Brooklyn Rider
Upon One Note
Bienvenue au 20e Klarafestival!
Intitulée We Are Now, cette édition spéciale anniversaire rend hommage à l’instant présent, ici et maintenant. Et personne n'entre dans la magie de l'instant avec autant d’aplomb que la violoniste et compositrice moldave Patricia Kopatchinskaja, notre artiste du festival. Tout s’embrase au contact de celle qui voit chaque concert comme un nouveau départ, un moment d’abondance où tout peut encore arriver. En 2025, le Klarafestival dresse un portrait pluriel de Patricia Kopatchinskaja en tant que violoniste, compositrice et inspiratrice.
Qui dit 20e anniversaire, dit occasion rêvée de lancer une nouvelle tradition : le temps d’une journée, le Mont des Arts se transforme en Mont des Musiques. Outre la programmation de concerts et de spectacles dans divers lieux, nous baptisons un tout nouvel ensemble, le Sound of Brussels Orchestra.
Notre époque est pleine de défis qui inspirent d’ailleurs certains projets présentés lors du festival. Ils prouvent combien l'espoir peut se nicher entre les notes d'un Stabat Mater ou d'un Dies Irae. La musique a la capacité de nous émouvoir et de nous inspirer. Pour Patricia Kopatchinskaja, elle est tout sauf un sujet abstrait : « La musique est là pour qu'on en fasse quelque chose. Même si elle ne porte pas de message ou de fonction concrets, elle nous interpelle. Elle veut être entendue. Je ne crois pas à la musique absolue. Pas vraiment. »
Que la fête commence!
Joost Fonteyne, intendant
Jan Raes, président
Chantal Pattyn, manager réseau Klara
Johnny Gandelsman – violin
Colin Jacobsen – violin
Nicholas Cords – viola
Michael Nicolas – cello
Coproduction: Klarafestival, Flagey
Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791)
String Quartet No. 19 in C Major, KV 465 ‘Dissonanzen’
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Adagio – Allegro
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Andante cantabile
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Menuetto. Allegro
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Allegro molto
Henry Purcell (1659-1695)
Fantasia Upon One Note
Betsy Jolas (1926)
Quatuor III, ‘9 Études’
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Bowing
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Vibrato
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Aleatory Structures
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Trills and Bowed Tremolo
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Harmonic
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Multiple Stops
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Aleatory Structures Around a Held C
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Pizzicati
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Summing Up
– interval –
Arvo Pärt (1935)
Solfeggio
Johannes Brahms (1833-1897)
String Quartet No. 1 in C Minor, Op. 51 No. 1
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Allegro
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Romanze: Poco adagio
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Allegretto molto moderato e comodo
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Allegro
Brooklyn Rider’s Upon One Note : What you C is what you get
Vous êtes-vous déjà demandé où prend naissance un quatuor à cordes ? D’un point de vue purement technique, au do grave (C dans la notation musicale allemande), la corde la plus épaisse de l’instrument le plus gros – et donc le plus grave – de cette formation de quatre instruments, le violoncelle. Dans le programme Upon One Note, Brooklyn Rider fait l’éloge de cette assisse : le do comme fondement acoustique de l’univers sonore du quatuor à cordes. Les quatre musiciens ont élaboré un florilège englobant trois cents ans de musique et réunissant des œuvres ayant pour facteur commun le do pour tonique. Le thème est simple, mais quelle diversité dans le développement!
Le dix-neuvième quatuor en do majeur (KV 465, 1785) de Wolfgang Amadeus Mozart (1756-1791) symbolise l’âge d’or du quatuor à cordes classique. C’est le sixième et dernier mouvement d’une série de quatuors que le compositeur a dédiés à son révéré collègue Joseph Haydn (1732-1809). Ce projet lui tenait vraisemblablement à cœur : dans sa dédicace à Haydn, il appelle ses quatuors à cordes ses « fils » et le « fruit d’un long et pénible travail ». Mozart conçut cette série comme une succession d’expérimentations : avec le genre du quatuor à cordes, avec les contrastes dynamiques ou encore avec les frontières de l’harmonie, via l’emploi ajusté de chromatismes et de dissonances. Celles-ci caractérisent tout particulièrement le KV 465, d’où son surnom de « Dissonanzen ».
Mozart cherchait la controverse en faisant commencer son « quatuor des dissonances » par un do répété au violoncelle, pour aussitôt saper le plaisir harmonique en élaborant note après note des accords discordants : les frottements de cette célèbre introduction lente allaient amorcer une décennie de débats. La presse se fit l’écho d’anecdotes. « On dirait que la partition est truffée de fautes », écrivirent les critiques. La rumeur courut que les éditions viennoises Artaria avaient renvoyé les parties séparées au compositeur pour qu’il les corrige avant publication. Haydn, au contraire, fut séduit. Ayant entendu l’œuvre à Vienne en 1785, il témoigna de son profond respect à son jeune collègue, le qualifiant du « plus grand » – d’après une lettre de Leopold Mozart.
Un siècle plus tôt, de l’autre côté de la Manche, alors que le quatuor à cordes ne forme pas encore un genre bien défini, Henry Purcell (1659-1695) couche lui aussi sur le papier une série de dos pour sa Fantasia Upon One Note (v. 1680). L’instrument ténor joue un do toute la durée de la pièce, initialement destinée à cinq violes de gambe. Les autres instruments entre-tissent soigneusement leurs lignes mélodiques autour de ce noyau central, selon les règles du contrepoint.
