B’Rock Orchestra, Robin Verheyen & Cristina Zavalloni
Il Quaderno di Nerina
Where Is Home?
Un chez-soi musical
Un homme monte sur scène, violoncelle à la main. Il observe la salle, écarte les bras et déclare : « Bienvenue. Ce soir, vous n’êtes pas de simples spectateurs, mais des participants. Notre rencontre est un échange. » Il commence ensuite à chanter et à jouer, et tout devient clair. Tel une antenne vivante, il capte l’énergie du public et la renvoie décuplée. La salle se métamorphose en salon. Ceux qui étaient présents rentrent chez eux transformés.
C’est à peu près ainsi que se déroule un concert d’Abel Selaocoe. Avec ce charismatique violoncelliste, chanteur et compositeur, nous vous souhaitons la bienvenue au 21e Klarafestival. En tant qu’artiste du festival, Selaocoe donnera trois concerts couvrant tout le spectre de son univers musical. De la musique traditionnelle de son pays natal, l’Afrique du Sud, au baroque en passant par le jazz, le classique contemporain et l’improvisation, il fusionne toutes ces influences pour créer une œuvre unique placée sous le signe de l’identité et des échanges culturels.
Le thème de cette édition du festival s’inspire du premier album du Bantu Ensemble, le groupe de Selaocoe : Where Is Home? Une question ouverte qui appelle d’innombrables réponses, surtout dans une ville aussi diversifiée que Bruxelles, où se croisent 180 nationalités et 100 langues. Notre capitale est une plaque tournante. Un refuge. Un foyer temporaire ou permanent pour d’innombrables personnes et autant d’histoires. Jour après jour, nous avons la chance de pouvoir ancrer notre festival dans un terreau aussi fertile.
Le Klarafestival 2026 rend hommage à cette ville qui est la nôtre. Dans le cadre du Muziekberg/Mont des Musiques, des musiciens bruxellois investissent pendant une journée le Mont des Arts, entre le Musée des instruments de musique, Bozar, la galerie Ravenstein et les Musées royaux des Beaux-Arts. Radio Lomax et la Chorale des Invisibles (La Voix des Femmes Sans Papiers) interprètent des chansons bruxelloises aux origines diverses.
Notre mission est de faire découvrir à un public aussi large que possible que la musique classique est bien vivante. Entre les mains des musiciens audacieux que nous accueillons, même les œuvres les plus familières reçoivent un nouveau souffle. Laissez-vous surprendre par la Passion selon Saint Jean de Bach sous la direction de Maxim Emelyanychev. Émerveillez-vous devant Beethoven et Strauss avec l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg. Redécouvrez Chopin et Scriabine dans une interprétation d’Alexandre Kantorow. Ou faites connaissance avec le phénomène du clavier Anthony Romaniuk : tout comme Abel Selaocoe, il mêle sa propre musique au répertoire existant, de Bach à Björk.
Cette édition du festival rassemble d’autres artistes partageant ces mêmes affinités musicales. Annelies Van Parys a ainsi achevé la 8e symphonie de son ancien professeur Luc Brewaeys. Les pianistes Kris Defoort et Stéphane Ginsburgh rendent hommage à leur ami Philippe Boesmans, qui aurait eu 90 ans en 2026. Quant à Abel Selaocoe, il improvise avec d’anciens et nouveaux alter ego musicaux et interprète un tout nouveau concerto pour violoncelle de la compositrice américaine Jessie Montgomery avec le Brussels Philharmonic.
