Livret de programme

ICTUS

Ictus, Contrechamps, Tarek Halaby & Nina Guo

Liquid Room X: Robert Ashley

17.03.2024 — 15:00
Préface

Bienvenue à la dix-neuvième édition du Klarafestival! Le thème Crossroads – Come Together illustre à merveille la rencontre entre le public, les artistes et leurs concerts inspirants. Un lieu de convergence où le gratin de la musique classique internationale engage le dialogue avec des créations fortes et des talents émergents.

 

L’inspiratrice de cette édition n’est autre que l’artiste Claron McFadden. « Je me trouve à un carrefour où les styles et les générations se croisent, se rencontrent et se heurtent », confie-t-elle. C’est ce constat qui a tissé la trame du programme.  Le Klarafestival est comme refuge où règnent l’espoir, le concert des voix et la beauté sous toutes ses formes. Un lieu où le familier prend un nouveau sens et où les nouvelles expériences nous submergent. 

 

Jan Raes, président

Joost Fonteyne, intendant

Chantal Pattyn, manager Klara

Programme

Ictus – ensemble 

Contrechamps  – ensemble 

Nina Guo – voice 

Tarek Halaby – voice 

 

Coproductie: Klarafestival, Ictus, Kaaitheater

In collaboration with: Maison de la Poste

With the support of: The Swiss Arts Council Pro Helvetia

 

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Robert Ashley (1930-2014)

Tap Dancing in the Sand 

Excerpt from Perfect Lives: 

– Act 3: The Bank (Victimless Crime)

Excerpt from The Improvement: 

– The Indifference Text 

 

Sarah Nemtsov (1980) 

Implicated Amplification 

 

Jessie Cox (1995)

New work, commissioned by Contrechamps & Ictus 

 

Laurie Anderson (1947)

O Superman 

 

Tom Johnson (1939)

Rational Melodies X & XV 

 

Jennifer Walshe (1974) 

Tri Amhrán (Three Songs)

 

Bryn Harrison (1969)

Five Miniatures in three parts

Clé d'écoute

Liquid Room
… c’est notre petite fierté à nous 

Liquid Room, ce sont ces soirées multi-podiums et poly-stylistiques que nous donnons depuis 2009 dans toute l’Europe. Vous pouvez aller et venir, vous asseoir sur de petits tabourets en carton ou rester debout. Nous passerons d’une scène à l’autre sans transition, alternant différents types de jeu, qui convoquent différents types d’écoute.
      

Robert Ashley

… l’inconnu célèbre 

Rappelez-vous : en 1983, Peter Greenaway réalisait un important documentaire en quatre parties, très engagé subjectivement, intitulé Four American Composers. Aux côtés de Philip Glass et John Cage, tous deux déjà très célèbres à ce moment, le film pointait l'importance de Meredith Monk et de Robert Ashley dans le développement de la musique américaine. C'est ce dernier nom qui nous arrête aujourd’hui, ainsi que son œuvre insaisissable, littérairement sans doute la plus ambitieuse de toutes.

Animateur du fameux Once Festival, qui vit le jour dans le Michigan dans les années 1960, Ashley a réussi à créer une plateforme où cohabitaient et rivalisaient l’esprit Fluxus, la performance (Lucinda Childs, Steve Paxton), la musique de chambre contemporaine et le punk (on a pu y voir passer les Stooges d'Iggy Pop, dans leur forme embryonnaire). Il nommait son propre style en germe « Music with Roots in the Aether », avant que ne l’emporte l'appellation « minimaliste ». Dans la construction de son œuvre, Ashley a témoigné d’une grande liberté, au fil d’un travail mené collectivement, très éloigné des modes de travail de l’opéra classico-moderniste.

