Livret de programme

thuriot

Philippe Thuriot

Enchanting Scarlatti

19.03.2024 — 20:00
Église Protestante de Bruxelles-Musée
Préface

Welkom op de 19e editie van Klarafestival! Het thema Crossroads - Come Together verbeeldt als geen ander het samenkomen van het publiek, de artiesten en hun inspirerende concerten. Een ontmoetingsplek waar de top van de internationale klassiek in dialoog gaat met uitdagende creaties en jong talent.  

 

Inspirator van deze editie is festivalartiest Claron McFadden. 'Ik sta op een kruispunt waar stijlen en generaties elkaar kruisen en ontmoeten en met elkaar botsen', vertelde ze ons in een interview. Die uitspraak is de kern van het programma. Geniet van Klarafestival als vrijplaats van hoop, meerstemmigheid en schoonheid in alle mogelijke verschijningsvormen. Als een plek waar het bekende nieuwe betekenis krijgt en waar nieuwe ervaringen je overrompelen.

 

Jan Raes, voorzitter

Joost Fonteyne, intendant

Chantal Pattyn, manager Klara

Programme

Philippe Thuriot – accordion 

 

Coproduction: Klarafestival, Bozar

 

–

Selected keyboard works from Essercizi per gravicembalo by Domenico Scarlatti (1685-1757), interlaced with improvisations 

Clé d'écoute

Enchanting Scarlatti

 

L’accordéoniste Philippe Thuriot joue davantage que le seul répertoire spécifiquement composé pour son instrument. Par le passé, il a déjà proposé des arrangements d’œuvres de François Couperin et de Johann Sebastian Bach. Il s’essaie à présent aux sonates de Domenico Scarlatti. 

 

Dès son jeune âge, Scarlatti est estimé pour sa virtuosité au clavecin. Une légende rapporte que le cardinal Pietro Ottoboni a organisé en 1707 à Rome un duel entre Scarlatti et Georg Friedrich Haendel, afin de déterminer qui était le meilleur claveciniste. Mais aucun d’eux n’en sortit vainqueur, le public ayant estimé qu’ils étaient tous deux tout aussi talentueux. En 1719, Scarlatti est nommé maître de chapelle à la cour du roi Jean V du Portugal à Lisbonne. Il y est chargé de composer la musique des occasions spéciales et doit également prodiguer des leçons à l’infante Maria Barbara. Ces leçons portent leurs fruits : au bout de quelque temps, Maria Barbara surprend tout le monde à la cour par ses aptitudes en chant, au piano et en composition. En 1727, Maria Barbara épouse le prince héritier d’Espagne, le futur Ferdinand VI, et Scarlatti suit son employeuse dans son nouveau pays. 

 

Scarlatti reste le professeur de Maria Barbara pendant pas moins de 37 ans. Il doit en conséquence sans cesse écrire de nouvelles pièces. Son catalogue compte non moins de 555 sonates pour le clavier ! Seules trente sont publiées de son vivant, dans le recueil Essercizi per gravicembalo (Londres, 1739). Toutes les sonates de ce recueil présentent une forme binaire, chaque section étant par ailleurs répétée, ce qui produit une forme AABB. Le matériau thématique des deux sections est fort lié. Seule la sonate n° 30 (« fugue ») est écrite en un seul mouvement. 

 

Dans la préface, Scarlatti se veut modeste: « Lecteur, ne t’attends pas, que tu sois dilettante ou professeur, à trouver dans ces compositions une intention profonde, mais plutôt un ingénieux badinage de l’art pour t’exercer au jeu hardi sur le clavecin. Aucune vue d’intérêt, aucun but d’ambition ne m’a guidé, mais l’obéissance m’a porté à le publier. Peut-être te seront-elles agréables, et plus volontiers alors obéirai-je à d’autres ordres de te complaire par un style plus facile et plus varié. Ne te montre donc pas plus juge que critique, et tu accroîtras ainsi ton propre plaisir. Pour préciser la position des mains, je t’avise que la lettre D indique la main droite, et la lettre M, la main gauche. Vis heureux. »

 

—

Philippe Thuriot présente le programme qu’il a composé. 

 

Frederic Delmotte – Par le passé, vous avez déjà joué la musique de Johann Sebastian Bach à l’accordéon. Qu’est-ce qui vous a conduit à maintenant aborder Domenico Scarlatti ? 

 

Philippe Thuriot – Dans presque tous les conservatoires où l’on enseigne l’accordéon classique figure au programme l’interprétation de musique initialement écrite pour le clavecin par des compositeurs tels que Jean-Philippe Rameau, François Couperin ou Scarlatti. C’est devenu une tradition, à laquelle je me suis également frotté à l’âge de 18 ans. Ce répertoire est important pour s’exercer à la virtuosité. La musique de Bach présente un autre type de virtuosité – il s’agit d’une virtuosité mentale. Celle de Scarlatti s’appuie plus souvent sur la musique populaire. L’accordéon est en outre un instrument populaire. Je savais qu’à un moment donné, avec ma maturité, je me réattaquerais à Scarlatti. Je me sens davantage lié à sa musique qu’à celle de Bach. J’aime jouer de la musique folk et jazz, et la musique de Scarlatti présente clairement un caractère dansant. On peut s’autoriser davantage de légèreté.

