Livret de programme

Sound of Brussels Orchestra performing

Sound of Brussels Orchestra

City Vibrations

22.03.2024 — 14:30
KMSKB, Auditorium 490
Préface

Bienvenue au 20e Klarafestival !

 

Intitulée We Are Now, cette édition spéciale anniversaire rend hommage à l’instant présent, ici et maintenant. Et personne n'entre dans la magie de l'instant avec autant d’aplomb que la violoniste et compositrice moldave Patricia Kopatchinskaja, notre artiste du festival. Tout s’embrase au contact de celle qui voit chaque concert comme un nouveau départ, un moment d’abondance où tout peut encore arriver. En 2025, le Klarafestival dresse un portrait pluriel de Patricia Kopatchinskaja en tant que violoniste, compositrice et inspiratrice. 

 

Qui dit 20e anniversaire, dit occasion rêvée de lancer une nouvelle tradition : le temps d’une journée, le Mont des Arts se transforme en Mont des Musiques. Outre la programmation de concerts et de spectacles dans divers lieux, nous baptisons un tout nouvel ensemble, le Sound of Brussels Orchestra. 

 

Notre époque est pleine de défis qui inspirent d’ailleurs certains projets présentés lors du festival. Ils prouvent combien l'espoir peut se nicher entre les notes d'un Stabat Mater ou d'un Dies Irae. La musique a la capacité de nous émouvoir et de nous inspirer. Pour Patricia Kopatchinskaja, elle est tout sauf un sujet abstrait : « La musique est là pour qu'on en fasse quelque chose. Même si elle ne porte pas de message ou de fonction concrets, elle nous interpelle. Elle veut être entendue. Je ne crois pas à la musique absolue. Pas vraiment. »

 

Que la fête commence !

 

Joost Fonteyne, intendant
Jan Raes, président
Chantal Pattyn, manager réseau Klara

Programme

Alejandra Borzyk – saxophone  

Imane Guemssy – voice, guembri 

Simon Leleux – percussion 

Vitja Pauwels – guitar 

Akram Ben Romdhane – oud

Mostafa Taleb – kamancheh 

Louise van den Heuvel – bass 

Kaito Winse – voice, flute, percussion 

 

Under the guidance of Fabrizio Cassol and Adèle Viret 

 

Coproduction: Klarafestival, Molenbeek for Brussels 2030, GC De Vaartkapoen, MetX, Bruxelles Musiques Migrantes (BruMM) 

Clé d'écoute

La sonorité polymorphe de Bruxelles

 

À quoi ressemblerait un orchestre s’il était inventé aujourd’hui à Bruxelles ? Comment « sonne » la ville la plus cosmopolite d’Europe ? Telle est la question qui, en ce premier dimanche soir de l’année, réunit huit musiciens bruxellois dans l’accueillante cafétéria du centre communautaire De Vaartkapoen. Le Klarafestival les a invités à entreprendre un parcours de plusieurs années en quête des sonorités de Bruxelles, sous l’accompagnement inspirant de Fabrizio Cassol et Adèle Viret. Le temps d’une semaine, ils créeront un répertoire flambant neuf au cours d’une résidence à De Vaartkapoen.

 

Mais d’abord, un repas pour faire connaissance. Certains musiciens ont déjà joué ensemble ou connaissent leur travail respectif, mais chacun d’eux se retrouve face à au moins un nouveau visage. C’est par ailleurs une distribution inhabituelle, voire unique, qui est réunie ici : un oud, un kamânche, une guitare électrique, une basse électrique, des percussions, un guembri, une flûte de l’ouest de l’Afrique et un saxophone. Huit personnes, (au moins) autant de traditions, de pratiques et de visions musicales – un échantillon de l’extrême diversité de Bruxelles. Comment faire converser autant de voix différentes ? Avec sensibilité peut-être. L’air est empli de vibrations positives, de la curiosité d’un nouveau départ. Une fois les plats commandés, les discussions vont bon train. Kaito Winse entonne une chanson. La glace est brisée.

