Livret de programme

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[derniers tickets] Dionysos Now!

Passion for.by Willaert

23.03.2024 — 20:00
Sint-Jacob-op-de-Koudenbergkerk
Préface

Bienvenue à la dix-neuvième édition du Klarafestival! Le thème Crossroads – Come Together illustre à merveille la rencontre entre le public, les artistes et leurs concerts inspirants. Un lieu de convergence où le gratin de la musique classique internationale engage le dialogue avec des créations fortes et des talents émergents.

 

L’inspiratrice de cette édition n’est autre que l’artiste Claron McFadden. « Je me trouve à un carrefour où les styles et les générations se croisent, se rencontrent et se heurtent », confie-t-elle. C’est ce constat qui a tissé la trame du programme.  Le Klarafestival est comme refuge où règnent l’espoir, le concert des voix et la beauté sous toutes ses formes. Un lieu où le familier prend un nouveau sens et où les nouvelles expériences nous submergent. 

 

Jan Raes, président

Joost Fonteyne, intendant

Chantal Pattyn, manager Klara

Programme

Dionysos Now! – ensemble 

Tore Tom Denys – musical direction, tenor  

Franz Vitzthum – countertenor

Bernd Oliver Fröhlich – tenor

Julian Podger – tenor 

Tim Scott Whiteley – bass-baritone  

Joachim Höchbauer – bass 

Catalina Vicens – harpsichord 

 

Coproduction: Klarafestival, Bozar

 

– 

György Ligeti (1923-2006)

Hungarian Rock

 

Adriaan Willaert (1490-1562)

Passio Domini Jesu Christi secundum Joannem – 

 

György Ligeti

Continuum

 

Adriaan Willaert 

Passio Domini Jesu Christi secundum Joannem (sequel) 

 

Enríquez de Valderrábano (ca. 1500-after 1557) after Adriaan Willaert 

Pater Noster

Clé d'écoute

Nombreux sont ceux qui associent immédiatement la Passion selon saint Jean au chef-d'œuvre du même nom écrit par Jean-Sébastien Bach en 1724. Cependant, de nombreux autres compositeurs, avant et après Bach, ont raconté la Passion de Jésus selon l'apôtre Jean. Les premiers manuscrits médiévaux montrent que la Passion selon saint Jean était chantée lors des célébrations de la messe du Vendredi saint dès le neuvième siècle de notre ère. Un millénaire plus tard, ce texte continue d'inspirer les compositeurs. Arvo Pärt et Herbert Collum, entre autres, l'ont mis en musique. La Passion selon saint Jean au programme de ce soir date des années 1550. Les musicologues ont longtemps débattu de l'identité du compositeur de cette œuvre, les sources du XVIe siècle l'attribuant à la fois à Adriaan Willaert et à Cipriano de Rore. Aujourd'hui, il semble toutefois que les musicologues s'accordent de plus en plus à dire qu’elle est de la main de Willaert.

 

Adriaan Willaert est vraisemblablement né à Bruges vers 1490. Comme c'est souvent le cas pour les compositeurs de l'époque, on sait très peu de choses sur sa formation musicale. Avant de se consacrer entièrement à la musique, Willaert aurait entamé des études de droit à l'université de Paris. Après avoir travaillé pendant une dizaine d'années comme chanteur à la cour du cardinal Ippolito d'Este et du duc Alfonso d'Este, Willaert fut nommé maître de chapelle à la célèbre basilique Saint-Marc de Venise en 1527. En tant que tel, il dirigeait le chœur lors des célébrations religieuses qui avaient lieu dans la basilique. Il semble que Willaert ait composé une grande partie de sa musique religieuse spécifiquement pour les célébrations à Saint-Marc. Willaert devait également être un excellent professeur. En effet, nombre de ses élèves devinrent par la suite des compositeurs réputés dans la péninsule italienne. En 1562, Willaert mourut à Venise après des années de maladie et de douleurs physiques.

 

Willaert laisse un héritage musical considérable incluant de nombreux genres vocaux religieux et profanes du XVIe siècle : messes et motets latins, mélodies françaises et madrigaux italiens. Bien que Willaert se soit consacré presque exclusivement à la musique vocale en tant que compositeur, il est également considéré comme une figure centrale dans le développement de la musique instrumentale du XVIe siècle. En général, la musique de Willaert se caractérise par un ton sérieux et profond. Ce caractère musical est en partie façonné par une préférence pour la polyphonie complexe, qui donne à chaque voix sa propre identité mélodique et rythmique. Cependant, il a également composé des œuvres vocales dans lesquelles il s'est éloigné de cette polyphonie complexe au profit de l'homophonie. Dans ce cas, les voix individuelles sont en grande partie homorythmiques et évoluent de manière synchrone. La Passion selon saint Jean en est un excellent exemple.

 

Le texte de la Passion selon saint Jean de Willaert est tiré des 18e et 19e chapitres de l'Évangile selon Jean. L'histoire commence dans le jardin où Judas et une foule de soldats romains et de grands prêtres enragés rencontrent Jésus et l'emprisonnent. Après avoir été interrogé par les grands prêtres, Jésus est présenté à Ponce Pilate, l'administrateur romain de la province juive, qui est seul habilité à le condamner à mort. Bien que Pilate n’estime pas Jésus coupable, les Juifs exigent la libération du criminel Barabbas et demandent la crucifixion de Jésus. La Passion selon saint Jean de Willaert se termine par l'image de la croix sur laquelle est suspendu le corps sans vie de Jésus. Il perd du sang et de l'eau à cause de la blessure infligée par une lance romaine.

