Livret de programme

Wynton Marsalis playing the trumpet

Jazz at Lincoln Center Orchestra & Wynton Marsalis

Democracy!

29.03.2025 — 20:00
Bozar, Salle Henry Le Boeuf
Préface

Bienvenue au 20e Klarafestival!

 

Intitulée We Are Now, cette édition spéciale anniversaire rend hommage à l’instant présent, ici et maintenant. Et personne n'entre dans la magie de l'instant avec autant d’aplomb que la violoniste et compositrice moldave Patricia Kopatchinskaja, notre artiste du festival. Tout s’embrase au contact de celle qui voit chaque concert comme un nouveau départ, un moment d’abondance où tout peut encore arriver. En 2025, le Klarafestival dresse un portrait pluriel de Patricia Kopatchinskaja en tant que violoniste, compositrice et inspiratrice. 

 

Qui dit 20e anniversaire, dit occasion rêvée de lancer une nouvelle tradition : le temps d’une journée, le Mont des Arts se transforme en Mont des Musiques. Outre la programmation de concerts et de spectacles dans divers lieux, nous baptisons un tout nouvel ensemble, le Sound of Brussels Orchestra. 

 

Notre époque est pleine de défis qui inspirent d’ailleurs certains projets présentés lors du festival. Ils prouvent combien l'espoir peut se nicher entre les notes d'un Stabat Mater ou d'un Dies Irae. La musique a la capacité de nous émouvoir et de nous inspirer. Pour Patricia Kopatchinskaja, elle est tout sauf un sujet abstrait : « La musique est là pour qu'on en fasse quelque chose. Même si elle ne porte pas de message ou de fonction concrets, elle nous interpelle. Elle veut être entendue. Je ne crois pas à la musique absolue. Pas vraiment. »

 

Que la fête commence!

 

Joost Fonteyne, intendant

Jan Raes, président

Chantal Pattyn, manager réseau Klara       

Programme

Jazz at Lincoln Center Orchestra – big band 

Wynton Marsalis – trumpet, composition

 

Coproduction: Klarafestival, Bozar

 

Wynton Marsalis (1961) 

The Democracy! Suite featuring The Jazz at Lincoln Center Orchestra Septet

  • Be Present 

  • Sloganize, Patronize, Realize, Revolutionize (Black Lives Matters)

  • Ballot Box Bounce 

  • That Dance We Do (That You Love Too) 

  • Deeper than Dreams 

  • Out Amongst the People (for J Bat)

  • It Come ‘Round ‘Gin

  • That’s When All Will See 


– interval – 


Jazz at Lincoln Center Orchestra with Wynton Marsalis 

Selected works 

Clé d'écoute

Pour la troisième journée consécutive, nous accueillons Wynton Marsalis (1961, Nouvelle-Orléans). Chacun de ces concerts nous donne un aperçu de sa personne. En effet, Marsalis est bien plus qu’un trompettiste et un compositeur de jazz à succès. Il saisit toutes les occasions de faire découvrir le jazz de manière ludique et narrative à des publics de tous âges. Jeudi, il a donné un concert pédagogique exclusif destiné aux écoles bruxelloises, tandis qu’hier, en collaboration avec le Belgian National Orchestra, deux de ses œuvres classiques ont été interprétées. Ses goûts musicaux étendus vont du flamenco avec (le regretté) Paco De Lucía à la salsa avec Rubén Blades, en passant par la country avec Willie Nelson, mais avec la musique classique comme fil rouge. Marsalis a d’ailleurs aujourd’hui quatre symphonies et deux concertos à son actif, et a enregistré pas moins de onze albums de répertoire classique pour trompette, de Haendel à Hindemith. Ce soir, c’est le jazz pur-sang qui est à l’honneur, avec une sélection d’œuvres centrées sur ses ensembles : le Jazz at Lincoln Center Orchestra (JLCO) et le septet qui en est issu.

