Belgian National Orchestra & Lorenzo Gatto
Arvo Pärt 90
Bienvenue au 20e Klarafestival !
Intitulée We Are Now, cette édition spéciale anniversaire rend hommage à l’instant présent, ici et maintenant. Et personne n'entre dans la magie de l'instant avec autant d’aplomb que la violoniste et compositrice moldave Patricia Kopatchinskaja, notre artiste du festival. Tout s’embrase au contact de celle qui voit chaque concert comme un nouveau départ, un moment d’abondance où tout peut encore arriver. En 2025, le Klarafestival dresse un portrait pluriel de Patricia Kopatchinskaja en tant que violoniste, compositrice et inspiratrice.
Qui dit 20e anniversaire, dit occasion rêvée de lancer une nouvelle tradition : le temps d’une journée, le Mont des Arts se transforme en Mont des Musiques. Outre la programmation de concerts et de spectacles dans divers lieux, nous baptisons un tout nouvel ensemble, le Sound of Brussels Orchestra.
Notre époque est pleine de défis qui inspirent d’ailleurs certains projets présentés lors du festival. Ils prouvent combien l'espoir peut se nicher entre les notes d'un Stabat Mater ou d'un Dies Irae. La musique a la capacité de nous émouvoir et de nous inspirer. Pour Patricia Kopatchinskaja, elle est tout sauf un sujet abstrait : « La musique est là pour qu'on en fasse quelque chose. Même si elle ne porte pas de message ou de fonction concrets, elle nous interpelle. Elle veut être entendue. Je ne crois pas à la musique absolue. Pas vraiment. »
Que la fête commence !
Joost Fonteyne, intendant
Jan Raes, président
Chantal Pattyn, manager réseau Klara
Belgian National Orchestra
Matthew Halls – musical direction
Lorenzo Gatto – violin
Coproduction: Klarafestival, Bozar, Belgian National Orchestra
With the support of: the Tax Shelter of the Belgian government via Casa Kafka Pictures
Arvo Pärt (1935)
Estländler
Spiegel im Spiegel
Fratres
‘Ludus’ from Tabula Rasa
Estländler
Mozart-Adagio
Arbos
Symphony No. 3
I.
II.
III.
Cantus in Memory of Benjamin Britten
À l’instar de nombreux compositeurs de l’ex-Union soviétique, Arvo Pärt (°1935) a suivi un parcours musical marqué par une quête constante de son propre style. Dans ses premières œuvres, il expérimente les techniques sérielles avant de se tourner vers des formes plus libres et des procédés de collage. Deux moments charnières jalonnent cette évolution : d’abord, le Credo (1968), qui annonce son engagement futur dans la musique religieuse ; puis son étude approfondie de la musique ancienne – Machaut, Ockeghem, Josquin – dont l’influence se fait entendre pour la première fois dans sa Troisième symphonie (1971). Cette dernière marque une rupture avec l’avant-garde au profit d’une écriture polyphonique inspirée de la Renaissance.
Après deux longues périodes de silence créatif, Pärt connaît en 1976-77 une véritable explosion de créativité qui définit son langage musical et lui assure une reconnaissance mondiale – bien qu’avec un certain retard, puisque sa percée n’a lieu qu’après son départ d’Estonie pour l’Occident en 1980, avec sa famille. L’une de ces œuvres, Tabula Rasa (1976), illustre bien cette volonté de renouveau. Son premier mouvement, ‘Ludus’, puise encore de l’inspiration dans le passé et évoque un concerto grosso baroque, un style que l’on retrouve également chez Alfred Schnittke, lequel a d’ailleurs joué la partie de piano lors de la création de l’œuvre. Toutefois, la grande différence réside dans la simplicité du matériau et l’intégration d’influences anciennes dans une tehcnique de composition et un langage harmonique personnel, dont Fratres (1977) est un autre exemple marquant.
Cette œuvre est un exemple typique de la technique de composition extrêmement simple et pourtant si pénétrante de Pärt, pour laquelle il a lui-même introduit le nom de « tintinnabuli ». Dérivé du latin « petite cloche », ce nom décrit la sonorité pénétrante de la musique de Pärt. En bref, le tintinnabuli consiste en une triade majeure ou mineure constamment présente qui assure une sonorité rayonnante, tandis que d’autres parties tissent autour de celle-ci des figures diatoniques (c’est-à-dire basées sur des tons entiers) qui s’apparentent à des gammes, dans le même mode. Cette « recette », qui rend sa musique immédiatement reconnaissable, n’a rien de spectaculaire, bien au contraire. Arvo Pärt crée une musique qui fait appel à des éléments archaïques (avec des modes que l’on retrouve également dans le chant grégorien ou la musique de la Renaissance) et il place la triade, point d’ancrage tonal par excellence, en son centre. Pourtant, à l’écoute, sa musique n’est pas réactionnaire. Elle ne suit pas les progressions d’accords stéréotypées et construit au contraire une logique qui lui est propre, oscillant entre consonnances et dissonances saillantes. Elle est à la fois familière et étrange, ancienne et contemporaine.
