Josef Špaček & Tobias Feldmann
Queen's Delight
Queen’s Delight : une flânerie musicale, en hommage à la Reine Elisabeth
Il y a 150 ans naissait la reine Elisabeth. Violoniste passionnée et mécène des arts, elle a joué un rôle majeur dans la vie musicale belge et internationale. Son nom reste indissociablement lié au Concours Reine Elisabeth, qui, depuis des décennies, propulse de jeunes talents musicaux vers une carrière internationale. Souhaitant honorer de manière particulière la mémoire de la Souveraine, Flagey a imaginé une journée de concerts. Dénommé Queen’s Delight, le projet dépasse le cadre du Concours lui-même. Dix lauréats emblématiques se retrouveront pour vivre avec le public une journée intense placée sous le signe de la musique, de la rencontre et de l’échange.
Comment ce projet a-t -il vu le jour ? Pourquoi le choix s’est-il porté sur un large éventail de musiciens ? Nous avons d’emblée donné une place centrale au répertoire, à la collaboration et à l’expérience du public.
Une relation personnelle à la musique
L’idée a émergé il y a plus de deux ans. Nous menions des réflexions autour du 150ᵉ anniversaire de la naissance de la reine Elisabeth, notre souveraine, mais aussi une musicienne passionnée : violoniste, profondément attachée aux arts et étroitement liée à Eugène Ysaÿe, avec qui elle fonda le Concours qui porte son nom. Nous avons voulu que cette relation personnelle à la musique et aux musiciens constitue le véritable cœur de Queen’s Delight, conçu comme un parcours musical, une sorte de promenade réunissant une dizaine de concerts.
Diversité de talents et formats inédits
À partir de là, nous nous sommes demandé comment enraciner cet hommage dans le temps présent, et mettre en lumière l’ampleur de son engagement exceptionnel en faveur de la musique. Inviter un seul artiste ne nous semblait pas suffisant. La richesse de son héritage appelle nécessairement une réponse plurielle. C’est pourquoi nous avons imaginé de réunir plusieurs générations de lauréats – pianistes, instrumentistes à cordes et chanteurs – parmi lesquels Alexander Melnikov, Timothy Chooi ou encore Eva Zaïcik.
Mais comment réunir le meilleur panel ? Nous avons procédé d’une manière à la fois très pragmatique et profondément personnelle. En parcourant la liste des lauréats du Concours, des années 1970 à aujourd’hui, nous nous sommes essentiellement posé une seule question : avec qui avons-nous aujourd’hui véritablement envie de travailler, indépendamment du rang ou du prix obtenu ?
Nous avons associé à cette réflexion le Concours et le Klarafestival. Nous souhaitions que des Premiers Prix côtoient très naturellement d’autres lauréats sur scène et au sein des concerts. Cette approche reflète notre philosophie, à Flagey : nous entendons accompagner les talents d’exception sur le long terme, les soutenir et les réinviter, parce que nous sommes convaincus de la force de leur personnalité musicale, et que nous souhaitons la voir s’épanouir et se développer.
Nous avons par ailleurs proposé à tous les musiciens de ne pas se limiter à des prestations solistes, mais de s’engager aussi dans des projets de musique de chambre, au sein de formations inédites. Ce jour-là, l’accent sera mis sur le partage musical. Le public sera invité à découvrir de nouvelles configurations. Les concerts se déroulant dans l’ensemble du bâtiment de Flagey, dans tous nos studios, offrent ainsi une véritable invitation à la flânerie musicale.
L’artiste dans son univers
Nous espérons aussi, par cette démarche, aller au-delà de l’instantané d’une compétition. Revenir à Flagey, c’est certes retrouver les souvenirs et l’expérience du concours, mais aussi tout ce qui se joue en dehors de la scène : les rencontres humaines entre musiciens, le travail en commun, l’écoute mutuelle, les échanges entre les répétitions, les repas partagés. Autant de liens qui demeurent le plus souvent inconnus du public.
Queen’s Delight cherche précisément à rendre cette dimension perceptible, à la fois visible et audible, à deux niveaux. D’une part, en réunissant les lauréats au sein de nouvelles formations de musique de chambre, en solo comme en duo ou en trio. D’autre part, en offrant au public l’occasion de les redécouvrir, à travers de nouveaux dialogues, des relations musicales renouvelées et une musicalité vécue et partagée, qui dépasse largement le cadre du Concours.
Pour ce faire, nous avons dû nous concerter étroitement avec les musiciens. Le temps de répétition est précieux et les agendas sont complexes. Nous avons donc d’abord regardé ceux des lauréats qui se connaissaient déjà et qui avaient déjà joué ensemble. Dans le même temps, nous voulions aussi favoriser de nouvelles rencontres. Ainsi, le pianiste Jonathan Fournel a confié qu’il se sentait particulièrement chez lui dans la musique de chambre et qu’il préférait jouer en collaboration plutôt qu’en solo. Le pianiste Alexander Melnikov, en revanche, souhaitait également disposer d’un espace pour le répertoire soliste, où sa voix personnelle puisse pleinement s’exprimer. Cette combinaison rend la journée à la fois riche et vivante.
Nous souhaitions aussi un brassage intergénérationnel des musiciens. Jeunes talents et artistes plus confirmés partagent la scène sans hiérarchie. Cela reflète la manière dont la musique vit aujourd’hui : tradition et renouvellement coexistent en permanence.
Des choix inattendus
Et bien entendu, le choix du programme était essentiel. Il comprend des œuvres clés du répertoire soliste et de musique de chambre, mais nous avons aussi voulu poser des choix plus inattendus. La musique du violoniste belge Eugène Ysaÿe en offre un bon exemple. Son lien avec Bruxelles et avec la reine Elisabeth est évident, mais son œuvre demeure sous-estimée.