 

Daydream

… ou ‘rêve éveillé’ 

L'œuvre d'Ashley des années 1980 offre, avec une certaine perfection stylistique, le meilleur témoignage de ce que l'on a pu appeler le moment ‘postmoderne’. ‘Je pense qu'il n'y a plus guère d'héroïsme’, disait Ashley — une déclaration qui le rapproche d'Andy Warhol. Et en effet : pas de place pour le Héros dans ces ‘opéras’ paradoxaux, mais des récits individuels, une myriade de petits personnages issus d’une Middle America archétypale.

Ashley se prétendait par ailleurs atteint d'un léger syndrome de Tourette, qui lui faisait produire une surabondance de paroles involontaires, proliférantes, avec de nombreux niveaux de signification. C'est à partir de cette littérature mineure qu'il a empiriquement établi les trois éléments qui ont réglé son inimitable style : l'usage du microphone qui capte les plus subtiles intonations de la voix parlée ; une culte pour la haute vitesse (‘l'anglais ne sonne pas bien s’il est ralenti’, disait-il) ; et enfin, l'attitude indifférente du parfait dandy.

Alors, le miracle se produit : la prose des vies non-héroïques se transcende en Aetheral Music, en états modifiés de conscience. ‘Je me projette dans une sorte de rêve éveillé lorsque j’entends la parole placée sur de la musique’, disait Robert Ashley.

 

Re-création
Ce n'est qu'aujourd'hui que nous nous sentons prêts à nous plonger dans l'œuvre énigmatique d'Ashley, épais fourre-tout composé d'instructions verbales, de séquences de prose, d'enregistrements, de cassettes vidéo, de progressions d'accords et de notation traditionnelle. Toucher avec justesse à l'esprit de son œuvre exige beaucoup d’investissement personnel, un sens poussé de ce que peut signifier ‘interprétation’ et un véritable effort collectif de re-création. Il existe toutefois pour s’orienter une incontestable boussole : la musicalité de la voix parlée. Pour ce faire, nous avons invité deux voix remarquables : la soprano, reporter et créatrice de radio Nina Guo, basée à Berlin ; et le danseur et performeur Tarek Halaby, basé à Bruxelles.
     

A Theatre of Voices
Pour aller directement au vif du sujet, nous avons décidé de nous lancer dans le matériel le plus riche et le plus emblématique produit par Robert Ashley : sa série télévisée en sept parties, Perfect Lives, produite en 1983 avec le vidéaste John Sanborn. Décrite comme une promenade sur quelques hauts lieux du paysage mental américain — le Parc, le Supermarché, l'Église, la Banque — et sur les vies ordinaires de ses habitants, capturant la plus pure langue vernaculaire américaine, cette série qui fait la part belle à l’expérimentation vidéo est généralement considérée comme un précurseur de ce que développera l'art télévisuel dix ans plus tard.

 

Mais, tout comme nous avons récemment proposé une nouvelle version de l'opéra de Philip Glass, Einstein on the Beach, en nous concentrant sur le seul spectacle des musiciens au travail, nous abordons Perfect Lives d'Ashley sous un angle strictement musical et performatif, en mettant l'accent sur le théâtre des voix, en tant qu’il produit de nouvelles images acoustiques du corps.

 

Partners in crime
À partir de ce canevas, nous proposerons en contrepoint des œuvres plus récentes, plus ‘composées’ de Robert Ashley, interprétées par l'ensemble suisse Contrechamps, nos invités d'honneur pour cette nouvelle Liquid Room. 

 

Sur Jessie Cox     

Jessie Cox est un batteur, compositeur et chercheur suisse afrodescendant. Il termine un doctorat à la Columbia University. Il a travaillé avec le Sun Ra Arkestra, l'Ensemble Modern, le JACK Quartet. Son tryptique, spécialement commissionné pour ce concert, s'inscrit à sa manière dans notre Théâtre des Voix en faisant parler deux acteurs aux modes d'existence paradoxaux : des oiseaux d'espèces récemment disparues, dont il nous reste l’enregistrement des chants ; et le talking drum — ou tambour à parole.

