Gürzenich-Orchester Köln, Emmanuel Tjeknavorian & Bertrand Chamayou
Pictures at an Exhibition
Bienvenue au 20e Klarafestival !
Intitulée We Are Now, cette édition spéciale anniversaire rend hommage à l’instant présent, ici et maintenant. Et personne n'entre dans la magie de l'instant avec autant d’aplomb que la violoniste et compositrice moldave Patricia Kopatchinskaja, notre artiste du festival. Tout s’embrase au contact de celle qui voit chaque concert comme un nouveau départ, un moment d’abondance où tout peut encore arriver. En 2025, le Klarafestival dresse un portrait pluriel de Patricia Kopatchinskaja en tant que violoniste, compositrice et inspiratrice.
Qui dit 20e anniversaire, dit occasion rêvée de lancer une nouvelle tradition : le temps d’une journée, le Mont des Arts se transforme en Mont des Musiques. Outre la programmation de concerts et de spectacles dans divers lieux, nous baptisons un tout nouvel ensemble, le Sound of Brussels Orchestra.
Notre époque est pleine de défis qui inspirent d’ailleurs certains projets présentés lors du festival. Ils prouvent combien l'espoir peut se nicher entre les notes d'un Stabat Mater ou d'un Dies Irae. La musique a la capacité de nous émouvoir et de nous inspirer. Pour Patricia Kopatchinskaja, elle est tout sauf un sujet abstrait : « La musique est là pour qu'on en fasse quelque chose. Même si elle ne porte pas de message ou de fonction concrets, elle nous interpelle. Elle veut être entendue. Je ne crois pas à la musique absolue. Pas vraiment. »
Que la fête commence !
Joost Fonteyne, intendant
Jan Raes, président
Chantal Pattyn, manager réseau Klara
Gürzenich-Orchester Köln
Emmanuel Tjeknavorian – musical direction
Bertrand Chamayou – piano
Coproduction: Klarafestival, Bozar
Concert partner: KPMG
Aram Khachaturian (1903-1978)
Suite from the ballet Gayaneh
Maurice Ravel (1875-1937)
Piano Concerto in G Major, M. 83
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Allegramente
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Adagio assai
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Presto
– interval –
Modest Mussorgsky (1839-1881) / arr. Maurice Ravel
Pictures at an Exhibition
Plus qu’un moment de déjà-vu
Nous sommes le 7 mars 1875. Dans le village de pêcheurs franco-basque de Ciboure, Maurice Ravel vient au monde. Dans ses yeux sombres brille une curiosité prononcée qui ne s’éteindra jamais. Sa maison natale se trouve près de la frontière espagnole et donne sur une baie pittoresque derrière laquelle s’étend l’océan Atlantique, que Ravel traversera en 1927 à l’occasion de sa première tournée américaine. À l’époque de ce voyage, Ravel, âgé de 52 ans, est l’un des plus grands compositeurs français. Son Boléro n’allait conquérir Paris qu’un an plus tard, mais la plus grande partie de son œuvre avait déjà été écrite. Durant les quatre mois passés au Canada et aux États-Unis, Ravel a plongé dans les années folles du nouveau monde. La bande-son de ces années 1920 était, bien sûr, le jazz. Ravel y rencontre le « roi du jazz » Paul Whiteman et accompagne George Gershwin dans les clubs de jazz de Harlem. Il est fasciné par les gratte-ciel de New York, admire la technologie dans les usines automobiles et explore la beauté naturelle du pays. Il trouve également le temps de revoir de vieilles connaissances comme Béla Bartók et Edgard Varèse. Le coup de cœur est d’ailleurs réciproque : les ovations et les critiques positives font de ce voyage un succès. Ravel dirige les principaux orchestres symphoniques de Boston, Chicago et New York, et prend place derrière le clavier.
De l’Amérique au clavier
Il est difficile d’imaginer le Concerto pour piano en sol majeur (1929-30) sans ce lointain voyage. Déterminé à effectuer une seconde traversée, avec lui-même comme soliste dans un concerto, Ravel se met au travail. Son ambition n’a jamais été aussi grande. Même Java est inscrite au programme prévisionnel des concerts ! En raison de la détérioration de sa santé et de l’augmentation de sa charge de travail, il abandonne l’idée de jouer lui-même en 1931 et la tournée est entre-temps « limitée » à l’Europe en raison du krach boursier de 1929.
Si le choix d’un concerto pour piano semble évident à nos yeux, il n’avait rien de logique à l’époque. Le concerto français avait perdu sa popularité depuis longtemps : Saint-Saëns, par exemple, avait écrit son dernier concerto en 1896. Entre-temps, le jazz était à la mode à Paris. Les premier et troisième mouvements du concerto de Ravel regorgent de notes bleues, de contretemps swinguants, d’accords hachés et de solos jazzy pour trompette et clarinette, autant de clins d’œil évidents aux styles musicaux américains. Le mouvement central lent abandonne la théâtralité et l’atmosphère espiègle du premier mouvement avec un long solo de piano nostalgique. Le thème est transmis avec douceur aux bois, qui le renvoient ensuite solennellement aux cordes et au piano. Avec des roulements de tambour et une brève déclaration des vents, le troisième mouvement nous entraîne à nouveau à toute vitesse. Moins reconnaissables pour l’oreille lambda, les thèmes basques que Ravel incorpore dans les mouvements extérieurs sont un vestige de son concerto pour piano Zasiak-Bat inachevé de 1906. La deuxième traversée entre le village de pêcheurs basque et la côte est américaine est donc bel et bien effectuée dans ce concerto, et ce en seulement 20 minutes.
