Livret de programme

Milad Mohammadi portret

Nowruz

Persian New Year

22.03.2025 — 18:00
Bozar, Terarken
Préface

Bienvenue au 20e Klarafestival !

 

Intitulée We Are Now, cette édition spéciale anniversaire rend hommage à l’instant présent, ici et maintenant. Et personne n'entre dans la magie de l'instant avec autant d’aplomb que la violoniste et compositrice moldave Patricia Kopatchinskaja, notre artiste du festival. Tout s’embrase au contact de celle qui voit chaque concert comme un nouveau départ, un moment d’abondance où tout peut encore arriver. En 2025, le Klarafestival dresse un portrait pluriel de Patricia Kopatchinskaja en tant que violoniste, compositrice et inspiratrice. 

 

Qui dit 20e anniversaire, dit occasion rêvée de lancer une nouvelle tradition : le temps d’une journée, le Mont des Arts se transforme en Mont des Musiques. Outre la programmation de concerts et de spectacles dans divers lieux, nous baptisons un tout nouvel ensemble, le Sound of Brussels Orchestra. 

 

Notre époque est pleine de défis qui inspirent d’ailleurs certains projets présentés lors du festival. Ils prouvent combien l'espoir peut se nicher entre les notes d'un Stabat Mater ou d'un Dies Irae. La musique a la capacité de nous émouvoir et de nous inspirer. Pour Patricia Kopatchinskaja, elle est tout sauf un sujet abstrait : « La musique est là pour qu'on en fasse quelque chose. Même si elle ne porte pas de message ou de fonction concrets, elle nous interpelle. Elle veut être entendue. Je ne crois pas à la musique absolue. Pas vraiment. »

 

Que la fête commence !

 

Joost Fonteyne, intendant

Jan Raes, président

Chantal Pattyn, manager réseau Klara  

Programme

Iran

Milad Mohammadi – tar  

Kazakhstan

Ulzhan Baibusynova – voice, dombra 

Kirghizstan 

Eleman & Aibek Kanybekov – komuz 

Uzbekistan

Zamira Aminova – dance

Tuymorad Kodirov – voice, tanbur, doyra  

Omid Temirov – dotar, rubab, doyra

Rostamjan Tagaykulov – doyra 

Clé d'écoute

Un nouveau jour, un nouveau départ

 

Au début du printemps, de nombreuses personnes célèbrent également le début d'une nouvelle année. Dans des pays comme l'Iran et l'Afghanistan, selon le calendrier officiel, la nouvelle année commence autour du 21 mars. C'est à cette date qu'est célébrée la fête du Nowruz, qui signifie littéralement « un nouveau jour ». Cette tradition séculaire s'est entre-temps répandue dans le monde entier, des Balkans à l'Asie centrale, du Moyen-Orient aux rives de la mer Noire, et même à Bozar. L'édition festive du Klarafestival 2025 célébrera ce moment fort de l'année avec quatre ensembles et solistes qui mettront leur voix au service de leur culture.

 

Les origines du Nowruz

Le Nowruz a vu le jour dans l'ancien empire perse, l'Iran actuel. Les premières références remontent au sixième siècle avant notre ère, mais il est probable que la tradition soit beaucoup plus ancienne. Le Nowruz est souvent lié au zoroastrisme, qui était la principale religion de l'empire perse avant l'arrivée de l'islam au VIIe siècle. Même sous le règne de l'islam, la tradition a persisté. En outre, le Nowruz est célébré par des personnes de diverses philosophies.

 

Le Nowruz présente des coutumes et des rituels typiques. Les personnes qui célèbrent le Nowruz nettoient la maison et achètent de nouveaux vêtements avant le début de la fête. Des pousses vertes appelées Sabzeh sont également cultivées. Ces pousses constituent l'un des sept éléments de la table Haft Sin. Il s'agit d'une table joliment dressée avec divers objets symbolisant un nouveau départ. Le dernier mercredi avant Nowruz, des feux de camp sont allumés. En guise de rituel de purification, les participants sautent par-dessus le feu. Ce feu fait rougir leur peau en guise de symbole de bonne santé. Au moment précis où l'hiver cède la place au printemps, c'est l'heure des vœux de bonheur. Tout le monde passe les jours suivants avec sa famille et ses amis. Les enfants reçoivent des friandises et des cadeaux, souvent de l'argent.