Tout ceci ne serait pas envisageable sans le soutien de nos partenaires à Bruxelles et ailleurs. Bozar, Flagey, La Monnaie, l’Ancienne Belgique, Brussels Philharmonic, l’Orchestre national de Belgique, Passa Porta, BNA-BBOT et la Fondation Luc Brewaeys contribuent à l’ADN unique du Klarafestival. Nos partenaires privés indispensables sont KPMG Belgium, Proximus, Brugse Zot, Gimv/WorxInvest et Interparking. Nous tenons à remercier la Communauté flamande, la Commission communautaire flamande, la Région de Bruxelles-Capitale et la Loterie Nationale pour leur soutien. La collaboration avec la VRT et Klara est quant à elle le secret de notre succès en tant que festival radiotélévisé. Enfin, nous adressons toute notre reconnaissance au public enthousiaste qui nous suit, tant dans la salle de concert qu’à la maison via la radio et VRT MAX.
Pour Abel Selaocoe, le « chez-soi » représente bien plus qu’un bâtiment ou un lieu. « Il peut s’agir d’un espace spirituel. De quelqu’un. (...) De quelque chose que l’on découvre au détour d’un chemin. » Pendant sept ans, l’intendant Joost Fonteyne a été « chez lui » au Klarafestival. Son goût pour l’aventure et les liens sociaux transparaît plus que jamais dans le programme de ce festival. En avril 2026, il poursuivra son voyage et passera le flambeau à Jan Van den Borre. Merci du fond du cœur, Joost, pour ces belles années !
L'équipe du Klarafestival
Joost Fonteyne, intendant
Jan Raes, président
Chantal Pattyn, gestionnaire de réseau Klara
B'Rock Orchestra – ensemble
Evgeny Sviridov – direction artistique, violon
Cristina Zavalloni – mezzo-soprano
Robin Verheyen – composition, saxophone
Jhumpa Lahiri – paroles
Coproduction: Bozar, Klarafestival, B’Rock Orchestra
En collaboration avec: De Munt/La Monnaie
This production is realized with the support of the Tax Shelter measure of the Belgian Federal Government through Flanders Tax Shelter.
Henry Purcell (1659-1695)
Fantasias
- in D minor, Z. 732
- in F major, Z. 733
- in C Minor, Z. 738
- in A Minor, Z. 740
- in G Major, Z. 742 D
- in G minor, Z. 734
Robin Verheyen (1983)
Il Quaderno di Nerina (world premiere)
Basé sur des textes de Il Quaderno di Nerina, copyright © 2021 Jhumpa Lahiri
- Ouverture
- Poem For Ploughshares
- Davanzale
- Cupboard
- Obiettivo Part 1
- Obiettivo Part 2
- Interlude
- For Alberto De Lacerda
- Ad Alberto De Lacerda
Il Quaderno di Nerina : entre traces, silence et connexion
Entretien avec Robin Verheyen, par Albert Edelman
Imaginez-vous découvrir, dans le tiroir inférieur d’un vieux bureau, un carnet portant le nom « Nerina » écrit à la main sur la couverture. À l’intérieur se trouvent les poèmes d’une femme inconnue, des bribes du quotidien, une intimité, des questions sur une existence nomade, les traces que les gens laissent derrière eux et la façon dont un lieu vous façonne. L’écrivaine américano-britannique Jhumpa Lahiri a façonné ces vers pour concevoir un journal intime aux multiples couches. Le saxophoniste et compositeur Robin Verheyen s’en est inspiré pour donner vie à Il Quaderno di Nerina, une œuvre composée spécialement pour le B’Rock Orchestra et le Klarafestival.
Qu’est-ce qui vous a tant plu dans les poèmes de Lahiri, et en quoi cela correspond-il à votre propre vie ?
Je ne connais pas Jhumpa personnellement, mais il existe un lien indirect entre nous. Comme moi, elle a vécu partout dans le monde, et ce thème – les traces laissées par les anciens occupants, la manière dont un lieu vous influence – me touche profondément. Nous, les musiciens, vivons parfois davantage dans des hôtels que chez nous, et je suis fasciné par ce sentiment d’errance temporaire, ces énergies qui restent suspendues dans un espace. Quand Lahiri écrit à ce sujet, c’est comme si elle mettait des mots sur mes propres expériences. Ses poèmes ne traitent pas seulement de la solitude dans la nature, mais aussi de l’isolement dans la ville, lorsqu’on est entouré de gens et de stimuli. Je ressens parfois cela plus intensément dans les villes qu’à la campagne : cette solitude au milieu de la foule, où chacun se réfugie sur son téléphone pour échapper à l’abondance d’informations. C’est un paradoxe de notre époque, et cela se retrouve également dans la musique.