 

Quand les notes s’expriment plus que les mots

C’est ce septet qui ouvrira ce concert avec The Democracy! Suite, une œuvre en huit mouvements de Marsalis. En tant que personnalité publique, Marsalis reste prudent quant aux déclarations polémiques sur la politique américaine actuelle. Cela dit, il ose prendre les positions sociales nécessaires à travers sa musique, en particulier lorsqu’elles touchent à ce qu’il considère comme les valeurs fondamentales du jazz : la démocratie, la liberté, la coopération et l’optimisme, même face à l’adversité. Il a donc écrit cette suite en 2020, au cœur d’une pandémie qui a fait des victimes dans le monde entier, mais surtout aux États-Unis. Marsalis se place ainsi dans une longue tradition de musiciens de jazz qui, certains avec plus de force que d’autres, ont protesté musicalement contre l’état des choses. Il s’agissait principalement de réagir à la situation des Noirs américains dans une nation aux prises avec l’héritage de l’esclavage, de la ségrégation et du racisme institutionnalisé. Citons par exemple Fables of Faubus (1959) de Charles Mingus, la Freedom Suite (1960) de Sonny Rollins ou les nombreuses compositions de Duke Ellington célébrant son peuple My People), de Black Beauty (1928) à The Afro-Eurasian Eclipse (1971). Marsalis a fait sien le principe consistant à « rendre hommage au lieu de protester », mais cela ne l’empêche pas de s’exprimer parfois de manière plus explicite, comme dans The Democracy! Suite.

 

« Be Present » ouvre cette suite avec une bonne dose de swing, en hommage, écrit Marsalis, aux nombreuses personnes restées à leur poste tout au long de la pandémie. Musicalement, ce mouvement tend à rappeler le hard bop d’Art Blakey and the Jazz Messengers, le groupe avec lequel Marsalis, alors âgé de dix-neuf ans, a fait ses premiers pas professionnels dans le jazz. Avec « Sloganize, Patronize, Realize, Revolutionize (Black Lives Matters) », il nous catapulte dans l’atmosphère des années soixante, avec des échos du John Coltrane Quartet. Comme dans A Love Supreme, où la basse et le saxophone scandent le titre sans mot dire, ici, « Black Lives Matter » est chanté par les cuivres comme un réquisitoire musical contre la pandémie de brutalité policière. La contestation est également bien présente dans « Ballot Box Bounce ». Aussi enjouée et légère que la musique puisse paraître, son message est très clair : la démocratie est en danger. Le groove et les rythmes sont au cœur de « That Dance We Do (That You Love Too) », dans lequel Marsalis s’inspire de la diversité rythmique de la musique de protestation. Et qui dit protestation, dit chants et danses. Cela aussi, c’est résister. La balade blues « Deeper Than Dreams » nous rappelle ceux qui nous avons perdus suite au Covid-19, mais auxquels nous n’avons pas toujours pu dire adieu. Le tambourin fait son apparition dans « Out Amongst the People (for J Bat) ». Ce J Bat, c’est le pianiste Jon Batiste, célèbre pour son rôle dans le Late Show with Stephen Colbert. Son combat permanent pour la liberté est une source d’inspiration pour Marsalis. « It Come ‘Round ‘Gin » évoque à nouveau l’ambiance de Blakey. Coïncidence ou non, ce mouvement parle de la façon dont l’histoire se répète. Ou s’agit-il plutôt des gens qui se répètent eux-mêmes, comme l’affirme l’historien Geoffrey Ward ? The Democracy! Suite se termine de manière festive, évoquant les parades de la Nouvelle-Orléans. Marsalis conclut donc sur une note pleine d’espoir. Il n’ignore ni les divisions, ni ceux qui détournent le regard, ni la propagande qui crée l’illusion que le malheur frappe seulement les autres. Mais il voit qu’en période de catastrophe, les gens s’unissent et espère que « That’s When All Will See ».

 

Une vision ouverte sur l’avenir

La deuxième partie de ce concert relève encore de l’inconnu à l’heure où nous imprimons ce texte. Nous savons que le septet se transformera en un big band complet, mais les morceaux que le JLCO jouera, vous les découvrirez avec nous. Il est tout à fait possible que le programme soit déterminé le soir-même. Un défi que le JLCO relèvera haut la main car depuis sa création en 1992, il s’est en effet constitué un immense répertoire, allant du répertoire swing canonique d’Ellington et de Count Basie aux arrangements pour big band de légendes du jazz telles que Max Roach et John Lewis, en passant par les propres œuvres de Marsalis et ses musiciens. Avec un calendrier bien rempli, le JLCO voit défiler de nombreuses partitions et est toujours prêt à plonger dans son vaste répertoire. Quoi qu’il en soit, avec Marsalis à la barre, nous nous trouvons à la croisée de la tradition et du modernisme. Ou, comme il l’a dit lui-même, « nous essayons d’embrasser à la fois l’héritage et l’avenir du jazz, afin que l’histoire du jazz soit présente dans ce qui est joué aujourd’hui ».

