Livret de programme

Patricia Kopatchinskaja & Fazil Say performing together © Marco Borggreve

Patricia Kopatchinskaja & Fazil Say

Myths

21.03.2025 — 21:00
Bozar, Salle Henry Le Boeuf
Préface

Bienvenue au 20e Klarafestival !

 

Intitulée We Are Now, cette édition spéciale anniversaire rend hommage à l’instant présent, ici et maintenant. Et personne n'entre dans la magie de l'instant avec autant d’aplomb que la violoniste et compositrice moldave Patricia Kopatchinskaja, notre artiste du festival. Tout s’embrase au contact de celle qui voit chaque concert comme un nouveau départ, un moment d’abondance où tout peut encore arriver. En 2025, le Klarafestival dresse un portrait pluriel de Patricia Kopatchinskaja en tant que violoniste, compositrice et inspiratrice. 

 

Qui dit 20e anniversaire, dit occasion rêvée de lancer une nouvelle tradition : le temps d’une journée, le Mont des Arts se transforme en Mont des Musiques. Outre la programmation de concerts et de spectacles dans divers lieux, nous baptisons un tout nouvel ensemble, le Sound of Brussels Orchestra. 

 

Notre époque est pleine de défis qui inspirent d’ailleurs certains projets présentés lors du festival. Ils prouvent combien l'espoir peut se nicher entre les notes d'un Stabat Mater ou d'un Dies Irae. La musique a la capacité de nous émouvoir et de nous inspirer. Pour Patricia Kopatchinskaja, elle est tout sauf un sujet abstrait : « La musique est là pour qu'on en fasse quelque chose. Même si elle ne porte pas de message ou de fonction concrets, elle nous interpelle. Elle veut être entendue. Je ne crois pas à la musique absolue. Pas vraiment. »

 

Que la fête commence !

 

Joost Fonteyne, intendant

Jan Raes, président

Chantal Pattyn, manager réseau Klara        

Programme

Patricia Kopatchinskaja –  violin
Fazil Say – piano

 

Coproduction: Klarafestival, Bozar

 

Concert Ambassador: HVG & Partners BV

 

– 

 

Karol Szymanowski (1882-1937)

Mythes for violin and piano, Op. 30 

  • La fontaine d’Aréthuse 

  • Narcisse 

  • Dryades et Pan 

 

PatKop (1977)

UniSolo for Violin and Piano

I.

II. Leicht wie ein Hauch

III.

 

Fazil Say (1970) 

Lost Screams Sonata for violin and piano No. 3, Op. 119 (world premiere)

 

– interval – 

 

Ludwig van Beethoven (1770-1827) 

Sonata for violin and piano No. 9, Op. 47, ‘Kreutzer’ 

  • Adagio sostenuto – Presto 

  • Andante con variazioni 

  • Finale – Presto 

Clé d'écoute

« Une force de la nature, comme un volcan, un tremblement de terre ou un tsunami – une énergie fracassante qui incarne complètement la musique » : c’est ainsi que Patricia Kopatchinskaja décrit son complice Fazil Say. Ce qui relie les deux musiciens, au-delà de leur énergie, c’est leur esprit d’aventure, leur liberté et leur frivolité. Qu’ils interprètent un classique comme la Sonate à Kreutzer ou un morceau relativement peu connu comme Mythes, ils parviennent toujours à allier technicité et spontanéité. En écrivant chacun une composition tenant spécifiquement compte des qualités de l’autre, les deux musiciens démontrent de surcroît leur excellente complémentarité.

 

Par son univers musical mystérieux qui parle à l’imagination, Mythes de Karol Szymanowski a directement plu à Kopatchinskaja et Say, qui l’ont ajouté récemment à leur répertoire. Szymanowski considère Mythes comme l’une des premières œuvres à lui faire atteindre son style adulte. Ne pouvant pas s’appuyer sur une longue tradition musicale dans sa Pologne natale, il s’est tourné vers les impressionnistes français, notamment Debussy et Ravel, qui ont créé un style national propre de manière exemplaire. Szymanowski a combiné ces influences impressionnistes à son intérêt pour la mythologie et pour le pouvoir d’évocation de la musique, des ingrédients que nous retrouvons dans Mythes. Chacune des trois parties de l’œuvre évoque un récit de la mythologie grecque. Dans la première partie, « La Fontaine d’Aréthuse », le piano semble reproduire le son de l’eau s’écoulant de la source en laquelle s’était métamorphosée la nymphe Aréthuse pour échapper au dieu-fleuve Alphée. Dans la deuxième partie, « Narcisse », les accords statiques du piano représentent la surface miroitante de l’eau sur laquelle le violon déploie la mélodie dans tout son lyrisme. L’utilisation évidente des doubles cordes au violon répond à une volonté de créer un reflet de chaque note. La troisième partie, par son jeu de contrastes entre mystère et exubérance, représente l’interaction entre les dryades (nymphes des bois) et le dieu Pan. Pour que le mythe puisse mieux s’imaginer, Szymanowski demande au violon d’imiter la flûte de pan.