Quel était votre point de départ pour cette œuvre ?
Je cherchais une manière de traduire les mots de Lahiri en musique. Elle dit que l’on écrit mieux en traduisant, et moi-même, j’apprends en écoutant et en improvisant. Dans cette œuvre, je me pose la question suivante : comment la langue – l’italien ou l’anglais – influence-t-elle le rythme, l’expression et même le son physique de la musique ? Lahiri a appris l’italien à partir de zéro afin de trouver d’autres moyens de s’exprimer, puis a traduit à nouveau ses propres écrits en anglais. Cette traduction littérale et figurative m’intéresse, comme lorsque le violon et moi-même jouons la même mélodie, mais avec un caractère très différent. C’est ce que le texte fait à la musique : il en modifie l’expression, tout comme une traduction donne une nouvelle dimension à un poème.
Pourquoi avez-vous choisi Cristina Zavalloni, et qu’apporte-t-elle spécifiquement à ce projet ?
J’ai découvert Cristina grâce au travail de Fabrizio Cassol et aux opéras de Louis Andriessen. C’est une musicienne très complète, qui évolue à la frontière entre le jazz, la musique improvisée et le classique moderne. En raison de son registre vocal, j’ai délibérément choisi des moments où elle chante à la limite de sa voix – je ne veux pas seulement de la beauté, mais aussi un côté tranchant, quelque chose qui vit. Nous avons joué avec cela dans l’œuvre. Par hasard, Cristina connaissait déjà Lahiri, elles se sont rencontrées à Rome. Nous avons choisi les textes ensemble, ce qui a été un processus très agréable et enrichissant. Je laisse sa voix, tout comme mon saxophone, se fondre dans les textes et la musique.
Vous avez opté pour des instruments aux registres particulièrement aigus. Quelle en était la raison ?
J’ai cherché des instruments dans le même registre qui se démarquent par leur texture, comme le cornet, le hautbois, les violons, le saxophone soprano et la mezzo-soprano. La contrebasse et les percussions graves comblent les basses fréquences sans alourdir le tout. La transparence est importante pour l’improvisation, et je voulais un son riche mais léger.
Vous suscitez la surprise en commençant la soirée avec Purcell. Que signifie ce choix pour vous ?
Purcell offre un contraste avec mon propre contrepoint, mais il en est aussi le reflet. On peut considérer sa pièce comme une ouverture : j’improvise ensuite un pont entre le langage de Purcell et le mien. Mais je ne veux pas que le public cherche trop de références : ce qui compte, c’est l’atmosphère, le son qui est créé. C’est de cette atmosphère que naissent le saxophone et la voix, qui mettent véritablement l’œuvre en mouvement.
Pouvez-vous nous parler de la manière dont les différents poèmes ont été adaptés musicalement ?
Chaque poème possède son propre caractère. Dans Poem for Ploughshares, le poème d’ouverture du recueil, j’introduis d’abord un thème au saxophone et à la voix, qui est ensuite développé par l’orchestre. Puis, nous entrons dans une partie très mouvementée, sur laquelle résonne la poésie. Les possibilités de variations sont ici nombreuses, et j’ai écrit des choses qui ne doivent pas nécessairement être jouées telles quelles.