 

Le Nowruz dure treize jours. Le treizième jour, Sizdah bedar, tout le monde se rend dans la nature pour un pique-nique. En faisant un vœu, on jette les Sabzeh dans un cours d’eau. Les pousses vertes, symboles de la nature, lui sont ainsi rendues.

 

Un message universel

Que nous le célébrions ou non par des rituels particuliers, le passage de l'hiver au printemps est un moment spécial. Le jour et la nuit ont la même durée. Pendant un court moment, l'obscurité et la lumière s'équilibrent parfaitement. Ensuite, les jours rallongent et la lumière l'emporte sur l'obscurité. Le soleil revient et la nature reprend vie. Tout fleurit et reverdit. Ce moment symbolique d'un nouveau départ est célébré par le Nowruz. Le Nowruz véhicule un message universel de paix, d'harmonie et de respect de la nature. Il ne s'agit pas d'une fête religieuse. Tout le monde peut le célébrer. Par conséquent, le Nowruz est avant tout une célébration de l'unité et de l'union. Tout comme le jour et la nuit sont égaux l'un à l'autre, tous les êtres humains sont également égaux.

Texte : Huis van Alijn (huisvanalijn.be) 

 

Soliste vedette d'Iran

Le multi-instrumentiste iranien Milâd Mohammadi défie toute forme d'étiquetage. À partir de son expertise de la musique classique persane et de sa maîtrise du tar (luth persan), il dialogue constamment avec d'autres traditions musicales, telles que la musique indienne et la musique arabe. Cette ouverture résonne dans ses improvisations, qu'il entrelace avec la poésie mystique du poète persan Rumi. À la croisée des styles, Mohammadi cherche inlassablement de nouvelles formes d'expression musicale. Il a collaboré avec les plus grands musiciens iraniens, dont Hoshyar Khayyam sur l'album primé Music for Tar and Piano, et les chanteurs Alireza Ghorbani et Homayoun Shajarian.

 

Le chant épique du Kazakhstan

Au cœur d'une immense région dominée par la steppe émerge un instrument qui incarne avec justesse le mode de vie nomade et le paysage sans fin : le dombra. Ce luth à deux cordes et à long manche orne non seulement tous les foyers kazakhs, mais il a été pendant des siècles le compagnon de route d'un personnage hors du commun des temps anciens : le zhyrau. Dans ses chansons, ce poète héroïque mêle récits épiques, philosophie et questions morales. Outre le dombra, son chant guttural est l'un de ses plus grands atouts. Le répertoire se compose de courts fragments de textes classiques arabes et persans ou de compositions originales.

 

Ulzhan Baïbusynova, originaire du sud du Kazakhstan, est l'une des plus grandes représentantes actuelles du zhyrau. Elle a suivi les cours de Chamchat Tulepova, l'une des premières femmes à pratiquer cet art traditionnellement réservé aux hommes. Faute de frères, Chamchat a repris la tradition de son père et l'a transmise à ses élèves, ouvrant ainsi la voie à une nouvelle école de chant féminin. Devenue elle-même un maître, Baïbusynova chante des œuvres classiques du zhyrau ainsi que ses propres compositions.

 

Ne faire qu'un avec la nature au Kirghizstan

Le Kirghizstan, pays montagneux situé entre le Kazakhstan et la Chine, possède un riche répertoire de musique chantée, récitée et instrumentale. Les mélodies traditionnelles, connues sous le nom de kuï, sont associées à la vie dans les montagnes avec un troupeau, le long de rivières fraîches, et au rythme de la journée. L'instrument préféré des Kirghizes est le komuz, un luth à long manche. Selon la légende, c'est le célèbre chasseur Kambar qui a fabriqué l'instrument pour la première fois. Kambar connaissait par cœur tous les sons des animaux et des oiseaux, mais un jour, abasourdi, il entendit un chant inconnu. Ce nouveau son venait d’un mouton sauvage tombé comme proie. Le vent soufflait dans les entrailles séchées de l'animal mort. Kambar transforma ces entrailles en trois cordes et c'est sur celles-ci qu'il composa le premier kuï.