 

Voici ce que le compositeur dit de ces pièces : 

 

«  The Drum is a Tree et Re(mnants) : of Woods and Skins sont deux pièces qui abordent, par le biais de la musique, l’interconnexion de la crise climatique et du racisme antinoir. La fonction de la musique, ici, est de nous ouvrir à de nouvelles possibilités, des avenirs impensés et encore impossibles. Le tambour sert de modèle et de métaphore à cette reconfiguration mentale. Dans son être matériel même, le tambour est fait de bois et de peaux de bétail, ou d'animaux sauvages. La dévalorisation et l'interdiction des tambours, qui ont accompagné et accompagnent toujours ces formes d'extinction que sont le colonialisme, l'esclavage et l'exploitation capitaliste, trouvent leur analogie dans la destruction de nos environnements et de nos vies, humaines comme non humaines. Le tambour, c’est aussi un son vivant et — comme toutes les vies, les cristallisations de vie, les manières d’être au monde et de faire sonner le monde que ces crises anéantissent — le son du tambour nous dit qu’il est en danger. Mais que pourrait-il se passer si nous le musiquions à nouveau, si le son des tambours était à nouveau valorisé et que nous changions la valeur à lui accorder ? En tant qu'héritiers des survivants d'événements de multiples extinctions, il nous est donné de repenser, non seulement la façon dont nous habitons le monde et vivons avec le monde, mais aussi ce que nous pouvons faire de ce nous. » 

 

Sur Jennifer Walshe    

En 2016, un réseau international et informel de compositeurs publiait une série de courts manifestes autour de l’appellation New Discipline. Ces artistes (James Saunders, David Helbich, Matthew Shlomowitz, Neele Hülcker, François Sarhan, Jessie Marino, Steven Takasugi, Natacha Diels, Jennifer Walshe, entre autres) décrivaient une série de traits où se retrouvait une nouvelle génération d’artistes musiciens : entrée en force des modes de pensée de l’art conceptuel ; travail autour des problématiques écologiques, décoloniales et  queer ; le passage de « l’excellence informatique » à toutes les formes populaires de la vie digitale ; et éventuellement et selon les tempéraments, l’humour, le kitsch, l’esthétique du bricolage. Jennifer Walshe, d’origine irlandaise, poursuit avec les « Three Songs » le projet un peu borgésien d’une encyclopédie imaginaire de la culture irlandaise. On se souvient de ses faux documentaires sur un grand mouvement Dada irlandais, parfaitement virtuel. Dans les Three Songs, elle s’aide de l’Intelligence Artificielle pour recréer de toutes pièces un folklore de synthèse.

 

Sur Tom Johnson 

Témoin privilégié de l'avant-garde américaine des années 1970, dont témoignent ses chroniques dans The Village Voice — et par là co-responsable, avec Michael Nyman, de l'appellation ‘minimalisme’ aujourd'hui contestée —, Johnson est aussi un compositeur à la voix tout à fait singulière. Sans jamais s'aider de la moindre machine, il a mis au point une musique algorithmique ‘faite main’ d'une radicale élégance. Chacune de ses pièces répond, en toute musicalité, à un problème logique, mathématique ou topologique. La Rational Melody X est une combinatoire systématique sur 3 X 3 notes, et elle a le parfum de perfection d'un prélude de Bach. Plus ambitieuse, la Rational Melody XV construit une mélodie fractale – lisez-la telle quelle, ou en ne prenant qu'une note sur deux, ou sur quatre, ou sur huit ou seize : c'est toujours la même mélodie.

 

Sur Bryn Harrison 

À l'heure où le ‘style minimaliste’ est en passe de devenir l'art néo-pompier de notre temps, rien n'est plus rafraîchissant que de se plonger dans les étranges systèmes répétitifs de Bryn Harrison, qui sont restés connectés aux plus puissantes intuitions des avant-gardes américaines (nous pensons par exemple à Morton Feldman) : transfigurer la perception par la désorientation de la mémoire. 

