[sold out] Hans Beckers
La Floresta
Bienvenue à la dix-neuvième édition du Klarafestival! Le thème Crossroads – Come Together illustre à merveille la rencontre entre le public, les artistes et leurs concerts inspirants. Un lieu de convergence où le gratin de la musique classique internationale engage le dialogue avec des créations fortes et des talents émergents.
L’inspiratrice de cette édition n’est autre que l’artiste Claron McFadden. « Je me trouve à un carrefour où les styles et les générations se croisent, se rencontrent et se heurtent », confie-t-elle. C’est ce constat qui a tissé la trame du programme. Le Klarafestival est comme refuge où règnent l’espoir, le concert des voix et la beauté sous toutes ses formes. Un lieu où le familier prend un nouveau sens et où les nouvelles expériences nous submergent.
Jan Raes, président
Joost Fonteyne, intendant
Chantal Pattyn, manager Klara
Hans Beckers – production, concept, installation, composition, guitar, clarinet, objects, sound sculptures
Berlinde Deman – serpent
Nathan Daems – tenor saxophone, kaval, ney
Indré Jurgelevičiūtė - kanklès, voice
Gregor Van Mulders – technical realisation
Danny Vandeput – metalwork
Coproduction: Klarafestival, Concertgebouw Brugge, Werkplaats Walter, STUK, Zonzo Compagnie, iii (instrument inventors initiative)
Copresentation: Bozar
With the support of: Per Podium, Werkplaats Walter, Roskot werkplaats / Les Ateliers Claus, De Grote Post, Wilde Westen, Musica, Vlaamse Overheid
De la musique en toute chose
Hans Beckers a une maison avec un jardin. Dans ce jardin se dresse un grand arbre. Souvent, il se rend là, dans ce jardin, pour écouter cet arbre. Cela peut sembler fou, mais c’est parfaitement normal : nous autres êtres humains avons toujours ouvert nos oreilles aux bruits de la nature. Il le fallait, d’ailleurs, car les hommes préhistoriques qui vivaient dans et avec la nature devaient être attentifs à ses dangers. Pour ces hommes préhistoriques, l’écoute des bruits environnants était certainement aussi, consciemment ou non, une expérience esthétique. Ce n’est pas un hasard si les premiers instruments (les tambours, par exemple) étaient réalisés avec des matériaux provenant de la nature (comme des peaux de bête).
Il y a toujours quelque chose à entendre
Au XXe siècle, le monde de l’écoute a vu apparaître quelques prophètes – avec pour célèbre exemple le compositeur américain John Cage et son œuvre 4’33”. Un pianiste – mais il peut s’agir de n’importe quel musicien – va s’asseoir au piano et reste plus de quatre minutes – mais cela peut aussi être plus long ou plus court – sans rien dire ni rien faire. Avec cette pièce expérimentale, dans laquelle d’aucuns ont vu une plaisanterie, alors qu’elle n’était aucunement conçue comme telle, Cage voulait attirer l’attention sur tous les bruits fortuitement présents. Pour lui, le silence absolu n’existe pas : « Un espace vide ou un temps vide n’existent pas. Il y a toujours quelque chose à voir, quelque chose à entendre. En fait, on a beau essayer d’obtenir le silence, impossible d’y arriver. »
Dans les années 1970, la compositrice et accordéoniste texane Pauline Oliveros a employé pour la première fois l’expression « deep listening ». L’écoute profonde était pour elle une approche de l’écoute très attentive, ciblée sur l’environnement, instaurant une connexion acoustique parmi les musiciens, et entre les musiciens et leur public. Une connexion entre eux et avec l’environnement. Elle souligna plus explicitement que jamais la distinction entre entendre et écouter. Le premier verbe désigne « le moyen physique qui rend possible la perception », le second consiste à « prêter attention à ce qui est perçu à la fois acoustiquement et psychologiquement ». Pour elle, la façon la plus intense d’écouter, pour laquelle elle a imaginé le terme « deep listening », induit d’« écouter de toutes les manières possibles tout ce qu’il est possible d’entendre, peu importe ce que l’on est en train de faire ; cette écoute intense inclut les sons de la vie quotidienne, ceux de la nature, de nos propres pensées ainsi que les sons musicaux ».
Aujourd’hui, on accorde une grande attention au vaste environnement acoustique dans lequel nous vivons. L’université de Leyde a même un professeur de « culture auditive », le Rotterdamois Marcel Cobussen. Le titre de sa publication la plus récente en dit long : Engaging with everyday sounds (librement traduit par « Dialoguer avec les sons du quotidien »). Outre des implications plus esthétiques, musicales et artistiques, Cobussen se consacre également à l’expérience sonore quotidienne. Le gouvernement lui a par exemple demandé d’étudier en quoi l’attention portée aux sons pourrait jouer un rôle dans l’aménagement des espaces publics urbains.
Une façon d’aborder la vie
Mais revenons au jardin de Hans Beckers. Il se tient donc là, devant ce grand arbre qui chante sa propre chanson, méditant sur la crise climatique oppressante, l’importance de la qualité de notre cadre de vie et la préservation des écosystèmes. « La Floresta », dit-il, « est ma façon d’offrir une réponse aux nombreuses questions complexes qui sont associées à ces phénomènes ». Avec cette œuvre, il veut créer un nouveau contexte « dans lequel les êtres humains peuvent délibérément se connecter à eux-mêmes, aux autres, à leur environnement, mais aussi au silence et au son que renferme le silence. »
Ainsi, La Floresta n’est pas uniquement une œuvre artistique, « c’est aussi une manière d’aborder la vie ». Avec cette pièce, Hans Beckers veut « exercer, aiguiser et utiliser de façon optimale » nos sens. Les sens au pluriel, oui, car nos oreilles ne sont pas les seules à être sollicitées. Nous devons chaque jour réapprendre à regarder, à écouter, à sentir, à humer et à goûter : c’est la seule façon dont nous pouvons vraiment rester ouverts au monde.