 

Les deux jeunes frères Èleman et Aïbek Kanybekov incarnent la nouvelle génération du komuz. Leur mère a nourri leur vocation musicale et les a initiés à la musique traditionnelle. Dans une petite école de musique, leur professeur a reconnu leur talent et ils ont travaillé d'arrache-pied pour entrer au Conservatoire national. Là, ils ont suivi l'héritage de l'ancien directeur Nurak Abdrahmanov, qui a renouvelé l'art du kuï avec ses compositions pleines de vie. La musique accompagne tous les moments importants de la vie et, bien sûr, les festivités, le Toy. Les deux frères sont connus pour agrémenter ces Toy d'acrobaties avec leurs komuz et pour enchanter les invités avec leurs chants.

 

Un festival ancien en Ouzbékistan

Depuis le XVIIe siècle, la cour de Boukhara, dans l'actuel Ouzbékistan, était un foyer de cultures, dont la musique était le langage universel. Lors des festivités (Toy), par exemple, la musique persane mavrigi résonnait. Dans le creuset international de Boukhara, cette musique s'est transformée en un cycle de courtes chansons, souvent accompagnées de danses. Le cycle commence par une pièce contemplative appelée Shahd, qui associe un poème à des improvisations vocales. Le cycle est basé sur un crescendo de chansons lyriques sur des thèmes liés à l'amour, culminant dans un « Allegro vivace ». L'essence de cette musique est d'incarner le triomphe de la spiritualité, une harmonie entre les individus et l'univers. 

 

L'ensemble Buhorcha est composé d'Omid Temirov et Tuymorad Kodirov, deux maîtres reconnus du tanbur et du dotar (luths à long manche), alliant virtuosité instrumentale et vocale, ainsi que de Rostamyan Tagaykulov, l'un des joueurs de doyra (grand tambour) les plus flamboyants d'aujourd'hui. Tous trois ont grandi dans des familles de musiciens avant d'étudier au Conservatoire Muxtar Ashrafi de Boukhara. Imprégnés d'une tradition transmise de père en fils, ils perpétuent la musique à laquelle ils ont consacré leur vie. Lors des festivités Toy ouzbèkes, la danse accompagne la musique, révélant une tradition complexe et expressive. La danseuse Zamira Aminova conserve le style ancestral de Boukhara, caractérisé par des mouvements puissants et rapides et la richesse de ses rotations et positions. Le cycle du mavrigi est basé sur des rythmes changeants où la danse occupe une place centrale. Chaque danse commence par les bras, et la séquence de mouvements change en fonction du type de danse et de l'endroit où elle est exécutée. Deux types sont particulièrement connus : le zamin bozi (danse de la terre), où la danseuse exécute tous les mouvements à genoux pour que ses doigts touchent le sol, et le larzon (agitation des paumes des mains), exécuté pieds nus et où toutes les parties du corps bougent comme les flammes d'un feu incandescent. 

 

La table de fête est dressée. Il ne vous reste plus qu'à y prendre place.

 

Guillaume De Grieve

Traduction : Judith Hoorens

 

Partenaires

Structural partners

Klara, KPMG

Event partners

Belfius, Interparking, Proximus

Cultural partners

Ancienne Belgique, Belgian National Orchestra, Bozar, Brussels Philharmonic, Flagey, Kaaitheater, Muntpunt, Passa Porta

Public funding

Nationale Bank, Nationale Loterij meer dan spelen, Stad Brussel, Visit Brussels, Vlaamse Gemeenschap

Media partners

BRUZZ, De Standaard, Knack, La Première, La Trois, Le Soir, Musiq3, Radio 1, Ring TV, Le Vif, VRT Eén, VRT Canvas, VRT Max

Festival suppliers

Daniel Ost, Drukkerij VD, Fruit at Work, Tarteletto, Victor Bozar Cafe

Patrons

Wim Bossens, Alex Brabers, Tania Seynhaeve & Jan Raes, Sophie Rutten

Advertentie Nationale Loterij