
Les « je t'aime »
Les mots dansent
Recommencent
La musique est la seule à changer
Car
Les mots d’amour sont les mêmes
« Adieu » rime avec « je t'aime »
Et recommencent toujours
Les mots d'amour
Les histoires d’A
Les Rita Mitsouko
Valérie s'ennuyait
Dans les bras de Nicolas
Mais Nicolas, celui-là
Ne le savait pas
Isabelle a attendu, attendu
Mais Patrick n'est jamais reparu, yeah
Les histoires d'a-
Les histoires d'am-
Les histoires d'amour finissent mal
Les histoires d'amour finissent mal en général
Michel aimait Gérard
Et Gérard le lui rendait si bien
Qu'à la fin ça ne rendait rien
Evelyne toute sa vie attendit
Que le monsieur en gris lui sourit, yeah
Gilbert euh, Gilbert partit en voyage
Juste au moment de son mariage
Han han, et Hector, alors
Hector est mort en faisant une fugue
Il allait retrouver Gertrude
Simone et Tom s'engueulaient
Dès que 21 heures sonnaient, yeah
Les histoires d'amour finissent mal en général
Maman, papa
Pierre Lapointe
Maman, papa
Dites-moi comment ça va
Depuis l'an dernier à Noël
Que je n'ai plus de vos nouvelles
J'savais qu'ça n'vous f'rait pas plaisir
Mais j'vous ai annoncé tout sourire
Que j'avais rencontré l'amour
Après quelques longs détours
J'ai vite compris que vous étiez
Surpris voire même presque choqués
Par cette belle annonce heureuse
J'espérais ma joie contagieuse
Vous qui disiez fièrement m'aimer
Pourquoi soudain tout a changé
Je reste le même qu'avant
Mais vous qui êtes-vous maintenant
Maman, papa
Dites-moi comment ça va
Depuis l'an dernier à Noël
Que je vis au conditionnel
Votre amour me manque c'est fou
Mon quotidien me semble flou
Pourquoi votre silence glacial
La solitude peut faire si mal
Cherchez-vous par quelque moyen
À maudire ma vie mon destin
Est-ce si difficile de voir
Un homme qui n'a plus peur du noir
Vous m'avez appris tant de choses
Les rôles s'inversent et nous opposent
À mon tour d'être professeur
On n'choisit pas où va son cœur
Maman, papa
Dites-moi comment ça va
Depuis l'an dernier à Noël
Que vous jouez à ce jeu cruel
Cette distance me fait souffrir
Vous avez construit un empire
Où j'incarne une bête un malfrat
Un monstre qu'on montre du doigt
Je n'aime pas vos dieux malveillants
Qui divisent le monde en deux clans
Dictant ce qui est bien ou mal
J'emmerde leur fausse morale
Que j'aime un homme ou une femme
Ne change pas l'essence de mon âme
Oui mon monde n'est pas le vôtre
Mais c'est bien loin d'être une faute
Maman, papa
Dites-moi comment ça va
Depuis l'an dernier à Noël
Que j'attends un signe un appel
Mon cœur se meurt de vous revoir
Et je vous le redis ce soir
L'amour est le plus beau trésor
Et ceux qui aiment n'auront jamais tort
De temps en temps
Joséphine Baker
Ne me dis pas que tu m’adores
Embrasse-moi de temps en temps
Un mot d’amour c’est incolore
Mais un baiser c’est éloquent
Ne me fais pas de longs poèmes
Ne parle pas de tes émois
Pour me prouver combien tu m’aimes
De temps en temps embrasse-moi
Dans tes bras quand ma vie se case
Monsieur me quitte
Tu dois m’indemniser
Il faut bien que je fasse provision de baisers
Quatre jours c’est bien long
Sois prudent chéri et surtout rappelle-toi
Si tu m’écris
Ne me dis pas que tu m’adores
Mais pense à moi de temps en temps
Car bien des fois le cœur ignore
Ce que la main écrit souvent
Ne jure pas d’être fidèle
Je veux le croire malgré toi
Mais si les filles là-bas sont belles
De temps en temps, dis, pense à moi
La foule
Angel Amato, Enrique Dizeo & Michel Rivegauche (Édith Piaf)
Je revois la ville en fête et en délire
Suffoquant sous le soleil et sous la joie
Et j'entends dans la musique les cris, les rires
Qui éclatent et rebondissent autour de moi
Et perdue parmi ces gens qui me bousculent
Étourdie, désemparée, je reste là
Quand soudain, je me retourne, il se recule
Et la foule vient me jeter entre ses bras
Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne, écrasés l'un contre l'autre
Nous ne formons qu'un seul corps
Et le flot sans effort nous pousse, enchaînés l'un et l'autre
Et nous laisse tous deux épanouis, enivrés et heureux
Entraînés par la foule qui s'élance
Et qui danse une folle farandole
Nos deux mains restent soudées
Et parfois soulevés, nos deux corps enlacés s'envolent
Et retombent tous deux épanouis, enivrés et heureux
Et la joie éclaboussée par son sourire
Me transperce et rejaillit au fond de moi
Mais soudain je pousse un cri parmi les rires
Quand la foule vient l'arracher d'entre mes bras
Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne, nous éloigne l'un de l'autre
Je lutte et je me débats
Mais le son de ma voix s'étouffe dans les rires des autres
Et je crie de douleur, de fureur et de rage et je pleure
Et traînée par la foule qui s'élance
Et qui danse une folle farandole
