Minguet Quartett
Luigi Nono 100
Le célèbre Minguet Quartett fête le centenaire de Luigi Nono en interprétant Fragmente-Stille, an Diotima. Inspiré des vers du poète Hölderlin à sa fiancée, ce quatuor à cordes explore les tréfonds de l’âme humaine. Un entrelacs subtil de chuchotis, de distorsions et de mélodies fugaces se déploie jusqu’à l’extrême limite de la perceptibilité. Même les silences ont leur mot à dire. De prime abord, cette œuvre radicale bouscule les interprètes et les auditeurs, mais si l’on s’abandonne au monde sensuel de Nono, on en ressort transformé.
Le compositeur italien a cependant fait du neuf avec de l’ancien. Pour ses Fragmente-Stille, il s’est inspiré de la « scala enigmatica » à la base de l’Ave Maria de Verdi, et d’un quatuor à cordes de Beethoven. Juste avant la fin, Nono cite une chanson d’Ockeghem, puisant ainsi dans les racines de l’histoire de la musique.
Programme
Johannes Ockeghem (ca. 1410-1497)
Chansons
Giuseppe Verdi (1813-1901)
‘Ave Maria. Enigmatic scale harmonised for 4 mixed voices’, tiré de Quattro pezzi sacri
Ludwig van Beethoven (1770-1827)
‘Heiliger Dankgesang eines Genesenen an die Gottheit, in der lydischen Tonart’, tiré de String Quartet No. 15 in A Minor, Op. 132
Luigi Nono (1924-1990)
Fragmente-Stille, an Diotima
image © Irene Zandel