 

Le lendemain, le travail commence vraiment. Rassemblés dans la grande et lumineuse salle de répétition de De Vaartkapoen, les musiciens se disposent en cercle sur les tapis persans qui délimitent la scène. Pas de temps à perdre : Fabrizio Cassol demande à chacun de se présenter par un bref solo. Exception faite de la guitare et de la basse électriques, tous les instruments doivent se faire entendre dans leur version acoustique – la voix nue de chaque instrument donne à comprendre avec quelle urgence parle chaque artiste.

 

« Venez avec une idée, propose ensuite Cassol, pas plus. » Une mélodie se dessine. Mais chercher des liens ? Adopter une tonalité commune ? Ils n’en sont pas encore là. Chaque univers doit rester distinctement audible. Une première idée musicale maintient le groupe dans une « boucle » sans fin. La barre est haute : il n’y a pas de demi-mesure. Il faut imiter parfaitement le phrasé, faire mouche ensemble, et se fondre dans l’atmosphère ambiante. Ce n’est qu’une fois ce défi relevé que l’on passe au musicien suivant. Car c’est précisément de cela dont il est question : aller au-devant des autres, entrer dans leur univers musical et bâtir ensemble quelque chose de nouveau. La phrase formée ensemble porte l’ADN de chaque musicien. Pour Cassol, ces fragments mélodiques sont comme des portes ouvertes vers l’intimité de chacun. Il encourage les musiciens à « vraiment ouvrir chaque porte ».

 

Cet exercice donne le ton du reste de la semaine. Cette façon de travailler englobe tout : l’aptitude à écouter, le respect, la précision, la créativité, la générosité et la modestie. L’atmosphère de travail contrôlée est régulièrement interrompue par des éclats de rire. Durant les pauses repas, les musiciens consolident les liens autour de plats revigorants. On rit beaucoup, on se prend dans les bras. La rencontre se fait autant entre artistes qu’entre individus.

 

Après cette première phase, Fabrizio Cassol et Adèle Viret changent de cap. « Maintenant, on joue tous ensemble. Essayez tout ce que vous voulez essayer. » Le groupe s’abandonne à une improvisation captivante. Les idées s’enchaînent sans effort, comme si elles étaient déjà présentes dans l’air, attendant qu’on les décroche. On remarque aussitôt toute la force du matériau musical. Partant de cette première improvisation, les musiciens élaborent un morceau qui reste fidèle aux idées initiales tout en allant plus loin « qu’un simple jam ». De nouvelles inventions surgissent ici et là. Les musiciens discutent, affinent leurs transitions, s’arrêtent parfois sur des modes ou des structures rythmiques difficiles. Adèle Viret surveille étroitement la cohésion.

 

Durant une semaine, l’écoute et le respect sont au cœur du travail. Pas de chef qui prenne le dessus, pas de groupe qui fasse bande à part. Chacun trouve sa place. Régulièrement, l’un ou l’autre décide de cesser de jouer un instant, et de laisser une idée s’exprimer de façon plus limpide. Ce groupe semble remarquablement mature. Chaque fois que nous entrons dans la salle de répétition, nous sommes enveloppés de nouveaux univers musicaux et de nouveaux timbres – tout en percevant des échos des premières idées, qui se nichent dans l’ensemble à la manière des pièces d’un puzzle.