Je suis emportée au loin
Et je crispe mes poings, maudissant la foule qui me vole
L'homme qu'elle m'avait donné et que je n'ai jamais retrouvé
Paroles paroles
Gianni Ferrio & Michaële (Dalida & Alain Delon)
C'est étrange, je ne sais pas ce qui m'arrive ce soir
Je te regarde comme pour la première fois
Encore des mots toujours des mots, les mêmes mots
Je ne sais plus comment te dire
Rien que des mots
Mais tu es cette belle histoire d'amour que je ne cesserai jamais de lire
Des mots faciles, des mots fragiles c'était trop beau
Tu es d'hier et de demain
Bien trop beau
De toujours ma seule vérité
Mais c'est fini le temps des rêves
Les souvenirs se fanent aussi quand on les oublie
Tu es comme le vent qui fait chanter les violons
Et emporte au loin le parfum des roses
Caramels, bonbons et chocolats
Par moments, je ne te comprends pas
Merci, pas pour moi mais tu peux bien les offrir à une autre
Qui aime le vent et le parfum des roses
Moi les mots tendres enrobés de douceur
Se posent sur ma bouche, mais jamais sur mon cœur
Une parole encore
Paroles et paroles et paroles
Écoute-moi
Paroles et paroles et paroles
Je t'en prie
Paroles et paroles et paroles
Je te jure
Paroles et paroles et paroles et paroles et paroles
Et encore des paroles que tu sèmes au vent
Voilà mon destin, te parler
Te parler comme la première foi
Encore des mots toujours des mots, les mêmes mot
Comme j'aimerais que tu me comprenne
Rien que des mots
Que tu m'écoutes au moins une fois
Des mots magiques des mots tactiques qui sonnent faux
Tu es mon rêve défendu
Oui tellement faux
Mon seul tourment et mon unique espérance
Rien ne t'arrêtes quand tu commences
Si tu savais comme j'ai envie d'un peu de silence
Tu es pour moi la seule musique qui fait danser les étoiles sur les dunes
Caramels, bonbons et chocolats
Si tu n'existais pas déjà, je t'inventerais
Merci pas pour moi, mais tu peux bien les offrir à une autre
Qui aime les étoiles sur les dunes
Moi les mots tendres enrobés de douceur
Se posent sur ma bouche mais jamais sur mon cœur
Encore un mot, juste une parole
Paroles et paroles et paroles
Écoute-moi
Paroles et paroles et paroles
Je t'en prie
Paroles et paroles et paroles
Je te jure
Paroles et paroles et paroles et paroles
Et encore des paroles que tu sèmes au vent
Que tu es belle
Paroles et paroles et paroles
Et encore des paroles que tu sèmes au vent
Padam padam
Henri Contet & Norbert Glanzberg (Édith Piaf)
Cet air qui m'obsède jour et nuit
Cet air n'est pas né d'aujourd'hui
Il vient d'aussi loin que je viens
Traîné par cent mille musiciens
Un jour cet air me rendra folle
Cent fois j'ai voulu dire pourquoi
Mais il m'a coupé la parole
Il parle toujours avant moi
Et sa voix couvre ma voix
Padam, padam, padam
Il arrive en courant derrière moi
Padam, padam, padam
Il me fait le coup du souviens-toi
Padam, padam, padam
C'est un air qui me montre du doigt
Et je traîne après moi comme une drôle d'erreur
Cet air qui sait tout par cœur
Il dit « rappelle-toi tes amours
Rappelle-toi puisque c'est ton tour
Y a pas d'raison pour qu'tu n'pleures pas
Avec tes souvenirs sur les bras »
Et moi je revois ceux qui restent
Mes vingt ans font battre tambour
Je vois s'entrebattre des gestes
Toute la comédie des amours
Sur cet air qui va toujours
Padam, padam, padam
Des « je t'aime » de quatorze-juillet
Padam, padam, padam
Des « toujours » qu'on achète au rabais
Padam, padam, padam
Des « veux-tu » en voilà par paquets
Et tout ça pour tomber juste au coin d'la rue
Sur l'air qui m'a reconnue
Écoutez le chahut qu'il me fait
Comme si tout mon passé défilait
Faut garder du chagrin pour après
J'en ai tout un solfège sur cet air qui bat
Qui bat comme un cœur de bois
Aïcha
Jean-Jacques Goldman (Khaled)
Comme si je n'existais pas
Elle est passée à côté de moi
Sans un regard, reine de Saba
J'ai dit Aïcha, prends, tout est pour toi
Voici les perles, les bijoux
Aussi l'or autour de ton cou
Les fruits bien mûrs au goût de miel
Ma vie, Aïcha, si tu m'aimes
J'irai où ton souffle nous mènent
Dans les pays d'ivoire et d'ébène
J'effacerai tes larmes, tes peines
Rien n'est trop beau pour une si belle
Aïcha, Aïcha, écoute-moi
Aïcha, Aïcha, t'en vas pas
Aïcha, Aïcha, regarde-moi
Aïcha, Aïcha, réponds-moi
Je dirai les mots, les poèmes
Je jouerai les musiques du ciel
Je prendrai les rayons du soleil
Pour éclairer tes yeux de reine
Aïcha, Aïcha, écoute-moi
Aïcha, Aïcha, t'en vas pas
Elle a dit « garde tes trésors
Moi, je vaux mieux que tout ça
Des barreaux sont des barreaux, même en or
Je veux les mêmes droits que toi
Et du respect pour chaque jour
Moi, je ne veux que de l'amour »
Aïcha, Aïcha, écoute-moi
Aïcha, Aïcha, t'en vas pas
Aïcha, Aïcha, réponds-moi
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