Hans veut plonger son public dans un « état proche de la transe », dans lequel il « puisse expérimenter le son dans toutes ses dimensions ». Il ambitionne de créer avec les sons une expérience abolissant toute frontière rigide entre les êtres humains et leur environnement.
Bricoler avec des coquillages, etc.
Comment procède-t-il ? Entre autres en manipulant des matériaux naturels comme des coquillages, des feuilles, des cosses, du sable, des pierres et de l’eau – une allusion aux instruments ancestraux (vous savez bien, ces tambours en peaux de bête). Mais nous ne vivons plus en ces temps ancestraux, et aujourd’hui, nous pouvons enregistrer, manipuler, transformer, modifier ces matériaux naturels avec toutes sortes d’outils technologiques. Ainsi, nature et technologie s’entremêlent. Non pas en contradiction, mais en se renforçant et s’enrichissant l’une l’autre. Cela avec l’ambition de déployer une expérience totale, qui rende palpables et visibles les sons naturels.
Bienvenue dans le jardin de Hans Beckers. Oubliez à présent les mots et les phrases qui ont précédé. Abandonnez cette démarche intellectuelle et ouvrez vos sens. Expérimentez sans retenue l’univers visuel et auditif de La Floresta. Mais vous pouvez aussi faire fi de ce conseil : vous êtes le maître de votre propre parcours. Cette expérience est la vôtre – à moins que vous ne laissiez les circonstances vous la dicter. L’univers sonore de Hans Beckers est ouvert, libre, honnête. Une chose est sûre : après La Floresta, vous n’écouterez assurément plus de la même manière les bruits qui vous entourent au quotidien.
Hendrik Vanden Abeele
Hans Beckers
Hans Beckers est un artiste aux multiples facettes. Il mêle musique, son et arts visuels dans des créations à la croisée entre performance et installation sonore. Dans ses œuvres, il explore les qualités sonores des matériaux naturels ou des objets du quotidien, qu’il transforme en instruments expérimentaux faits maison. Ses œuvres ont déjà été présentées et jouées dans plusieurs salles de spectacle comme l’Opéra de Lille, le Stavanger Concert Hall et la Casa Modernista de São Paulo. Hans Beckers a composé pour le cinéma et le théâtre. Il fait partie du collectif interdisciplinaire Post.Traum Collective, fondé par la poète et dramaturge Maya Wuytack, qui fait converger le théâtre, la musique, l’art performance et la danse.
Berlinde Deman
Berlinde Deman est tubiste permanente au sein du big band Flat Earth Society (dirigé par Peter Vermeesch). Elle a participé à plusieurs projets autour du jazz, de la musique classique et du théâtre, avec entre autres Dave Douglas, Spinvis, Dick van der Harst et ChampdAction. Il y a quelques années, elle a découvert le serpent, un instrument à vent du XVIe siècle au registre grave et au timbre original et sombre. Elle en a progressivement révélé tous les secrets au cours de ses spectacles, en associant l’instrument à de la musique électronique et des boucles. La redécouverte de cet instrument exceptionnel l’a amenée à collaborer avec Graindelavoix, B.O.X, Jon Doe One ou Mirko Banovic.
Nathan Daems
Nathan Daems est un musicien de jazz, compositeur et multi-instrumentiste. Après une formation jazz de cinq ans, il se perfectionne auprès de musiciens d’Europe de l’Est, d’Asie, d’Afrique occidentale et du Brésil, où il apprend à jouer des instruments traditionnels et s’approprie les répertoires et les pratiques d’improvisation de ces traditions. Dans ses compositions et improvisations, il marie ces influences culturelles au jazz jusqu’à donner naissance à une musique expérimentale méditative. Nathan Daems est à l’origine de plusieurs ensembles, dont BLACK FLOWER, Bazaar d’Orient, Collective N Trance et Ragini Trio. Il a collaboré avec des musiciens, dont Ibrahim Maalouf, Bojan Z et The Gaslamp Killer.
Hans Beckers
La Floresta
Walk | Installation | Concert
La Floresta se compose de trois parties : une promenade en silence (20 minutes), un moment de préparation (20 minutes) et la partie concert (60 minutes).
La représentation commence par une promenade auditive autour de Bozar. Cette promenade se fait en silence, afin d'approfondir l'expérience. De retour à Bozar, tous vos sens seront sensibilisés avant de participer au concert. Ensuite, dans une salle annexe, vous prendrez place parmi les sculptures sonores et devenez partie intégrante de l'installation sonore.
Remarque : la promenade n'est pas accessible aux personnes à mobilité réduite.
presenting partners
Klara, KPMG
event partners
Belfius, BMW, Proximus, Brouwerij Omer Vander Ghinste, Interparking
public funding
Brussels Hoofdstedelijk Gewest, Nationale Bank, Nationale Loterij-meer dan spelen, Vlaamse Gemeenschap, Vlaamse Gemeenschapscommissie
cultural partners
Bozar, Flagey, Ancienne Belgique, Kaaitheater, Muntpunt
festival suppliers
Maison De La Poste, Fruit at Work, Levi Party Rental, Drukkerij Bosmans, Café Victor, Brussels Booking Desk, Ray & Jules, Maison Dandoy
media partners
VRT 1, VRT Canvas, Radio 1, Bruzz, De Standaard, Knack / Le Vif, La Libre, Musiq3, La Première, La Trois, Ring TV, visit.brussels