La Russie à Paris
Les Ballets russes de Sergei Diaghilev et les commandes de ce dernier à Igor Stravinsky (L’Oiseau de feu, Petrouchka et Le Sacre du printemps) prouvent qu’outre le jazz américain, la musique russe occupe elle aussi la scène parisienne au début du 20e siècle. L’orchestration par Ravel de la suite pour piano de Modest Moussorgski, Tableaux d’une exposition (1874), témoigne également de la popularité des grands maîtres russes. Ces dix tableaux traduisent en musique une série d’œuvres d’art de Victor Hartmann que Moussorgski avait vues à Saint-Pétersbourg. Néanmoins, le lien entre tableau et musique ne relève pas systématiquement de l’évidence : ‘Samuel Goldenberg et Schmuyle’ combine deux portraits (le juif riche et le juif pauvre). Nous passons d’une toile à l’autre accompagnés par le thème épais de la ‘Promenade’. La ‘Promenade’ n’est pas qu’un moment de déjà-vu. Son orchestration changeante et le caractère des morceaux entrelacés en font ici un doux prélude au ‘Ballet des poussins dans leurs coques’, là une section intermédiaire contrastée entre ‘Le Vieux Château’ et ‘Tuileries’. Le thème est également intégré à ‘Cum mortuis in lingua mortua’ et à ‘La Grande Porte de Kiev’, où il se transforme en un hymne aux accents patriotiques. Ravel a orchestré la suite à la demande du chef d’orchestre Serge Koussevitzky, mettant sur papier l’une de ses rares orchestrations d’autres compositeurs. Parmi les autres exemples, citons la réorchestration partielle d’Antar de Rimski-Korsakov et les orchestrations du Carnaval de Schumann, du Menuet pompeux de Chabri et de la Sarabande et de la Danse de Debussy. La création des Tableaux d’une exposition de Ravel en 1922 à l’Opéra de Paris a été couronnée de succès. Le critique (et vieille connaissance de Ravel) Emile Vuillermoz a d’ailleurs écrit trois ans plus tard à propos de l’orchestration : « On n’a pas l’impression d’être en présence d’une œuvre de seconde main. (...) Dans les Tableaux d’une exposition, Ravel endosse à la fois le rôle du créateur et de l’arrangeur ».
Les plus grands succès de l’Arménie
Avec la Suite Gayaneh (1939-42) du compositeur soviétique arménien Aram Khachaturian, le Gürzenich-Orchester Köln équilibre parfaitement ce programme russo-français. Cette suite orchestrale rassemble les plus belles musiques du ballet du même nom, qui sont autant d’œuvres indémodables souvent utilisées comme musiques de film. Stanley Kubrick, par exemple, a utilisé l’’Adagio de Gayaneh’ dans 2001 : l’Odyssée de l’espace. Dans cette œuvre, la pauvre cueilleuse de coton Gayaneh se lamente sur l’ivrognerie et les méfaits de son mari. L’orchestre à cordes la console tandis qu’un meilleur avenir se profile. Quelques instants plus tard, l’enivrante ‘Danse du sabre’ célèbre le mariage de Gayaneh et son nouvel amour, le commandant Kazakov, dont les collègues couronnent le nouveau couple avec leurs sabres de cérémonie. Le ballet était dominé par les danses d’Arménie, de Géorgie et d’Ukraine, avec leur utilisation typiquement stylisée des mains et des bras. Qui sait ce que les Ballets russes et Ravel auraient pu faire de ce scénario si Gayaneh avait vu le jour 20 ans plus tôt ? Nous ne le saurons jamais, mais ce soir, nous pouvons laisser notre imagination faire… de multiples pirouettes.
Guillaume De Grieve
Traduction : Judith Hoorens
Gürzenich-Orchester Köln
Le Gürzenich-Orchester Köln est un orchestre allemand de premier plan, sur les scènes de concert comme dans la fosse à l’opéra. Fondé en 1827, il a, au fil de sa riche histoire, créé les œuvres de compositeurs tels que Brahms, Richard Strauss et Mahler. Il donne chaque année une cinquantaine de concerts à la Kölner Philharmonie ainsi que quelque 160 représentations d’opéra, en tant qu’orchestre attitré de l’Oper Köln. Par ailleurs orchestre de la ville de Cologne, le Gürzenich-Orchester recherche le contact avec la société, par le biais de projets avec des jeunes, des personnes âgées et des musiciens amateurs. Après François-Xavier Roth de 2015 à 2024, Andrés Orozco-Estrada sera à partir de la saison 2025-2026 maître de chapelle de l’orchestre et directeur musical de la ville de Cologne.
