Supernova: Satellite
Laureates’ concert II
Bienvenue au 20e Klarafestival !
Intitulée We Are Now, cette édition spéciale anniversaire rend hommage à l’instant présent, ici et maintenant. Et personne n'entre dans la magie de l'instant avec autant d’aplomb que la violoniste et compositrice moldave Patricia Kopatchinskaja, notre artiste du festival. Tout s’embrase au contact de celle qui voit chaque concert comme un nouveau départ, un moment d’abondance où tout peut encore arriver. En 2025, le Klarafestival dresse un portrait pluriel de Patricia Kopatchinskaja en tant que violoniste, compositrice et inspiratrice.
Qui dit 20e anniversaire, dit occasion rêvée de lancer une nouvelle tradition : le temps d’une journée, le Mont des Arts se transforme en Mont des Musiques. Outre la programmation de concerts et de spectacles dans divers lieux, nous baptisons un tout nouvel ensemble, le Sound of Brussels Orchestra.
Notre époque est pleine de défis qui inspirent d’ailleurs certains projets présentés lors du festival. Ils prouvent combien l'espoir peut se nicher entre les notes d'un Stabat Mater ou d'un Dies Irae. La musique a la capacité de nous émouvoir et de nous inspirer. Pour Patricia Kopatchinskaja, elle est tout sauf un sujet abstrait : « La musique est là pour qu'on en fasse quelque chose. Même si elle ne porte pas de message ou de fonction concrets, elle nous interpelle. Elle veut être entendue. Je ne crois pas à la musique absolue. Pas vraiment. »
Que la fête commence !
Joost Fonteyne, intendant
Jan Raes, président
Chantal Pattyn, manager réseau Klara
Satellite
Lia Manchón Martínez – violin
Coline Meulemans – viola
Marc Martín Nogueroles – cello
–
Emmy Frensel Wegener (1901-1973)
Suite for Violin, Viola and Cello
I. Inleiding: Moderato chiara
III. Scherzo: Leggiero et presto
IV. Andante: Dolce
V. Finale: Vivace. Rigoroso possibile
Sofia Gubaidulina (1931)
Trio for violin, viola and cello
- Part I
- Part II
- Part III
Gideon Klein (1919-1945)
String Trio
- Allegro
- Lento
- Molto Vivace
Comment parler lorsque l’on est réduit au silence ? Quels mots subsistent quand votre histoire est effacée ? Le programme Speak: Art and Freedom de Satellite réunit des trios à cordes du 20e siècle composés sous l’oppression. « À différentes époques, certaines voix ont été muselées, et l’art est devenu le seul moyen d’exister », expliquent Lia Manchón Martínez, Coline Meulemans et Marc Martín Nogueroles. « La musique permet de s’exprimer et de faire entendre sa voix sans mots. »
En mettant en lumière des compositeurs ayant dû se battre pour leur place dans le monde et dans la mémoire collective, Satellite élargit les horizons musicaux. Des figures comme Emmy Frensel Wegener, Sofia Gubaidulina et Gideon Klein restent méconnues, mais elles incarnent une vérité essentielle selon l’ensemble : la musique est indissociable du politique. « Le choix d’un programme n’est jamais neutre, mais toujours un acte politique », souligne Satellite. Car ce qui nous parvient aujourd’hui – ce qui est publié, joué et conservé – est souvent façonné par des préjugés profondément ancrés.
En même temps, la musique de Frensel Wegener, Gubaidulina et Klein porte l’empreinte indélébile du contexte répressif dans lequel ils ont vécu. Mais cela ne signifie pas pour autant que leurs œuvres soient marquées par la tristesse. Satellite y perçoit aussi de l’espoir et de la lumière. La Suite pour violon, alto et violoncelle d’Emmy Frensel Wegener, par exemple, est à la fois romantique et expressive. Cet équilibre rend son œuvre novatrice, bien que rarement jouée aujourd’hui. « Trop souvent, les femmes célèbres en leur temps disparaissent des pages de l’histoire », souligne Satellite. « La mémoire de la moitié de l’humanité est ainsi systématiquement effacée ».
Boris Pasternak, prix Nobel de littérature, a lui aussi dû se battre pour faire entendre sa voix. Persécuté par le régime soviétique pour ses critiques, notamment à travers Docteur Jivago, l’auteur russe incarne une figure de résistance. En hommage à son courage, la compositrice russe Sofia Gubaidulina a écrit son Trio pour violon, alto et violoncelle. « Il ne raconte pas une histoire et ne met en scène aucun personnage, seulement des lignes et des formes », explique Satellite. Une approche qui rejoint la vision de Gubaidulina : pour elle, chaque note est un symbole de vie et de mort, une quête de transcendance à travers des sonorités contrastées et dissonantes.
Malgré les nombreux obstacles sur leur chemin, des compositeurs comme Gubaidulina ont su exprimer toute la complexité de nos émotions humaines, observe Satellite. Les musiciens reconnaissent également ce talent à Gideon Klein, compositeur juif tchécoslovaque, qui a écrit son œuvre majeure dans le camp de concentration de Terezín. Avec son Trio pour violon, alto et violoncelle, il s’éloigne de l’atonalité qui domine alors en Allemagne et en Autriche, pour créer une musique légère, rythmée, presque dansante. Le deuxième mouvement s’inspire d’une chanson populaire évoquant un oiseau s’envolant vers une tour, une métaphore poignante de la liberté à laquelle Klein aspire.
Nous ne saurons jamais ce qui traversait l’esprit de Klein lorsqu’il a composé ce trio, quelques jours seulement avant sa déportation à Auschwitz. C’est pourquoi Satellite choisit non pas l’empathie, mais la distance et le respect. « Nous ne voulons pas trahir leur mémoire en supposant ce qu’ils ont ressenti. Nous connaissons leur destin, mais eux ne connaissaient que leur passé. »
Hanne Schelstraete
Traduction: Judith Hoorens
Satellite, un ensemble à la forme évolutive, part toujours d’une idée centrale intrigante pour la relier à une musique qui donne vie au thème choisi. En 2024, Lia Manchón Martínez, Coline Meulemans et Marc Martín Nogueroles se plongent dans des trios à cordes rarement joués de compositeurs ayant souffert de systèmes totalitaires et destructeurs. Plus que de leur situation difficile, Satellite s’inspire de la manière unique dont ces compositeurs créent un univers gorgé de lumière et d’énergie. Outre plusieurs collaborations en cours avec divers artistes belges, l’ensemble se plongera ces prochaines années dans l’œuvre de Johannes Brahms.
Structural partners
Klara, KPMG
Event partners
Belfius, Interparking, Proximus
Cultural partners
Ancienne Belgique, Belgian National Orchestra, Bozar, Brussels Philharmonic, Flagey, Kaaitheater, Muntpunt, Passa Porta
Public funding
Nationale Bank, Nationale Loterij meer dan spelen, Stad Brussel, Visit Brussels, Vlaamse Gemeenschap
Media partners
BRUZZ, De Standaard, Knack, La Première, La Trois, Le Soir, Musiq3, Radio 1, Ring TV, Le Vif, VRT Eén, VRT Canvas, VRT Max
Festival suppliers
Daniel Ost, Drukkerij VD, Fruit at Work, Tarteletto, Victor Bozar Cafe
Patrons
Wim Bossens, Alex Brabers, Tania Seynhaeve & Jan Raes, Sophie Rutten