Pour l'interprétation musicale de cette histoire, Willaert utilise un ensemble a cappella composé d'une soprano, de deux altos, de deux ténors et d'une basse. Afin de fournir un équivalent musical au drame de l'histoire, Willaert associe les différents personnages de l'histoire à des combinaisons vocales spécifiques. La basse et le ténor jouent le rôle de Jésus, tandis que la soprano et l'alto interprètent les rôles de Ponce Pilate et de l'apôtre Pierre, entre autres. L'ensemble complet interprète les rôles de différents groupes de personnes. La combinaison la plus courante est le chœur à quatre voix, composé d'une soprano, d'une alto, d'un ténor et d'une basse, qui se charge de la voix narrative.  

 

Comme nous l'avons déjà mentionné, dans sa Passion selon saint Jean, Willaert opte principalement pour un tissu musical homophonique. Les rares moments où il écrit dans un style polyphonique plus complexe sont étroitement liés à la structure et au contenu du texte. En effet, Willaert annonce souvent la fin d'une phrase ou d'une section de texte par de courts passages polyphoniques. Avec cette technique, Willaert crée en quelque sorte une imitation musicale de la langue parlée, dans laquelle l'intonation rend la structure de la phrase claire à l'oreille. Le contraste entre les passages homophoniques et polyphoniques peut également avoir une fonction expressive. La polyphonie tourbillonnante de Willaert sur le mot crucifige, crié par la foule lorsqu'elle veut mettre Jésus sur la croix, en est un exemple éloquent. Elle reflète très pertinemment la rage sanguinaire de la foule.

 

La polyphonie complexe de Willaert s'exprime également pleinement dans son Pater Noster. Bien qu'il ait été composé à l'origine pour un ensemble vocal à six voix, la claveciniste Catalina Vicens en présente une version instrumentale solo arrangée par le compositeur espagnol du XVIe siècle Enríquez de Valderrábano (c.1500 - c.1557).

 

L'influence du XVIe siècle est également présente dans l'œuvre du compositeur hongrois du XXe siècle György Ligeti (1923-2006). Dans son œuvre pour clavecin de 1978, Hungarian Rock, le compositeur utilise une chaconne, un motif de basse qui se répète continuellement. La chaconne était une danse populaire aux XVIe et XVIIe siècles, mais elle était également considérée comme immorale. La musique rock a également été interdite en Hongrie à partir des années 1960. Peut-être le Hungarian Rock de Ligeti est-il un symbole de protestation contre l'interdiction de certaines formes d'art ?

 

Continuum de Ligeti (1968), pour terminer, est un trompe-l'œil musical. Dans cette œuvre, le compositeur illustre comment la vitesse extrême et le mouvement constant peuvent, dans certaines circonstances, être perçus comme un arrêt. En la personne de Vicens, l'illusion musicale virtuose de Ligeti trouve une interprète de rêve.

                                                             

Lothar Peirsman, traduit par Judith Hoorens

 

Biographies

Dionysos Now!

En 2020, le ténor et directeur artistique Tore Tom Denys fonde l’ensemble vocal Dionysos Now!. Cet ensemble à géométrie variable se compose d’un noyau de six chanteurs, experts internationaux de la polyphonie. Il collabore aussi structurellement avec d’autres ensembles vocaux et musicaux, comme récemment avec l’Ensemble Spectra pour le projet de théâtre musical THOU!. Dionysos Now! se consacre surtout aux œuvres d’Adriaan Willaert, compositeur du XVIe siècle, parmi les plus appréciés de son temps, mais quelque peu tombé dans l’oubli. L’ensemble n’a de cesse de le remettre sur le devant de la scène à la faveur de concerts et d’enregistrements.

 

Catalina Vicens

Catalina Vicens est internationalement reconnue pour ses activités de recherche et comme interprète de claviers anciens. Elle a étudié le piano moderne, le clavecin, les claviers médiévaux et la musique contemporaine dans différents conservatoires au Chili, aux États-Unis et en Europe. Depuis 2021, elle est directrice et conservatrice de la collection Tagliavini de Bologne, l’une des plus grandes collections de claviers anciens d’Europe. En 2013, Catalina Vicens a fondé l’ensemble Servir Antico, qui vise à partager l’héritage intellectuel et musical de la Renaissance avec un public contemporain. Elle a été professeure invitée de clavecin et chercheuse dans de nombreux conservatoires, dont le Conservatoire royal de Bruxelles.

 

Paroles
Partenaires

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Klara, KPMG

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Belfius, BMW, Proximus, Brouwerij Omer Vander Ghinste, Interparking

public funding
Brussels Hoofdstedelijk Gewest, Nationale Bank, Nationale Loterij-meer dan spelen, Vlaamse Gemeenschap, Vlaamse Gemeenschapscommissie

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Bozar, Flagey, Ancienne Belgique, Kaaitheater, Muntpunt

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