 

Dès qu’une séquence est ciselée, les musiciens reprennent de précédentes suggestions avec Fabrizio. Aucune idée n’est mise de côté, car chacune véhicule une intuition juste. Le morceau s’étoffe : non pas en juxtaposant simplement des idées, mais en les entremêlant soigneusement les unes aux autres. Les musiciens réussissent avec brio, sur un fil ténu : ils jouent pleinement le moment, sans perdre de vue la structure du morceau. Cassol commente : « L’émotion vient au premier plan, mais il faut une architecture. La conscience de l’architecture rend la pièce plus forte. »

 

La semaine de résidence touche à son terme. Avant de se quitter, les musiciens proposent une répétition générale. Le cercle, le cocon protégé au sein duquel ils ont partagé et développé en toute intimité leur matériau musical, s’ouvre pour adopter une position de concert. Voilà tout juste sept jours qu’ils se sont rencontrés autour d’un repas. Ils sont maintenant prêts à partager leur univers musical avec un public d’amis, de partenaires et d’habitants du quartier. Une cinquantaine de personnes assistent à cette avant-première. Et dès que le concert commence, au son fragile du kamânche, un glissement s’opère. La concentration qui a régné toute la semaine dans la salle de répétition se communique au public. Quelque chose vibre qui est plus que la seule musique. Quelque chose de l’ordre de la sensibilité. Une écoute bienveillante qui dépasse la seule écoute musicale. L’humanité.

 

Le public entend une musique inédite, qui s’enracine dans tous les quartiers de la ville, et bien au-delà. Pendant les cinquante minutes que dure le voyage, les musiciens brossent l’identité polymorphe de Bruxelles. L’univers sonore de l’ensemble est remarquablement chaleureux, en partie grâce aux effets de pédale inventifs de Vitja Pauwels. Ici et là, les musiciens se trouvent dans des duos surprenants. Qui aurait pensé que le kamânche (Mostafa Taleb) et le saxophone soprano (Alejandra Borzyk) se complétaient si bien ? C’est aussi cela, Bruxelles : effacer les cloisons apparentes en favorisant la véritable rencontre. Tantôt les musiciens se trouvent dans le collectif, tantôt ils s’expriment dans des solos implorants, comme celui de Louise van den Heuvel à la basse. Les percussions nuancées de Simon Leleux captent la pulsation sans cesse changeante de la ville. Mais Akram Ben Romdhane au oud ou Imane Guemssy au guembri apportent aussi le groove, superposent les rythmes. La composition témoigne d’une certaine audace à défier chacun, mais la démarche initiale reste généreuse. La musique vibre, parle, chante, respire, chuchote. On parle plus de cent langues à Bruxelles. L’une d’elles est le mooré, la langue de Kaito Winse. Il chante tout en jouant de la flûte. Où s’arrête un son et où commence le suivant ?

 

Puis c’est un tonnerre d’applaudissements. Les musiciens, l’équipe et le public fraternisent autour d’un verre. Est-ce donc cela le son de Bruxelles ? Et est-on à présent face à un orchestre ? Les langues se délient, les voix, les opinions abondent et, comme si souvent à Bruxelles, vont de pair avec une grande écoute. La volonté d’entendre quelque chose de totalement différent. Un nouveau son.

 

Esther De Soomer & Hélène Delaporte 

Traduction: Albert Edelman & Émilie Syssau 

 

Biographies

Fabrizio Cassol 

Fabrizio Cassol est un compositeur et saxophoniste belge. Il a fondé en 1992 Aka Moon, un trio de jazz empruntant son nom aux Aka, un peuple d’Afrique centrale dont il a intensément étudié la musique. Cassol s’est également inspiré de diverses cultures musicales au gré de collaborations avec les musiciens Oumou Sangaré, Baba Sissoko, U.K. Sivaraman ou encore Doudou N’Diaye Rose. Depuis 2015, il dirige Medinea, un projet du Festival d’Aix-en-Provence réunissant de jeunes musiciens du Bassin méditerranéen. Cassol a également collaboré avec le compositeur Philippe Boesmans, le metteur en scène Luc Bondy et les chorégraphes Faustin Linyekula, Alain Platel et Anne Teresa De Keersmaeker. 