Davanzale (« appui de fenêtre ») commence très lentement, avec de longs accords. Puis, comme si Puccini rencontrait Joni Mitchell, on passe à des harmonies jazz, un solo de saxophone, des structures minimalistes et des changements rythmiques, pour aboutir à une aventure à la Thelonious Monk, ou presque. Le morceau joue avec des rythmes ternaires et binaires aux percussions et au saxophone. En ce sens, il s’agit d’un contrepoint rythmique entre le 4/4 européen et le 12/8 africain, qui s’opposent. Cela s’entend surtout dans les passages à l’unisson entre le saxophone, le hautbois et le cornet. C’est comme si un orchestre baroque se mettait soudain à parler jazz… ou l’inverse.
Dans Cupboard, en anglais, le rythme ralentit. On ressent une tension sous-jacente, la poésie est à fleur de peau, ce qui se traduit par des ostinatos et des harmonies assez inconfortables. C’est un poème chargé d’émotion pour moi, sur la façon d’être dans un nouveau lieu.
Vient ensuite Obiettivo en deux parties, qui sont deux versions du même poème : d’abord rythmé et presque hip-hop, spoken word, avec des violons qui réagissent au texte, puis plus lent et méditatif, avec des arpèges dans les cordes. C’est un dialogue entre le rythme et le silence.
Après Interlude, la conclusion rassemble toutes les influences déjà entendues de différentes manières. J’ai mis deux fois le même poème en musique : Ad Alberto de Lacerda, d’abord récité en anglais, puis chanté en italien. Il n’y a pas de grande apothéose, mais une lente extinction, avec un passage vocal très fragile vers la fin, où le blues surgit soudainement. Comme si on restait seul avec les échos des histoires.
Albert Edelman
Traduction : Judith Hoorens
B’Rock Orchestra
Fondé en 2005 à Gand, le B’Rock Orchestra est animé par une passion pour la musique baroque et une vision novatrice de la pratique traditionnelle de l’interprétation. Grâce au potentiel expressif des instruments d’époque, l’orchestre embrasse un large éventail de styles et de périodes musicales. Cette approche novatrice a valu à B’Rock une réputation de programmation audacieuse et d’interprétations surprenantes. Parmi les temps forts récents, citons un passage en Asie avec Trionfo del Tempo de Haendel sous René Jacobs, Torment of Hearts de Femke Gyselinck (GRIP) et Chapters of Celebration de Benjamin Abel Meirhaeghe et Wouter Deltour, ainsi que des collaborations avec des solistes tels que Jeanine De Bique, Olga Pashchenko et Elisabeth Hetherington.
Evgeny Sviridov
Evgeny Sviridov est l’un des violonistes baroques européens les plus importants du moment. Après avoir remporté la première place du Concours international Bach de Leipzig en 2010, il a décidé de se consacrer entièrement à la pratique d’interprétation historiquement informée. En tant que soliste et premier violon, il s’est produit sur les scènes du Concertgebouw d’Amsterdam, du Wiener Musikverein, du Konzerthaus de Berlin et du Bachfest de Leipzig, entre autres. Depuis 2016, il est premier violon de l’ensemble baroque Concerto Köln. Il est également cofondateur de l’ensemble baroque Ludus Instrumentalis. En 2019, Sviridov a reçu le Preis der Deutschen Schallplattenkritik pour son enregistrement des sonates et concertos de Giuseppe Tartini.
Cristina Zavalloni
Cristina Zavalloni est une soprano et compositrice italienne issue du jazz et de la musique expérimentale et d’avant-garde. Elle a étudié le chant et la composition au Conservatorio di Musica de Bologne et a également suivi des cours de danse classique et contemporaine. Pour le répertoire contemporain, elle forme un duo permanent avec le pianiste Andrea Rebaudengo. En tant que chanteuse de jazz, elle collabore avec son quartet Special Dish ou avec des musiciens tels que Uri Caine ou Paolo Fresu. Son répertoire principal comprend notamment Pierrot lunaire de Schönberg, La Voix humaine de Poulenc et Folk Songs de Berio, mais elle chante tout aussi bien des rôles d’opéra de Monteverdi ou Britten. Elle a également collaboré régulièrement avec Louis Andriessen, qui a notamment composé pour elle le double concerto pour violon et soprano La Passione (2002).