 

FD – Scarlatti a écrit ses sonates pour clavecin à titre d’exercices pour son étudiante Maria Barbara. Comment transposez-vous ces exercices pour le clavecin en exercices pour l’accordéon ?  

 

PT – En ne changeant rien à la musique, c’est aussi simple que ça. Le clavecin a plus en commun avec l’accordéon que le piano. Je crois que c’est lié au timbre du clavecin, qui est relativement fin et transparent. Le piano est au contraire beaucoup plus sombre. Comme le clavecin, l’accordéon produit des sons aigus ; mais la grande différence, c’est que l’accordéon produit des sons aspirés, tandis qu’au clavecin, les cordes sont pincées. Je n’ai donc eu aucun travail de réécriture de la partition ; c’est simplement l’interprétation qui diffère. Le son du clavecin s’évanouit automatiquement rapidement, encore plus rapidement qu’au piano, équipé d’une pédale de résonance. Le son d’un accordéon continue lui aussi à résonner aussi longtemps qu’on l’alimente en air. Voilà donc le principal défi pour moi : comment terminer les sons de l’accordéon de façon similaire à ce qui se produit au clavecin ? 

 

FD – Une autre grande différence avec le clavecin, c’est que l’accordéon permet de jouer davantage avec les dynamiques. 

 

PT – Cela induit en effet un certain risque. Avec un instrument particulièrement dynamique, jusqu’où peut-on jouer avec la dynamique ? Je suis sûr que certains vont me trouver sacrilège, et je m’en excuse d’avance (rires). Quand on joue Scarlatti au piano, on doit aussi réfléchir jusqu’où on veut aller. Une autre différence par rapport au piano, c’est que l’accordéon offre en outre des possibilités orchestrales. Enfler un son, jouer avec un timbre, c’est à la fois un cadeau et un piège. 

 

FD – Quels critères ont préludé au choix des sonates du recueil Essercizi pour votre concert ? 

 

PT – Mon choix a été guidé par les nombreuses interprétations que j’ai entendues quand j’étais jury de concours internationaux. J’ai alors entendu beaucoup de choses intéressantes. J’ai en outre également entendu de nombreuses interprétations par les nombreux étudiants que j’ai pu coacher au conservatoire de Gand. Les sonates ne m’ont pas toutes semblé également pertinentes, d’autres sont restées « dans mon oreille ». Je n’ai pas de réponse claire. Certaines sonates ressemblent trop à des études. Mais j’ai découvert d’autres sonates qui ont tout simplement beaucoup d’âme. Plusieurs des sonates que j’ai sélectionnées présentent un caractère mélancolique, ce qui peut être encore accentué à l’accordéon, car l’accordéon est par excellence un instrument mélancolique. La musique de Scarlatti est pétillante et mélancolique, mais il n’est pas toujours facile de comprendre pourquoi tant de mélomanes aiment la musique de Scarlatti. 

 

FD – Scarlatti avait la réputation d’être un improvisateur de talent. Vous allez vous-même improviser entre les sonates. Procéderez-vous alors à la manière baroque, par analogie avec les traités du XVIIIe siècle ? 

 

PT – Je ne peux pas improviser « à la baroque », ce n’est pas mon domaine de spécialisation. J’improvise avec mes moyens personnels, contemporains, tout en restant bien sûr proche de la sonate. Je souhaite que mes improvisations et les sonates s’enchaînent naturellement. J’espère que le public mettra quelques secondes à comprendre que je joue une sonate. J’aime beaucoup dérouter un peu les gens. Mais je veux rester aussi subtil que possible dans mes improvisations, à l’instar de la délicatesse dont Domenico fait preuve dans ses sonates. 

Biographies

Philippe Thuriot

L’accordéoniste belge Philippe Thuriot passe allègrement de l’improvisation à la musique classique, du jazz au théâtre musical. Il s’est produit dans plusieurs orchestres et ensembles. Citons Ictus, Het Collectief, Symfonieorkest Vlaanderen, Brussels Jazz Orchestra et Klangforum Wien. Il participe aussi à des tournées internationales avec la troupe Les Ballets C de la B d’Alain Platel. Philippe Thuriot a assuré la création de concertos contemporains pour accordéon de compositeurs comme Peter Vermeersch, Dick Van der Harst et Dirk D’Ase. Il a enregistré, pour Warner Classics, plusieurs CD d’arrangements des Variations Goldberg de Bach et de la musique de Ravel et de Couperin.

Partenaires

presenting partners
Klara, KPMG

event partners
Belfius, BMW, Proximus, Brouwerij Omer Vander Ghinste, Interparking

public funding
Brussels Hoofdstedelijk Gewest, Nationale Bank, Nationale Loterij-meer dan spelen, Vlaamse Gemeenschap, Vlaamse Gemeenschapscommissie

cultural partners
Bozar, Flagey, Ancienne Belgique, Kaaitheater, Muntpunt

festival suppliers
Maison De La Poste, Fruit at Work, Levi Party Rental, Drukkerij Bosmans, Café Victor, Brussels Booking Desk, Ray & Jules, Maison Dandoy

media partners
VRT 1, VRT Canvas, Radio 1, Bruzz, De Standaard, Knack / Le Vif, La Libre, Musiq3, La Première, La Trois, Ring TV, visit.brussels

Maison Dandoy reclamebanner