Ce concert ne suit pas un parcours chronologique ou thématique à travers l’œuvre de Pärt, mais vise avant tout à proposer une expérience sonore. Comme beaucoup d’œuvres de ce compositeur, notamment le Cantus in Memory of Benjamin Britten qui en offre un excellent exemple, l’ensemble du programme s’apparente à un grand crescendo. Diverses combinaisons instrumentales sont introduites, d’abord en solo, avant de s’épaissir progressivement pour former le kaléidoscope orchestral de la Troisième symphonie, puis de se réduire à nouveau aux cordes et aux cloches tubulaires du Cantus in Memory of Benjamin Britten.
Estländler est une pièce quelque peu atypique à cet égard : ce solo de flûte a été écrit pour un recueil pédagogique. Son titre fait référence à la danse (« Ländler ») dont la mesure ternaire est très reconnaissable, ainsi qu’au pays natal de Pärt, l’Estonie. Le Mozart-Adagio (1992) est l’œuvre la plus singulière du programme, puisque Pärt reprend ici le mouvement lent de la Sonate pour piano, KV 280 de Mozart auquel il ajoute subtilement quelques notes. Il s’agit davantage d’un dialogue discret avec Mozart que du style reconnaissable de Pärt. Spiegel im Spiegel (1978) pour violon et piano est également d’une sobriété remarquable, mais malgré sa quantité limitée de notes, elle est habilement construite : la mélodie de la partie soliste est constituée de segments en miroir l’un de l’autre. Chaque phrase ascendante de la partie solo est immédiatement suivie d’une phrase descendante. La partie solo commence par une phrase de deux notes, puis de trois, puis de quatre et ainsi de suite, avec à chaque fois le « la » comme point final, jusqu’à ce que, au milieu de l’œuvre, ce processus soit également inversé de manière symétrique et que les phrases comptent une note de moins à chaque fois. Finalement, la composition revient à son point de départ.
Cela illustre comment, outre le son sensuel des tintinnabuli, Pärt recourt également à des systèmes abstraits et rationnels pour construire sa musique. Il n’est pas inconcevable que la rationalité du « contrepoint savant » de la musique de la Renaissance l’ait inspiré. C’est en tout cas ce qui ressort clairement du Cantus in Memory de Benjamin Britten (1978). Tous les instruments y jouent des lignes descendantes rappelant des gammes. On pourrait d’ailleurs dire que la pièce est essentiellement une longue gamme descendante en la mineur. Ces figures de gamme commencent dans les aigus aux premiers violons, et à chaque entrée suivante d’un groupe de cordes, le même matériau apparaît une octave plus grave et avec des valeurs de notes deux fois plus longues, de sorte que le rythme de la cinquième partie (les contrebasses) est 16 fois plus lent que celui des premiers violons. Cette technique, dans laquelle les parties jouent les mêmes notes à des vitesses différentes, est un exemple éprouvé de l’ingéniosité contrapuntique de la Renaissance. Nous la connaissons sous le nom de « canon de proportion », par exemple dans la Missa Prolationum d’Ockeghem. Arbos (1977) de Pärt est également construit comme un canon de proportion strict, mais ne contient que trois couches, et parce que les parties commencent initialement en même temps (contrairement à Cantus, où elles sont introduites une par une), le résultat est moins évident à l’oreille, même si l’on perçoit que les parties aiguës se déplacent plus rapidement que les parties graves. Dans ces œuvres strictement conçues, Pärt laisse malgré tout de la place à une touche expressive plus libre en ajoutant des percussions à des moments soigneusement choisis.
Maarten Beirens
Traduction : Judith Hoorens
Belgian National Orchestra
Le Belgian National Orchestra a élu domicile au Palais des Beaux-Arts de Bruxelles (Bozar). Fort de ses collaborations avec le Festival van Vlaanderen et le Festival de Wallonie, il se produit régulièrement dans toutes les capitales de province du pays. Il se fait remarquer dans le monde entier, lors de tournées à l’étranger et en accompagnant régulièrement le Concours Reine Elisabeth. Bien que l’orchestre se consacre surtout au répertoire symphonique, à la musique contemporaine et à la musique de film, il aime essayer de nouvelles expériences, par exemple avec les artistes pop Ozark Henry ou Stromae. Depuis 2022, le BNO est dirigé par le chef d’orchestre néerlandais Antony Hermus.
Matthew Halls
Le chef d’orchestre britannique Matthew Halls dirige depuis 2023 la formation finlandaise Tampere Filharmonia. Il a en outre été chef invité du Chicago Symphony Orchestra, du Cleveland Orchestra, du Royal Liverpool Philharmonic et des Wiener Symphoniker. Il a également dirigé des opéras au Bayerische Staatsoper, au Central City Opera Colorado et au Salzburger Landestheater. Formé à la musique ancienne, il a été l’un des premiers chefs invités du Concentus Musicus Wien, l’ensemble baroque de Nikolaus Harnoncourt. Sa discographie comprend des enregistrements des concertos pour clavecin de Bach, qu’il dirige depuis le clavier, et le premier enregistrement de l’opéra Parnasso in Festa [Le Mont Parnasse en fête] de Haendel.