 

Adèle Viret 

Adèle Viret est une violoncelliste et compositrice polyvalente. Elle réalise des projets éclectiques, passant aisément de l’improvisation au jazz et aux musiques du monde et associant la musique à d’autres disciplines comme la danse, la littérature et le théâtre. Le premier projet de son Adèle Viret Quartet, Close to the Water, lui a valu d’être lauréate de Jazz Migration en 2023 et de l’Euroradio Jazz Competition en 2024. Elle a collaboré avec de célèbres artistes comme le flûtiste Magic Malik, le saxophoniste Fabrizio Cassol, le percussionniste B.C. Manjunath et le trompettiste Amir Elsaffar, et ses divers projets l’ont menée sur les scènes jazz de France, de Belgique, des Pays-Bas, d’Italie et du Portugal.

 

Alejandra Borzyk 

La saxophoniste, compositrice, performeuse et autrice belgo-espagnole Alejandra Borzyk est installée à Bruxelles. Elle explore, dans une perspective féministe, le lien entre improvisation et genre, sexualité et identité. Depuis 2022, elle dirige le groupe bodies, avec lequel elle a sorti deux disques, et travaille actuellement à son premier album solo. Elle mène en outre depuis 2023 un projet en solo, mêlant saxophone, art de la respiration et mouvement. Elle participe en outre à des productions telles que I’m not done cooking de la pianiste Lara Humbert et PASSIO de Maribeth Diggle et Lucie de Saint Vincent.

 

Imane Guemssy

L’une des premières femmes à pratiquer le gnaoua, un genre musical marocain, Imane Guemssy est un symbole de courage et de détermination dans un domaine de tout temps dominé par les hommes. Portée par son extraordinaire talent et sa passion, elle a dévoilé la riche histoire de cette culture musicale aux générations futures, faisant fi des barrières culturelles et sociales. Depuis son installation à Bruxelles, Guemssy est ambassadrice de la gnaoua en Belgique et en Europe. Elle se produit aussi bien en soliste qu’au sein de formations telles que Tsoukina, un groupe de gnaoua entièrement féminin qui joue des arrangements de chants traditionnels, et Kokriya, un groupe de fusion-gnaoua contemporaine également féminin.

 

Simon Leleux

Simon Leleux est un percussionniste belge spécialiste du doholla, de la darbouka et autres instrumentes et styles de percussion arabes et du Moyen Orient. Il se produit en tant que soliste, artiste freelance, compositeur et directeur artistique. Il a développé une connaissance et une maîtrise technique parfaites de plusieurs répertoires (arabe, ottoman, Balkan, indien, etc.). Il a partagé la scène avec le saxophoniste Fabrizio Cassol, le joueur de ney Kudsi Erguner, Ross Daly, le trompettiste Ibrahim Maalouf, le chanteur Khaled Alhafez, le violoniste Tcha Limberger, les chanteuses Claron McFadden et Ghalia Benali ou encore Ugur Önür. Il est aussi membre fondateur des ensembles spëcht et Auster Loo. Son premier album solo, Letter to Levent, est sorti en 2021.

 

Vitja Pauwels

Le guitariste bruxellois Vitja Pauwels est fasciné depuis son plus jeune âge par la musique classique, le rock, le jazz, le roots et la musique électronique. Il a étudié la guitare jazz au Conservatoire royal d’Anvers puis a exploré la musique électronique. Il a sorti deux albums solistes, Day at Half Speed (2019) et Drift By/Sink in (2022), et s’est produit sur diverses scènes : Flagey, De Roma, Ancienne Belgique, Gent Jazz et Brussels Jazz Weekend. En 2024, il a sorti avec son groupe Early Life Forms un premier album homonyme. Figure de proue de Bombataz, Pauwels a par ailleurs collaboré avec les chanteuses Naima Joris et An Pierlé, le percussionniste Teun Verbruggen, le guitariste Marc Ribot et le Brussels Jazz Orchestra.

