Livret de programme

Naka Quartet

Naka Quartet

Supernova Laureate Concert II 

 

 

21.03.2026 — 17:00
Musée des Instruments de Musique
Préface

Where Is Home? 

Un chez-soi musical

 

Un homme monte sur scène, violoncelle à la main. Il observe la salle, écarte les bras et déclare : « Bienvenue. Ce soir, vous n’êtes pas de simples spectateurs, mais des participants. Notre rencontre est un échange. » Il commence ensuite à chanter et à jouer, et tout devient clair. Tel une antenne vivante, il capte l’énergie du public et la renvoie décuplée. La salle se métamorphose en salon. Ceux qui étaient présents rentrent chez eux transformés. 


C’est à peu près ainsi que se déroule un concert d’Abel Selaocoe. Avec ce charismatique violoncelliste, chanteur et compositeur, nous vous souhaitons la bienvenue au 21e Klarafestival. En tant qu’artiste du festival, Selaocoe donnera trois concerts couvrant tout le spectre de son univers musical. De la musique traditionnelle de son pays natal, l’Afrique du Sud, au baroque en passant par le jazz, le classique contemporain et l’improvisation, il fusionne toutes ces influences pour créer une œuvre unique placée sous le signe de l’identité et des échanges culturels.

 

Le thème de cette édition du festival s’inspire du premier album du Bantu Ensemble, le groupe de Selaocoe : Where Is Home? Une question ouverte qui appelle d’innombrables réponses, surtout dans une ville aussi diversifiée que Bruxelles, où se croisent 180 nationalités et 100 langues. Notre capitale est une plaque tournante. Un refuge. Un foyer temporaire ou permanent pour d’innombrables personnes et autant d’histoires. Jour après jour, nous avons la chance de pouvoir ancrer notre festival dans un terreau aussi fertile. 

 

Le Klarafestival 2026 rend hommage à cette ville qui est la nôtre. Dans le cadre du Muziekberg/Mont des Musiques, des musiciens bruxellois investissent pendant une journée le Mont des Arts, entre le Musée des instruments de musique, Bozar, la galerie Ravenstein et les Musées royaux des Beaux-Arts. Radio Lomax et la Chorale des Invisibles (La Voix des Femmes Sans Papiers) interprètent des chansons bruxelloises aux origines diverses. 

 

Notre mission est de faire découvrir à un public aussi large que possible que la musique classique est bien vivante. Entre les mains des musiciens audacieux que nous accueillons, même les œuvres les plus familières reçoivent un nouveau souffle. Laissez-vous surprendre par la Passion selon Saint Jean de Bach sous la direction de Maxim Emelyanychev. Émerveillez-vous devant Beethoven et Strauss avec l’Orchestre Philharmonique du Luxembourg. Redécouvrez Chopin et Scriabine dans une interprétation d’Alexandre Kantorow. Ou faites connaissance avec le phénomène du clavier Anthony Romaniuk : tout comme Abel Selaocoe, il mêle sa propre musique au répertoire existant, de Bach à Björk. 

 

Cette édition du festival rassemble d’autres artistes partageant ces mêmes affinités musicales. Annelies Van Parys a ainsi achevé la 8e symphonie de son ancien professeur Luc Brewaeys. Les pianistes Kris Defoort et Stéphane Ginsburgh rendent hommage à leur ami Philippe Boesmans, qui aurait eu 90 ans en 2026. Quant à Abel Selaocoe, il improvise avec d’anciens et nouveaux alter ego musicaux et interprète un tout nouveau concerto pour violoncelle de la compositrice américaine Jessie Montgomery avec le Brussels Philharmonic. 

 

Tout ceci ne serait pas envisageable sans le soutien de nos partenaires à Bruxelles et ailleurs. Bozar, Flagey, La Monnaie, l’Ancienne Belgique, Brussels Philharmonic, l’Orchestre national de Belgique, Passa Porta, BNA-BBOT et la Fondation Luc Brewaeys contribuent à l’ADN unique du Klarafestival. Nos partenaires privés indispensables sont KPMG Belgium, Proximus, Brugse Zot, Gimv/WorxInvest et Interparking. Nous tenons à remercier la Communauté flamande, la Commission communautaire flamande, la Région de Bruxelles-Capitale et la Loterie Nationale pour leur soutien. La collaboration avec la VRT et Klara est quant à elle le secret de notre succès en tant que festival radiotélévisé. Enfin, nous adressons toute notre reconnaissance au public enthousiaste qui nous suit, tant dans la salle de concert qu’à la maison via la radio et VRT MAX. 

 

Pour Abel Selaocoe, le « chez-soi » représente bien plus qu’un bâtiment ou un lieu. « Il peut s’agir d’un espace spirituel. De quelqu’un. (...) De quelque chose que l’on découvre au détour d’un chemin. » Pendant sept ans, l’intendant Joost Fonteyne a été « chez lui » au Klarafestival. Son goût pour l’aventure et les liens sociaux transparaît plus que jamais dans le programme de ce festival. En avril 2026, il poursuivra son voyage et passera le flambeau à Jan Van den Borre. Merci du fond du cœur, Joost, pour ces belles années !