Dans son Quatuor III, « 9 Études » (1973), la compositrice franco-américaine Betsy Jolas (*1926) s’inspire de l’œuvre de Purcell. Sa pièce comprend neuf études brèves, qui explorent chacune une technique spécifique du quatuor à cordes, comme le pizzicato, le vibrato et les sons flûtés. Dans la septième étude, « Aleatory structures around a held C », un instrument tient un do tandis que les autres brodent des « structures aléatoires ». Si Purcell s’exerçait au contrepoint, Jolas écrit selon des principes compositoriels de la seconde moitié du XXe siècle, ceux de la musique aléatoire, qui implique une part de hasard (en latin, alea veut dire « dé ») : si le do est fixé, les instruments ont toute liberté pour exécuter le matériau qui leur est assigné – chaque interprétation est donc unique.
En explorant diverses techniques de composition, le compositeur estonien Arvo Pärt (1935) recherche quant à lui une nouvelle simplicité. Solfeggio (1963) est la première composition de Pärt pour chœur à quatre voix (SATB) a capella – ici transposée pour quatuor à cordes. Le titre en dit long : la pièce repose sur la gamme de do majeur, à la manière d’une leçon de solfège. Les pupitres entonnent chacun leur tour, à des octaves différentes, un nouvel intervalle de la gamme. Les notes sont tenues, faisant naître des accords qui de temps à autre, comme si c’était le fruit du hasard, atteignent une harmonie céleste.
Johannes Brahms (1833-1897) était quant à lui réputé pour ne rien laisser au hasard, et assurément pas dans son monumental premier quatuor à cordes en do mineur, op. 51 n° 1 (1873). Il a donc mis du temps à noter cette œuvre, notamment en raison de son célèbre combat contre l’ombre d’une autre pointure, Ludwig van Beethoven (1770-1827). Il redoutait la comparaison, tout particulièrement dans le genre devenu prépondérant du quatuor à cordes, et prétendant même entendre « les pas d’un géant » derrière lui. Cette admiration presque paralysante allait se muer en hommage, précisément dans la tonalité significative de do mineur – celle que Beethoven employait dans des œuvres très dramatiques, comme sa Cinquième symphonie et sa dernière sonate pour piano. Le ton de do mineur est d’ailleurs aussi celui de la Première symphonie de Brahms, achevée en 1876 après de nombreuses années de travail.
Le premier quatuor à cordes de Brahms présente un caractère particulièrement intense et agité. Le premier mouvement est propulsé par un élan rythmique constant, qui ne laisse guère de répit. Cette force motrice s’apaise un peu dans le deuxième mouvement, une « Romance » qui ne quitte jamais vraiment le domaine de la mélancolie et de l’exploration. Le soleil perce à nouveau dans la section intermédiaire du troisième mouvement, aux lignes mélodiques descendantes caractéristiques. Autre élément distinctif de l’œuvre de Brahms : la puissante cohérence des motifs, comme en témoigne l’impétueux finale, dont l’élan ascendant rappelle le motif d’ouverture du premier mouvement.
Dans ce programme réunissant cinq œuvres de styles fort différents, le do fonctionne tantôt comme un pôle et un refuge, tantôt comme un hommage ou encore comme une invitation à la controverse. Leur écho résonnera longtemps après le concert.
Hannah Aelvoet
Traduction : Émilie Syssau
Brooklyn Rider
Le quatuor à cordes américain Brooklyn Rider s’est ainsi nommé en hommage à Der Blaue Reiter, un groupe d’artistes du début des années 1920 qui militait pour une vision novatrice de l’avenir de l’art. Il se donne d’ailleurs pour mission d’insuffler une nouvelle vie au quatuor à cordes à l’aide d’un répertoire éclectique et moderne. Le quatuor joue des œuvres de commande de compositeurs comme Du Yun, Matana Roberts et Caroline Shaw. Il a enregistré en 2011 l’intégrale des quatuors à cordes de Philip Glass, par la suite complétée de ses quatuors plus récents. L’ensemble a également réalisé des disques avec la mezzo-soprano Anne Sofie von Otter, la chanteuse de jazz Magos Herrera ou encore le violoniste de musique traditionnelle irlandaise Martin Hayes.
Structural partners
Klara, KPMG
Event partners
Belfius, Interparking, Proximus
Cultural partners
Ancienne Belgique, Belgian National Orchestra, Bozar, Brussels Philharmonic, Flagey, Kaaitheater, Muntpunt, Passa Porta
Public funding
Nationale Bank, Nationale Loterij meer dan spelen, Stad Brussel, Visit Brussels, Vlaamse Gemeenschap
Media partners
BRUZZ, De Standaard, Knack, La Première, La Trois, Le Soir, Musiq3, Radio 1, Ring TV, Le Vif, VRT Eén, VRT Canvas, VRT Max
Festival suppliers
Daniel Ost, Drukkerij VD, Fruit at Work, Tarteletto, Victor Bozar Cafe
Patrons
Wim Bossens, Alex Brabers, Tania Seynhaeve & Jan Raes, Sophie Rutten