 

Akram Ben Romdhane

Akram Ben Romdhane est un musicien, compositeur et professeur tunisien. Il a étudié l’oud à l’Institut supérieur de musique de Tunis et le violon au Conservatoire royal de Bruxelles. Il double cette pratique d’un doctorat en musicologie consacré aux pratiques violonistiques des XVIIIe et XIXe siècles. Parfaitement à l’aise dans plusieurs styles de musique (classique, arabe, traditionnelle, ou encore jazz), Ben Romdhane a collaboré avec des ensembles tels que le Cadence Quartet, l’Ensemble Orchestral de Tunisie et l’Orchestre symphonique tunisien. Joueur d’oud au sein d’Aleph Quintet, il contribue à une alliance unique entre jazz et musique d’Afrique du Nord.

 

Mostafa Taleb

Le joueur de kamancheh, compositeur et professeur iranien Mostafa Taleb est installé depuis 2016 à Bruxelles. En tant que directeur artistique d’Orpheus XXI, il a collaboré avec le célèbre musicien Jordi Savall. Cherchant à associer son instrument traditionnel à des moyens contemporains, il a travaillé avec des musiciens de la scène jazz, folk, classique et électronique. Il a cofondé les ensembles Argha/Nun et About That Magic Circle, qui fusionnent les traditions musicales perses et européennes. Il a signé la musique de films et de spectacles de théâtre, et sorti trois albums : Chapelle de Verre (2022), Unity (2024) et About That Magic Circle (2025).

 

Louise Van den Heuvel

Louise Van den Heuvel est une bassiste et compositrice néerlandaise. Elle mène une quête inlassable de sons innovants en puisant dans le jazz contemporain, la musique électronique et l’improvisation. Elle a partagé la scène avec le rappeur Zwangere Guy, le percussionniste Lander Gyselinck, la chanteuse STACE, le Bruno Vansina Trio et The Gallands. Elle a en outre fondé le trio de jazz électronique Dishwasher. Elle a sorti en 2024 son premier album, la version au disque de Sonic Hug, un projet qu’elle a entièrement composé et qu’elle a enregistré et donné en concert en compagnie du pianiste Hendrik Lasure, du batteur Daniel Jonkers et du saxophoniste Sam Comerford. Van den Heuvel enseigne la basse électrique à la LUCA School of Arts Leuven.

 

Kaito Winse

Kaito Winse est un musicien polyvalent du Burkina Faso, installé à Bruxelles. Chanteur et multi-instrumentiste, il joue tour à tour de la calebasse, de l’arc de bouche, de la flûte fulani, de la kora et du tama, un tambour imitant la voix humaine. Ce griot à la voix chantée ensorcelante donne vie à des messages intemporels avec l’intensité d’un chanteur lyrique. Outre son activité soliste, Winse a longtemps collaboré avec l’auteur français Tartar(e) ; il est membre du groupe de punk noise expérimental Avalanche Kaito. Son premier album solo KALADOUNIA, accueilli avec enthousiasme en 2020, est suivi en 2025 de l’album Reele Bumbou, un voyage à travers la musique et les traditions, aux textes profonds et méditatifs.

Partenaires

Structural partners

Klara, KPMG

Event partners

Belfius, Interparking, Proximus

Cultural partners

Ancienne Belgique, Belgian National Orchestra, Bozar, Brussels Philharmonic, Flagey, Kaaitheater, Muntpunt, Passa Porta

Public funding

Nationale Bank, Nationale Loterij meer dan spelen, Stad Brussel, Visit Brussels, Vlaamse Gemeenschap

Media partners

BRUZZ, De Standaard, Knack, La Première, La Trois, Le Soir, Musiq3, Radio 1, Ring TV, Le Vif, VRT Eén, VRT Canvas, VRT Max

Festival suppliers

Daniel Ost, Drukkerij VD, Fruit at Work, Tarteletto, Victor Bozar Cafe

Patrons

Wim Bossens, Alex Brabers, Tania Seynhaeve & Jan Raes, Sophie Rutten

Advertentie Nationale Loterij