S’y ajoutent des œuvres considérées comme des références pour chaque instrument, associées à des choix très personnels des musiciens eux-mêmes. La violoniste Sylvia Huang passe avec aisance du grand répertoire classique à la musique, plus rare, de Rebecca Clarke, qu’elle met en lumière. La mezzo-soprano Eva Zaïcik explore le répertoire du lied avec Richard Wagner, dans une formation intime pour voix et piano, aux côtés du pianiste Severin von Eckardstein, qui possède une vaste expérience d’accompagnateur. De tels choix naissent du dialogue, et non d’un concert imposé.
Nous espérons ainsi surprendre et combler notre public. Ceux qui suivront l’ensemble du parcours découvriront les lauréats sous un autre jour. Non plus comme des solistes en compétition, mais comme des musiciens en relation les uns avec les autres. Des noms connus apparaissent dans des constellations inattendues et la musique de chambre devient un espace d’écoute, de réaction et de respiration partagée.
Nous rêvons d’inviter notre public à poser un regard plus vaste sur les lauréats du Concours Reine Elisabeth. De le voir non comme un aboutissement, mais comme le point de départ d’un parcours artistique. N’était-ce pas l’ambition profonde de la reine Elisabeth ?
Gilles Ledure, directeur général de Flagey
Tobias Feldmann - violon
Josef Špaček - violon
Coproduction: Flagey, Klarafestival, DE SINGEL, Queen Elisabeth Competition, Festivals de Wallonie
Louis Spohr (1784-1859)
Duo for Two Violins in D Major, Op. 67 No. 2
- Allegro
- Larghetto
- Rondo. Vivace
Sergei Prokofiev (1891-1953)
Sonata for Two Violins in C Major, Op. 56
- Andante cantabile
- Allegro
- Commodo (quasi allegretto)
- Allegro con brio
Une fête pour le violon. Josef Špaček (lauréat 2012) et Tobias Feldmann (4e Prix 2015) unissent leurs forces dans un programme placé sous le signe du dialogue et de la finesse. Le Duo de Louis Spohr mêle la subtilité du premier romantisme à une élégance contrapuntique. La Sonate pour deux violons de Prokofiev déborde d’énergie néoclassique, d’humour et d’inventivité. Deux solistes à la carrière internationale offrent un récital empreint de virtuosité technique et d’une intensité captivante.
Il y a 150 ans naissait la Reine Elisabeth, une souveraine passionnée de musique et de culture. Elle a donné son nom au prestigieux Concours Reine Élisabeth, qui révèle depuis des décennies les plus grands talents musicaux. Nous célébrons cet anniversaire en proposant une affiche d’ores et déjà historique, rassemblant dix lauréats les plus emblématiques du Concours lors d’une journée à Flagey. Violonistes, violoncellistes, pianistes et chanteurs feront résonner les moindres recoins du bâtiment dans diverses constellations.
Tobias Feldmann
Le violoniste allemand Tobias Feldmann se distingue par sa polyvalence stylistique et sa profondeur émotionnelle. Il a remporté le troisième prix du Concours international de violon Joseph Joachim à Hanovre en 2012 et le quatrième prix du Concours Reine Élisabeth en 2015. En tant que soliste, il a partagé la scène avec des orchestres tels que le Konzerthausorchester Berlin, l’Orquestra Simfónica de Barcelona, le Minnesota Orchestra et le BBC Philharmonic, ainsi qu’avec des chefs d’orchestre tels que Nathalie Stutzmann, Reinhard Goebel et Marin Alsop. En tant que musicien de chambre, il s’est produit entre autres au Wiener Konzerthaus, au Concertgebouw d’Amsterdam et au Rheingau Musik Festival avec des partenaires musicaux tels que Martin Helmchen, Jean-Guihen Queyras et Tabea Zimmermann.
Josef Špaček
Le violoniste tchèque Josef Špaček a étudié au Conservatoire de Prague, au Curtis Institute of Music et à la Juilliard School auprès d’Itzhak Perlman. Il est lauréat du Concours Reine Élisabeth 2012 et a également remporté des prix au Concours international de violon Michael Hill en Nouvelle-Zélande et au Concours international de violon Carl Nielsen au Danemark. Špaček a travaillé comme soliste avec des orchestres tels que le Chicago Symphony Orchestra, le Czech Philharmonic et le Gewandhausorchester, et avec des chefs d’orchestre tels que Jakub Hrůša, Manfred Honeck et Semyon Bychkov. Il a réalisé plusieurs enregistrements acclamés avec des œuvres de compositeurs tchèques tels que Smetana, Dvořák, Janáček, Suk, Martinů et Schulhoff.
Structural partners
Klara, KPMG
Event partners
Brouwerij Halve Maan, Gimv | Worxinvest, Interparking, Proximus
Cultural partners
Ancienne Belgique, Belgian National Orchestra, Bozar, Brussels Philharmonic, De Munt | La Monnaie, Flagey, Muntpunt, Museum of Musical Instruments, Passa Porta
Public funding
Nationale Bank, Nationale Loterij meer dan spelen, Stad Brussel, Visit Brussels, Vlaamse Gemeenschap
Media partners
BRUZZ, De Standaard, La Première, La Trois, Le Soir, Musiq3, Radio 1, Ring TV, VRT Eén, VRT Canvas, VRT Max
Festival suppliers
Daniel Ost, Drukkerij VD, Maison Dandoy