Emmanuel Tjeknavorian
Personnalité artistique polyvalente, le chef d’orchestre autrichien Emmanuel Tjeknavorian a d’abord été un violoniste talentueux ; il a décroché en 2015 la deuxième place de l’International Jean Sibelius Violin Competition et s’est produit sur les scènes de concert les plus renommées du monde. Il a par ailleurs dirigé divers orchestres, comme le Filarmonica della Scala, le hr-Sinfonieorchester, les Wiener Symphoniker, le Luzerner Sinfonieorchester et l’Orchestre national d’Île-de-France. Depuis 2024, il est le directeur musical de l’Orchestra Sinfonica di Milano. Tjeknavorian a enregistré plusieurs disques, tant au violon qu’à la direction, et s’est vu décerner en 2018 un OPUS Klassik Award dans la catégorie jeune artiste de l’année.
Bertrand Chamayou
Le pianiste français Bertrand Chamayou a étudié au Conservatoire de Paris auprès de Jean-François Heisser. Il joue régulièrement au Théâtre des Champs-Élysées à Paris, au Lincoln Center à New York et au Wigmore Hall à Londres, entre autres, ainsi que dans divers festivals, comme les Salzburger Festspiele, le Edinburgh International Festival et la Beethovenfest Bonn. Il se produit en soliste aux côtés d’orchestres tels que les Wiener Philharmoniker, le NHK Symphony Orchestra, le Cleveland Orchestra et le New York Philharmonic. Ses nombreux CD lui ont valu entre autres un ECHO Klassik (2016) et un Gramophone Award dans la catégorie enregistrement de l’année (2019). Il s’est en outre vu décerner à trois reprises une Victoire de la Musique dans la catégorie soliste instrumental de l’année
GÜRZENICH-ORCHESTER KÖLN
1. Violin
Natalie Chee
Arata Yumi
Elisabeth Polyzoides
Petra Hiemeyer
Anna Kipriyanova
Daniel Dangendorf
Nikolai Amann
Valentin Ungureanu
Evgenia Sverdlova
Marie-Noëlle Richard
Esther Hermann
Alicia Choi
2. Violin
Sergey Khvorostukhin
Marie Šparovec
Miyeon Lee
Martin Richter
Sigrid Hegers-Schwamm
Susanne Lang
Nathalie Streichardt
Joanna Becker
Anna van der Merwe
Ayane Okabe
Marina Hermida Rodríguez
Ernst Jan Vos
Viola
Öykü Canpolat
Mischa Pfeiffer
Bruno Toebrock
Annegret Klingel
Antje Kaufmann
Ina Bichescu
Rudi Winkler
Gerhard Dierig
Sarah Aeschbach
Felix Weischedel
Violoncello
Ulrich Witteler*
Jee-Hye Bae
Angela Chang
Franziska Leube
Daniel Raabe
Sylvia Borg-Bujanowski
Julian Bachmann
Maialen Eguiazabal Arruabarrena
Double bass
Christian Geldsetzer
Ertuğ Torun
Jason Witjas-Evans
Jon Mikel Martínez Valgañón
Daniel López Giménez
Pavel Hudec
Flute
Alja Velkaverh-Roskams
Rossana De Jesús Valente
Priska Rauh
Oboe
Thomas Hecker*
Ikuko Homma
Christopher Vettraino
Clarinet
Felix Löffler*
Andreas Oberaigner
Thomas Adamsky
Bassoon
Thomas Jedamzik
Victor König
Diane Mugot
Horn
Achille Fait
David Neuhoff
Andreas Jakobs
Jens Kreuter
Trumpet
Simon de Klein
Pierre Evano
Benedikt Neumann
Trombone
Aaron Außenhofer-Stilz
Carsten Luz
Jan Böhme
Tuba
Karl-Heinz Glöckner
Timpani
Robert Schäfer
Percussion
Alexander Schubert
Uwe Mattes
Christoph Baumgartner
Lukas Schrod
Christoph Lindner*
Harp
Antonia Schreiber
Saskia Kwast
Klavier/Celesta
Paulo Álvares*
Alto saxophone
Koryun Asatryan*
*Guests of the Gürzenich Orchestra
**Orchestra Academy of the Gürzenich Orchestra
Structural partners
Klara, KPMG
Event partners
Belfius, Interparking, Proximus
Cultural partners
Ancienne Belgique, Belgian National Orchestra, Bozar, Brussels Philharmonic, Flagey, Kaaitheater, Muntpunt, Passa Porta
Public funding
Nationale Bank, Nationale Loterij meer dan spelen, Stad Brussel, Visit Brussels, Vlaamse Gemeenschap
Media partners
BRUZZ, De Standaard, Knack, La Première, La Trois, Le Soir, Musiq3, Radio 1, Ring TV, Le Vif, VRT Eén, VRT Canvas, VRT Max
Festival suppliers
Daniel Ost, Drukkerij VD, Fruit at Work, Tarteletto, Victor Bozar Cafe
Patrons
Wim Bossens, Alex Brabers, Tania Seynhaeve & Jan Raes, Sophie Rutten