 

Bryn Harrison : « La répétition pure ne change rien à l'objet lui-même, mais change quelque chose à l'esprit qui le contemple. [M]es œuvres traitent explicitement des aspects de la durée et de la mémoire à travers lesquels la répétition approximative et la répétition à l'identique s'unissent, tout du long, en étroite complicité, pour fournir à l'auditeur des points d'orientation et de désorientation. »

 

Sur Sarah Nemtsov 

Née en 1980, Sarah Nemtsov a développé une oeuvre abondante et violente (déjà plus de 150 compositions !), où l'électronique, bien souvent, se met au service d'un onirisme inquiet. Elle écrivait un jour ceci au sujet d'une autre partition, qui collera parfaitement à celle d'aujourd'hui  : « Je voulais un son terreux, avec de la poussière et de la saleté, de la boue, des pierres, une matière organique d’un autre sol que celui sur lequel on vit. »

 

Sur Laurie Anderson

O Superman fait partie du grand cycle multimedia United States. Ce spectacle long de huit heures, composé et interprété par Laurie Anderson, a été créé à Brooklyn il y a déjà plus de quarante ans, en 1983. Il a marqué son temps : à la fois monumental et ostensiblement bricolé, il est composé de vidéos et d’images fixes de type PowerPoint, de musique d’avant-garde et de pop, de textes parlés, de performance gestuelle et d’électronique ludique. Le film du spectacle est aujourd’hui projeté en boucle dans le cadre de la collection permanente du MoMA à New York. 

 

O Superman s’appuie sur un subtil et vénéneux poème alternant les fausses pistes et les retournements. Il s’ouvre avec un humour délicieux : il semble que la mère de Superman veuille prendre des nouvelles et laisser un message sur le répondeur automatique de son héros de fils. Superman a affaire à une mère-poule : c’est un ressort comique ! Mais la voix de « Mom » change rapidement de nature. Elle devient bientôt La Voix tout court, The Voice, une inquiétante figure de l’Autre, à la fois douce, insinuante et anonyme : « Well, you don't know me, but I know you ». Sur le répondeur de Superman, The Voice insiste ensuite pour laisser un message bien précis : « Prépare-toi, les avions arrivent, les avions américains ». L’auditeur comprend alors que la voix de Mom n’est peut-être rien d’autre que la voix de l’Amérique elle-même, le vague patriotisme qui demeure « lorsque la justice s’en est allée » : « So hold me, Mom, in your long arms, in your automatic arms, your electronic arms, your petrochemical arms, your military arms.»

 

Envoi 

Merci d’être venu.e.·s au Théâtre des Voix ! Venez nous parler à la fin du show, si vous le voulez, et n’emportez pas nos précieux tabourets !

 

Ictus & Contrechamps 

Biographies

Ictus

L’ensemble bruxellois de musique contemporaine Ictus est fondé en 1994 pour être le partenaire musical attitré de la compagnie de danse Rosas. Réunissant plusieurs solistes spécialisés en musique expérimentale, Ictus noue une collaboration structurelle avec des formations de plus grande taille, dont le Brussels Philharmonic et le Collegium Vocale Gent. L’ensemble mêle sans cesse musique moderniste, expérimentale et alternative. Il est réputé pour ses formats de concert non conventionnels, entre musique, théâtre et danse. Il a déjà collaboré avec des chorégraphes tels qu’Anne Teresa De Keersmaeker, Wim Vandekeybus, Fumiyo Ikeda et Eleanor Bauer et avec des compositeurs tels que Toshio Hosokawa, Steve Reich et Gavin Bryars.

