Margaret Hermant playing harp
Margaret Hermant playing harp
sam 21.03, 22:00 / Bozar, Terarken

Margaret Hermant

Freedom

Des cordes sous tension

Conversation avec Margaret Hermant

La compositrice et harpiste Margaret Hermant est cofondatrice d'ensembles comme Echo Collective, mais crée également d'envoûtants sets solo pour harpe et électronique. À l'occasion du Klarafestival 2026, elle présente en avant-première son premier album solo Freedom. Quelques semaines avant la sortie officielle, nous la rencontrons à Bozar pour un entretien sur l'importance de la liberté dans son jeu. Et quel meilleur endroit que le cœur de sa ville, Bruxelles, pour lui soumettre la question centrale du festival : Where is Home?

 

Bruxelles est ton port d'attache. Quel est ton lien avec cette ville bouillonnante ?

Je vis ici depuis vingt ans déjà, et Bruxelles reste pour moi une ville fantastique. En tant qu'artiste, il est particulièrement enrichissant de vivre au milieu de toutes ces cultures. Bruxelles est un vivier artistique, un mélange de différents styles et genres – de la danse, du cirque, du cinéma et de la musique aux arts plastiques – toutes les disciplines s'y retrouvent. En plus, des villes comme Paris, Londres, Amsterdam et Berlin ne sont qu'à un jet de pierre, ce qui rend la ville encore plus attrayante.

 

Qu'est-ce qui fait que tu t'y sens chez toi ?

J'ai grandi dans un village à la campagne, où l'on vivait avant tout au grand air. Notre habitation bruxelloise dispose d'un petit jardin, ce qui me permet d'une certaine manière de revivre ce sentiment : on entretient le jardin, on s'occupe des poules et on y passe beaucoup de temps en été. J'accorde beaucoup de valeur aux petits rituels quotidiens et aux choses simples en apparence. Tout cela contribue à mon bien-être.

 

Quels sont les sons que tu associes à Bruxelles ?

J'écoute peu de musique à la maison, qui est plutôt calme et silencieuse la plupart du temps. Si Bruxelles est une grande ville, elle peut aussi être étonnamment silencieuse. J'habite dans une rue calme et je profite pleinement de cette tranquillité. En plus, il règne dans la vile une atmosphère chaleureuse par la proximité / densité des habitations. 

 

En tant que musicienne, tu es souvent sur la route. Comment fais-tu pour conserver cette sensation d'être chez toi ?

Mon « chez-moi », c'est plutôt un sentiment de sécurité, de bien-être et de communion. Je peux me sentir bien partout, tant que je suis en bonne compagnie. Jusqu'à présent, j'ai eu la chance de travailler avec des gens qui me sont chers et que je considère comme ma famille. C'est la raison pour laquelle je me sens aussi chez moi sur scène. La scène est un lieu magique : tout se passe en live, sur le moment et en contact direct avec le public. Vivre ce moment ensemble amplifie encore l'expérience et m'apporte de l'énergie. 

 

Ton amour de la musique te vient-il de la maison ?

À la maison, la radio était allumée toute la journée, du matin très tôt jusque tard le soir, ou mes parents mettaient des disques de musique classique ou d'histoires. Enfant, je pouvais écouter en boucle la bande originale du dessin animé Fantasia, avec mes frères et sœurs. On ne se contentait d'ailleurs pas d'écouter, on dansait aussi dans toute la pièce. Ma petite sœur et moi chantions aussi souvent les chansons de La mélodie du bonheur en rejouant des scènes.

Je me sens aussi chez moi sur scène. La scène est un lieu magique : tout se passe en live, sur le moment et en contact direct avec le public. Vivre ce moment ensemble amplifie encore l'expérience et m'apporte de l'énergie.
Margaret Hermant

As-tu également commencé la musique jeune ?

J'ai commencé le violon à l'âge de quatre ans déjà, avec la méthode Suzuki. Aujourd'hui encore, je suis vraiment contente d'avoir abordé la musique de cette manière. C'est une approche très naturelle, entièrement basée sur l'oreille. Le professeur très motivant qui nous donnait cours a éveillé chez moi et chez de nombreux autres élèves une véritable passion pour la musique.

 

Y a-t-il d'autres personnes qui t'ont inspirée pendant ces années formatrices ? 

Tout au long de mon parcours musical, j'ai eu le privilège de rencontrer des personnes particulières, qui ont eu chacune à leur manière une influence durable sur mon évolution artistique. Au conservatoire, j'ai bénéficié de la liberté et de la confiance qui m'ont permis de découvrir ma propre voix sur le plan musical. Cette recherche est essentielle pour un musicien : elle constitue la base du développement autonome. La rencontre d'Adam Wiltzie, Dustin O’Halloran et Neil Leiter, mes collègues d'Echo Collective, a elle aussi été enrichissante au niveau artistique. Ils m'ont ouvert les portes d'un paysage musical et d'un champ d'expérimentation nouveaux. Enfin, j'ai eu la chance de partir en tournée avec Jóhann Jóhannsson, un moment-clé de ma carrière. 

 

Tu es violoniste, mais également compositrice et harpiste. Y a-t-il un instrument sur lequel tu te sens plus à l'aise ?

Pour moi, l'instrument est un moyen de partager via la musique une émotion et une énergie particulières. Chaque instrument possède son propre caractère, qui contribue à l'expression de ce que je ressens et ce que je veux exprimer. Par exemple, j'aime beaucoup l'aspect mélodique du violon. Pour le moment, c'est avec la harpe que je me sens le plus en connexion, parce qu'elle m'offre tout un nouvel univers sonore à explorer. Expérimenter et chercher sa propre voix, c'est incroyablement libérateur. 

 

Est-ce cette liberté que tu veux partager dans le nouvel album Freedom, que tu présentes au Klarafestival ?

Freedom est effectivement né d'un besoin personnel. Je voulais laisser la harpe s'exprimer dans toute sa versatilité et approfondir son association avec l'électronique. Je me suis donné la liberté d'explorer cette palette de sons et de couleurs jusque dans les moindres détails. Pour l'album, j'ai collaboré avec un orchestre, mais pendant le concert, c'est l'ingénieur du son Fabien Leseure qui m'accompagne. Il ajoute en live une dimension supplémentaire aux sonorités de la harpe, sans pour autant vouloir remplacer l'orchestre. Pour moi, cette combinaison avec l'électronique offre une liberté énorme, et c'est ce sentiment que je veux partager avec le public. 

 

Interview de Fauve Charlier et Aurélie Walschaert

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