 

À l’occasion de ce concert, Fazil Say et PatKop (le pseudonyme de compositrice de Kopatchinskaja) proposeront chacun une composition personnelle. Avec sa Lost Screams Sonata, Say souhaite exprimer les crises et les angoisses qui hantent les artistes actuels, comme en témoignent les mélodies brutes, qui résonnent comme des cris intérieurs. Dans la puissance rythmique et les contrastes violents de la musique de Say, nous reconnaissons le style énergique et corporel que Kopatchinskaja apprécie tant chez lui. Dans UniSolo, PatKop recherche un juste milieu entre solo et duo : si le violon joue souvent le premier rôle, il est difficile de passer à côté des commentaires et des impulsions du piano. Dans la première partie, plus lente, les deux instruments tournent autour du la, chacun par son propre chemin, mais en se rejoignant toujours quand on ne s’y attend pas. La deuxième partie exprime une sorte de stagnation, sans pulsations rythmiques. En filigrane de cette partie, nous retrouvons un motif fantomatique qui semble planer entre les deux instruments. Dans la troisième et dernière partie, nous entendons la scène se transformer en plaine de jeux, conformément à l’idéal artistique de PatKop. Cette partie est émaillée d’éléments ludiques, comme de longs glissandos, des vibratos extrêmes au violon ainsi que des clusters de notes, voire des signaux évoquant le morse au piano. Détail frappant : lorsque Say et PatKop ont échangé leurs nouvelles œuvres respectives, ils étaient à ce point sur la même longueur d’onde que les finales de leurs compositions montraient des similitudes troublantes.

 

Avec la Sonate à Kreutzer de Ludwig van Beethoven, Say et Kopatchinskaja retournent aux origines de leur collaboration. Cette neuvième sonate de Beethoven doit son nom au violoniste français Rodolphe Kreutzer. Ce dernier n’a toutefois jamais joué l’œuvre : initialement, Beethoven avait dédié cette sonate à George Bridgetower, mais à la suite d’une dispute survenue après la première représentation du morceau, Beethoven a décidé de remplacer le nom de Bridgetower par celui de Kreutzer. Cette anecdote pour le moins mesquine n’a cependant jamais fait ombrage à la qualité de l’œuvre : aujourd’hui, cette sonate monumentale fait même partie du répertoire de base des violonistes et des pianistes. Comme souvent dans les œuvres de la période héroïque du compositeur, la Kreutzersonate, par sa monumentalité, traduit une ambition symphonique, malgré la modestie de la distribution instrumentale. Nous retrouvons dans la première partie une autre caractéristique de cette période de l’œuvre de Beethoven : les contrastes. Alors que le thème principal, expressif et tumultueux, rappelle la Troisième symphonie et la Cinquième, nous retrouvons plutôt dans l’introduction lente et le thème secondaire, plus intimistes, le compositeur des œuvres plus contemplatives, comme la Sonate au Clair de lune. Il en va de même dans la deuxième partie, qui exprime un contraste entre une série de variations insouciantes sur un thème plus doux, et la clôture exubérante et rapide qui prend la forme d’une tarentelle.

 

Robbe Beheydt

Traduction: Géraldine Lonnoy

Biographies

Patricia Kopatchinskaja

La violoniste et compositrice moldave Patricia Kopatchinskaja est connue pour ses programmes de concert innovants, souvent doublés d’une dimension théâtrale. Son goût de l’expérimentation s’exprime dans des approches originales du répertoire traditionnel et une prédilection pour la musique des XXe et XXIe siècles. Elle a ainsi collaboré avec des compositeurs contemporains tels que Luca Francesconi, Michael Hersch et György Kurtág. Elle a précédemment été artiste en résidence auprès des Berliner Philharmoniker et de l’Orchestre philharmonique de Radio France ainsi qu’au Barbican Centre à Londres. Elle a enregistré plus de 30 CD, dont La Jeune Fille et la mort avec le Saint Paul Chamber Orchestra, qui a remporté un Grammy Award en 2018.

 

Fazil Say

Le pianiste et compositeur turc Fazil Say s’est fait connaître au niveau international en 1994, lorsqu’il a remporté la Young Concert Artists International Audition à New York. Depuis lors, il s’est produit pratiquement dans le monde entier, et il a été artiste en résidence au Alte Oper Frankfurt, à la Konzerthaus Berlin, à la Wiener Konzerthaus et au Concertgebouw Amsterdam. Il est par ailleurs l’auteur de six symphonies, deux oratorios, plusieurs concertos et de nombreuses œuvres pour piano ou formation de chambre. Il forme un duo de musique de chambre avec Patricia Kopatchinskaja, à qui il a également destiné son Concerto pour violon. Ses nombreux enregistrements ont reçu à trois reprises un ECHO Klassik.

Extra

guided concert

20:00 Conversation avec Patricia Kopatchinskaja et Fazil Say, modérée par Katherina Lindekens (en anglais) — Salle Henry Le Boeuf

Partenaires

Structural partners

Klara, KPMG

Event partners

Belfius, Interparking, Proximus

Cultural partners

Ancienne Belgique, Belgian National Orchestra, Bozar, Brussels Philharmonic, Flagey, Kaaitheater, Muntpunt, Passa Porta

Public funding

Nationale Bank, Nationale Loterij meer dan spelen, Stad Brussel, Visit Brussels, Vlaamse Gemeenschap

Media partners

BRUZZ, De Standaard, Knack, La Première, La Trois, Le Soir, Musiq3, Radio 1, Ring TV, Le Vif, VRT Eén, VRT Canvas, VRT Max

Festival suppliers

Daniel Ost, Drukkerij VD, Fruit at Work, Tarteletto, Victor Bozar Cafe

Patrons

Wim Bossens, Alex Brabers, Tania Seynhaeve & Jan Raes, Sophie Rutten

Advertentie Proximus