 

Contrechamps

Spécialisé dans l’interprétation et le développement de la musique contemporaine, l’ensemble suisse Contrechamps tente de toucher un large public. Pour ce faire, il explore de nouvelles formes de concerts (installations, concerts interactifs ou concerts radiodiffusés). Il édite aussi des revues et des monographies consacrées à certains compositeurs ou œuvres. Contrechamps a assuré les créations de plusieurs compositeurs de renom, dont György Kurtág, Heinz Holliger, Isabel Mundry et Rebecca Saunders. Il s’est produit dans une foule de festivals internationaux, dont le Festival d’automne à Paris, le Festival de Salzbourg, le Festival de Lucerne et la Biennale de Venise.

 

Nina Guo

La soprano Nina Guo se consacre à la musique contemporaine, l’improvisation et les projets interdisciplinaires. Elle collabore notamment avec l’Ensemble Ascolta, l’Ensemble Modern et le Decoder Ensemble et fait partie de l’ensemble de théâtre musical Opera Lab Berlin. Nina Guo aime aussi travailler en binôme : elle forme un duo d’improvisation avec Auguste Vickunaite (musique électronique) et le Departure Duo avec Edward Kass (contrebasse), spécialisé dans le répertoire contemporain. Elle collabore aussi avec la plasticienne Leonie Brandner, pour le projet MOSSOPERA, mariant installation et opéra. L’humour et la radio occupent une place importante dans les œuvres de Nina Guo. Citons par exemple son programme radio The Entertainment, une émission de variétés décalée sur Cashmere Radio.

 

Tarek Halaby

Danseur, interprète et chorégraphe palestino-américain, Tarek Halaby étudie la danse à l’université d’Iowa. Il commence sa carrière sur les scènes de danse new-yorkaises avant de poursuivre sa formation au P.A.R.T.S. de Bruxelles. Tarek Halaby a participé à une foule de projets de danse, théâtre, télévision et cinéma. Il a notamment collaboré avec les chorégraphes Miguel Gutierrez, Martin Zimmerman et Anne Teresa De Keersmaeker et avec le metteur en scène Manu Riche. Il fait des tournées internationales où il interprète ses œuvres mêlant le mouvement, les textes et le chant dans des spectacles où l’identité (artistique) fait souvent écho à la politique. 

 

Robert Ashley 

Compositeur américain, Robert Ashley (1930-2014) est mondialement connu pour ses projets multidisciplinaires d’opéra et de théâtre musical. Dans les années 1960 et 1970, il était l’une des figures de proue des collectifs de musique expérimentale comme ONCE Group et Sonic Arts Union. Il a composé des musiques pour les troupes de danse de Merce Cunningham, Trisha Brown et Steve Paxton. Robert Ashley est surtout considéré comme le pionnier de l’opéra télévisé. Perfect Lives (1984), un opéra en sept actes d’une demi-heure, en est l’exemple le plus célèbre. Le tissu de narrations absurdes, les thématiques typiquement américaines et l’interaction entre musique, image et parole sont autant d’éléments qui font l’originalité de ce genre d’opéra. 

 

Jessie Cox

Compositeur et batteur suisse, Jessie Cox associe les influences de la musique classique contemporaine, du jazz expérimental et de l’art sonore. Inspiré par l’afrofuturisme, il explore sans cesse de nouveaux territoires sonores dans ses œuvres, qualifiées de « science-fiction musicale ». Il collabore avec des ensembles comme le Sun Ra Arkestra, le Los Angeles Philharmonic, l’Ensemble Modern et le JACK Quartet. Ses œuvres ont été jouées sur plusieurs scènes internationales, notamment le Festival de Lucerne, le MaerzMusik et l’Opéra Omaha. Jessie Cox a reçu des commandes de composition et bénéficie du soutien de la part de la Fromm Music Foundation, de l’Ernst von Siemens Musikstiftung et de New Music USA.