Robin Verheyen
Le saxophoniste et compositeur de jazz belge Robin Verheyen est considéré depuis des années comme l’un des meilleurs musiciens européens. Installé à New York depuis 2007, il s’est produit aux côtés de grands noms tels que Ravi Coltrane, Ralph Alessi, Joey Baron et Branford Marsalis. Le fil rouge de l’œuvre de Verheyen est une approche musicale qui transcende les genres. En 2014, il s’est ainsi rendu au Sénégal pour se plonger dans les pratiques musicales locales et a combiné dans son œuvre ces rythmes ouest-africains avec des harmonies modernes inspirées de Messiaen. En tant que compositeur, il a notamment écrit Blues, Reds and Other Songs à la demande du KMSKA et The Bach Riddles, une réécriture pour quatuor du Musikalisches Opfer de Bach.
Jhumpa Lahiri
Jhumpa Lahiri est une écrivaine et traductrice américaine. Elle a fait ses débuts en 1999 avec le recueil de nouvelles Interpreter of Maladies (L’Interprète des maladies), pour lequel elle a reçu le prix Pulitzer. Elle a également écrit The Namesake (2003, Un nom pour un autre), Unaccustomed Earth (2008, Sur une terre étrangère), The Lowland (2013, Longues Distances) et Dove mi trovo (2018, Où je suis). Depuis 2015, Lahiri écrit des romans, des essais et des poèmes en italien. Elle a reçu la National Humanities Medal aux États-Unis en 2014 et a été nommée Commandeur de l’Ordre du Mérite de la République italienne en 2019. Lahiri est professeure d’anglais et directrice du programme d’écriture créative au Barnard College de la Columbia University.
Échange après le concert avec Robin Verheyen & Cristina Zavalloni, modération par Katherina Lindekens - Salle M.
Au Fumoir de Bozar, vous pouvez visiter une mini-expo de Maria Farré, artiste associée de B’Rock Orchestra pendant la saison 2025-2026.
Votre billet pour ce concert vous donne également accès à Bozar All over the P(a)lace. Les expositions restent ouvertes jusque tard, et vous pourrez profiter d’un programme riche en performances, concerts, visites guidées, projections de films, débats et DJ sets, dans tous les recoins de Bozar.
Consultez les textes chantés, tirés de Il Quaderno di Nerina, copyright © 2021 Jhumpa Lahiri
B'Rock Orchestra
Evgeny Sviridov – direction artistique, violon
Rebecca Huber, Shiho Ono – violon 1
Sara DeCorso, Ellie Nimeroski, Yukie Yamaguchi – violon 2
Raquel Massadas, Luc Gysbregts, Bernadette Verhaegen – alto
Rebecca Rosen, Julien Barre – violoncelle
Tom Devaere – contrebasse
Marleen Leicher – cornet
Tatjana Zimre – hautbois
Koen Plaetinck – percussions
Structural partners
Klara, KPMG
Event partners
Brouwerij Halve Maan, Gimv | Worxinvest, Interparking, Proximus
Cultural partners
Ancienne Belgique, Belgian National Orchestra, Bozar, Brussels Philharmonic, De Munt | La Monnaie, Flagey, Muntpunt, Museum of Musical Instruments, Passa Porta
Public funding
Nationale Bank, Nationale Loterij meer dan spelen, Stad Brussel, Visit Brussels, Vlaamse Gemeenschap
Media partners
BRUZZ, De Standaard, La Première, La Trois, Le Soir, Musiq3, Radio 1, Ring TV, VRT Eén, VRT Canvas, VRT Max
Festival suppliers
Daniel Ost, Drukkerij VD, Maison Dandoy