 

Matthias Heyman

Traduction : Judith Hoorens

Biographies

Jazz at Lincoln Center Orchestra

Le Jazz at Lincoln Center Orchestra est un bigband et orchestre de jazz américain dirigé par Wynton Marsalis. Il a vu le jour en 1988 à la suite d’une série de concerts Classical Jazz au Lincoln Center et il est depuis une composante fixe de Jazz at Lincoln Center, une organisation new yorkaise qui ambitionne de renforcer la communauté jazz par le biais de concerts, de formations et d’un soutien financier. L’ensemble se produit en concert au Lincoln Center, en tournée aux États-Unis et dans le monde, se rend dans les écoles et collabore avec des orchestres symphoniques. Le Jazz at Lincoln Center Orchestra a enregistré des dizaines d’albums, qu’il publie depuis 2015 sous son propre label, Blue Engine Records.

 

Wynton Marsalis

Wynton Marsalis est un trompettiste et compositeur américain. Après une jeunesse musicale à La Nouvelle Orléans, il entame en 1979 des études de musique classique à la Juilliard School à New York. L’appel du jazz l’entraîne rapidement sur une autre voie : il interrompt ses études pour une tournée avec The Jazz Messengers, le groupe du percussionniste Art Blakey, puis se produit en solo. Marasalis a enregistré plus de cent albums de jazz et de musique classique, donné des concerts dans le monde entier et remporté neuf Grammy Awards ; il est le premier à avoir reçu, en 1997, un prix Pulitzer pour une composition de jazz, avec son oratorio Blood on the Fields. Il est le directeur artistique du Jazz at Lincoln Center depuis 1991.

Extra

late night jamm

22:00 séance de jam avec Frank Vaganée (saxophone), Sam Gerstmans (contrebasse) & Teun Verbruggen (batterie) — Bozar, Terarken

Image retirée. Entrée uniquement sur présentation d’un ticket pour le concert à 20h

Membres d’orchestre et/ou choeur

JAZZ AT LINCOLN CENTER ORCHESTRA

Wynton Marsalis - Music Director, Trumpet

Ryan Kisor -Trumpet

Kenny Rampton -Trumpet

Marcus Printup - Trumpet

Vincent Garnder -Trombone

Chris Crenshaw - Trombone

Elliot Mason - Trombone

Sherman Irby - Alto and Soprano Saxophones, Flute, Clarinet

Alexa Tarantino - Alto and Soprano Saxophones, Flute, Clarinet

Chris Lewis -Tenor and Soprano Saxophones, Clarinet, Bass Clarinet

Abdias - Armenteros - Tenor and Soprano Saxophones, Clarinet

Paul Nedzela - Baritone and Soprano Saxophones, Clarinet, Bass Clarinet

Isaiah J. Thompson - Piano

Carlos Henriquez - Bass

Obed Calvaire -Drums

Partenaires

Structural partners

Klara, KPMG

Event partners

Belfius, Interparking, Proximus

Cultural partners

Ancienne Belgique, Belgian National Orchestra, Bozar, Brussels Philharmonic, Flagey, Kaaitheater, Muntpunt, Passa Porta

Public funding

Nationale Bank, Nationale Loterij meer dan spelen, Stad Brussel, Visit Brussels, Vlaamse Gemeenschap

Media partners

BRUZZ, De Standaard, Knack, La Première, La Trois, Le Soir, Musiq3, Radio 1, Ring TV, Le Vif, VRT Eén, VRT Canvas, VRT Max

Festival suppliers

Daniel Ost, Drukkerij VD, Fruit at Work, Tarteletto, Victor Bozar Cafe

Patrons

Wim Bossens, Alex Brabers, Tania Seynhaeve & Jan Raes, Sophie Rutten

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