 

Jennifer Walshe

Compositrice et chanteuse irlandaise, Jennifer Walshe est l’une des voix les plus originales de la musique contemporaine. Ses compositions sont jouées dans le monde entier par des orchestres et des ensembles tels que l’Arditti Quartet, le Klangforum Wien, le Nadar Ensemble, l’Ensemble Resonanz, le BBC Scottish Symphony Orchestra et le National Symphony Orchestra of Ireland. La voix occupe souvent une place prépondérante dans ses œuvres. Elle-même interprète, elle explore de nouveaux territoires sonores en association avec d’autres instruments. Elle a souvent recours à l’intelligence artificielle, citons par exemple ULTRACHUNK (2018), qui met en scène une version d’elle-même générée par l’IA. Actuellement, Jennifer Walshe enseigne la composition à l’université d’Oxford.

 

Bryn Harrison

L’œuvre du compositeur britannique Bryn Harrison est entièrement placée sous le signe de sa fascination pour le temps. Ses longues compositions aux structures répétitives et cycliques procurent une perspective acoustique exclusive. Citons par exemple l’œuvre pour ensemble Surface Forms (repeating) (2009), dont le tempo et la densité amènent l’auditeur à percevoir le temps autrement. Ses œuvres plus récentes s’intéressent à la relation entre musique et mémoire, par exemple dans son Quintette pour piano (2017), où les motifs vont et viennent lentement. Les compositions de Bryn Harrison ont notamment été interprétées par l’Ensemble Recherche, le Klangforum Wien, ELISION, le London Sinfonietta et le London Symphony Orchestra.

 

Sarah Nemtsov

Compositrice allemande, Sarah Nemtsov étudie le hautbois et la composition à la Hochschule für Musik de Hanovre. Elle se spécialise en composition à l’Universität der Künste Berlin sous la direction de Walter Zimmermann. Son catalogue comporte quelque 150 compositions, dont des œuvres orchestrales, des opéras, de la musique électronique et des musiques de film. Sarah Nemtsov associe plusieurs influences dans ses compositions, alternant entre musique Renaissance, musique baroque, jazz et rock. Elle mêle souvent la musique avec d’autres formes d’art. Ses œuvres ont notamment été interprétées par le hr-Sinfonieorchester, le Basel Sinfonietta, l’Ensemble Musikfabrik, l’Ensemble Intercontemporain et l’Arditti Quartet. Depuis 2022, elle enseigne la composition à l’université Mozarteum de Salzbourg.

 

Tom Johnson

Tom Johnson est un compositeur américain. Au terme de ses études à l’université de Yale, il s’est installé à New York afin de suivre des cours particuliers avec Morton Feldman. Tout en faisant ses débuts de compositeur dans les années 1970, il a également travaillé comme critique musical pour The Village Voice. À ce titre, il a été le premier à utiliser le terme « musique minimaliste », qu’il appliquera plus tard à ses propres compositions. Son œuvre repose sur des processus logiques et mathématiques qui sont souvent expliqués expressément par le texte parlé ou chanté. Son vaste œuvre comprend des compositions pour divers instruments solistes, de la musique de chambre et plusieurs opéras.

 

Laurie Anderson

Laurie Anderson est notamment compositrice, interprète, auteure, réalisatrice et artiste visuelle. Elle est considérée comme l’une des artistes américaines les plus novatrices. Elle est réputée pour ses projets multimédias, son utilisation inventive de la technologie et ses outils expérimentaux. Elle s’est fait connaître du grand public avec son single O Superman (1981), qui a été suivi de sept autres albums studio. Laurie Anderson a présenté son travail pratiquement dans le monde entier au cours de plusieurs tournées internationales. Elle a reçu de nombreuses nominations et récompenses pour ses films et ses albums, dont plusieurs prix de carrière et un Grammy pour Landfall (2018), une collaboration avec le Kronos Quartet.

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Brussels Hoofdstedelijk Gewest, Nationale Bank, Nationale Loterij-meer dan spelen, Vlaamse Gemeenschap, Vlaamse Gemeenschapscommissie

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Maison De La Poste, Fruit at Work, Levi Party Rental, Drukkerij Bosmans, Café Victor, Brussels Booking Desk, Ray & Jules, Maison Dandoy

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