Lorenzo Gatto
Le violoniste belge Lorenzo Gatto, diplômé du Conservatoire royal de Bruxelles à l’âge de 17 ans, s’est ensuite perfectionné auprès de Herman Krebbers, Augustin Dumay et Boris Kuschnir. En 2009, il a obtenu la deuxième place et remporté le prix du public du Concours Reine Elisabeth. Il a collaboré avec d’éminents chefs d’orchestre comme Philippe Herreweghe, Walter Weller, Jaap van Zweden et Yannick Nézet-Séguin. En tant que chambriste, il a partagé la scène avec les pianistes Maria João Pires et Martha Argerich, le violoncelliste Mischa Maisky et l’altiste Gérard Caussé, notamment. Depuis 2015, Gatto collabore régulièrement avec le pianiste Julien Libeer, avec qui il a enregistré les sonates pour violon de Beethoven, un disque couronné d’un Diapason d’Or.
BELGIAN NATIONAL ORCHESTRA
Konzertmeister
Alexei Moshkov
Eerste violen · Premiers violons
Lev Adamov
Sarah Guiget*
Maria Elena Boila
Nicolas De Harven
Keika Kawashima
Annija Endija Kolerta
Anastasiya Filippochkina
Françoise Gilliquet
Philip Handschoewerker
Akika Hayakawa
Ariane Plumerel
Isabelle Rowland
Serge Stons
Tweede violen · Deuxièmes violons
Ignacio Rodríguez Martínez de Aguirre**
Nathalie Lefin*
Michael Bonnay
Sophie Demoulin
Isabelle Deschamps
Hartwich D'Haene
Anouk Lapaire
Louis Noël
Ekaterina Philippovich
Jacqueline Preys
Marie-Danielle Turner
Ricardo Vieira
Altviolen · Alti
Mathis Rochat
Mihoko Kusama*
Dmitri Ryabinin*
José Azevedo
Frederik Camacho
Urska Doler
Katelijne Onsia
Jorge Ramos
Silvia Tentori Montalto
Marinela Serban
Cello’s · Violoncelles
Dmitry Silvian**
Maria-Christina Muylle*
Célia Brunet
Lesya Demkovych
Shiho Nishimura
Lucia Otero
Harm Van Rheeden
Taras Zanchak
Contrabassen · Contrebasses
Ludo Joly*
Robertino Mihai**
Serghei Gorlenko*
Mathieu Garnavault
Miguel Meulders
Gergana Terziyska
Fluiten · Flûtes
Denis-Pierre Gustin**
Jérémie Fèvre*
Samuel Hondekijn
Laurence Dubar*
Hobo’s · Hautbois
Dimitri Baeteman**
Irene Martin Sanchez*
Bram Nolf*
Klarinetten · Clarinettes
Emil Szymon Parulski
Alba Mayorga
Lena La Mela*
Giulio Piazzoli*
Fagotten · Bassons
Gordon Fantini**
Bert Helsen*
Filip Neyens*
Hoorns · Cors
Anthony Devriendt**
Katrien Vintioen*
Bernard Wasnaire*
Joannes Van Duffel*
Trompetten · Trompettes
Leo Wouters**
Andreu Vidal Siquier**
Ward Opsteyn*
Rudy Moercant
Trombones
Guido Liveyns**
Bruno De Busschere**
Josquin Chuffart van Der Gidsen
Pierre Duclos*
Tuba
Martijn van Rijswijk**
Pauken · Timbales
Nico Schoeters**
Slagwerk · Percussion
Katia Godart*
Koen Maes
Piano
Laurence Cornez
** Aanvoerder 1ste solist – 1ste solist aanvoerder · Chef de pupitre 1er soliste – 1er soliste chef de pupitre
* Solist · Soliste
Structural partners
Klara, KPMG
Event partners
Belfius, Interparking, Proximus
Cultural partners
Ancienne Belgique, Belgian National Orchestra, Bozar, Brussels Philharmonic, Flagey, Kaaitheater, Muntpunt, Passa Porta
Public funding
Nationale Bank, Nationale Loterij meer dan spelen, Stad Brussel, Visit Brussels, Vlaamse Gemeenschap
Media partners
BRUZZ, De Standaard, Knack, La Première, La Trois, Le Soir, Musiq3, Radio 1, Ring TV, Le Vif, VRT Eén, VRT Canvas, VRT Max
Festival suppliers
Daniel Ost, Drukkerij VD, Fruit at Work, Tarteletto, Victor Bozar Cafe
Patrons
Wim Bossens, Alex Brabers, Tania Seynhaeve & Jan Raes, Sophie Rutten