 

L'équipe du Klarafestival

Joost Fonteyne, intendant

Jan Raes, président

Chantal Pattyn, gestionnaire de réseau Klara 

Programme

Karen Nonomura - violon

Giovanna Sevi - violon

Camille Havel - alto

Boris Benazdia - violoncelle

 

Felix Mendelssohn Bartholdy (1809-1847)

String Quartet in F Minor,  Op. 80, No. 6 

  1. Allegro vivace assai
  2. Allegro assai
  3. Adagio
  4. Finale Allegro molto

Wim Henderickx (1962-2022)

In Deep Silence III. Impression on a Theme from Haydn. String Quartet No. 2

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Clé d'écoute

Quatuor Naka

« Nous voulons que le public nous oublie. » En pleine résidence à Paris, les musiciens du Quatuor Naka expliquent qu’ils se considèrent davantage comme un intermédiaire que comme un protagoniste. Ils souhaitent emmener leur public dans un voyage à la découverte de l’univers musical des compositeurs qu’ils mettent à l’honneur. Leur concert en tant que lauréats du Concours Supernova, avec Claude Debussy et Wim Henderickx au programme, sera l’occasion d’un véritable voyage placé sous le signe de la douleur et de l’espoir, du calme et de la liberté. Un programme plein de contrastes qui célèbre la musique comme une forme d’art qui touche directement le cœur. « La musique doit nous parler », résument les jeunes musiciens.

La connexion émotionnelle a été immédiate avec Felix Mendelssohn Bartholdy, le compositeur allemand du XIXe siècle qui, comme nul autre, sut traduire en musique le chagrin… et souvent le sien. Lorsque sa sœur Fanny Mendelssohn, également compositrice de talent, décéda subitement en mai 1847 et qu’il n’eut pas la possibilité d’assister à ses funérailles, Mendelssohn se retira de la vie publique. À la recherche d’un endroit où faire son deuil, il se rendit dans les montagnes suisses, où il composa sa dernière grande œuvre : son Quatuor à cordes en fa mineur, op. 80, n° 6. 

 

« L’œuvre est d’abord obscure et timide », expliquent les musiciens du Quatuor Naka. Peu à peu, l’intensité et l’énergie augmentent pour faire place à « des moments de profonde tristesse ». « Dans la troisième partie, Adagio, arrivent la lumière et la rédemption, et l’espoir d’un avenir meilleur semble poindre. » La musique s’ouvre, laissant à nouveau place à la respiration. Mais ce calme n’est qu’apparent : dans le Finale s’enchaînent dissonances, notes rapides et mélodies presque criantes, et la peur semble prendre le dessus. « Nous sommes perdus en mer », écrit le musicologue Kai Christiansen à propos de ce quatuor à cordes, « et condamnés à nous noyer dans des eaux tumultueuses. »

 

Les eaux tumultueuses trouvent le calme chez Wim Henderickx, dont le Quatuor Naka interprète In Deep Silence III. Impression on a Theme from Haydn. String Quartet No. 2 (2019), le troisième volet d’une série consacrée au calme et au silence. Alors que le quatuor à cordes de Mendelssohn vise à « extérioriser toutes sortes de passions internes », Henderickx encourage au contraire à « se tourner vers l’intérieur et à se consacrer à ses sentiments intérieurs ». Le compositeur belge, qui a contribué à faire connaître la musique contemporaine belge à l’étranger avec Luc Brewaeys et Annelies Van Parys, entre autres, était fasciné par la quête universelle de sens et de connexion chez l’être humain.

 

Dans Deep Silence III, Henderickx s’inspire de la deuxième partie du Quatuor de l’Empereur (1796-1797) de Joseph Haydn, une œuvre virtuose et triomphale en do majeur. Dans chacun des trois mouvements, Henderickx prend comme point de départ un détail du quatuor original et transforme l’œuvre la plus célèbre de Haydn en un bain sonore mineur presque méconnaissable. En optant pour une partition flexible et ouverte plutôt qu’hermétique, il laisse en outre une grande liberté à l’interprète. « Nous déterminons nous-mêmes la durée des notes et pouvons ainsi étirer le temps à notre guise », explique le Quatuor Naka. « Chaque concert est donc différent, car l’attention du public détermine également la vitesse à laquelle nous ralentissons. »

Pour les musiciens du jeune quatuor, il est évident de ne pas se limiter au répertoire classique de musique de chambre, mais d’interpréter également de la musique belge contemporaine. « Les œuvres contemporaines nous invitent à nous interroger sur l’intention du compositeur », explique le Quatuor Naka. « De plus, la scène musicale belge est très ouverte et tournée vers l’innovation. » Les jeunes musiciens savourent cette liberté, toujours à la recherche de « nouvelles formes d’expression et d’esthétiques ». 

 

Hanne Schelstraete 

Traduction: Judith Hoorens

Biographies

Nommé d’après le mot japonais signifiant « connexion », le Naka Quartet joue une musique qui jette des ponts, soulève des questions et recherche l’équilibre. Le quatuor à cordes, composé de Karen Nonomura et Giovanna Sevi au violon, Camille Havel à l’alto et Boris Benazdia au violoncelle, a été créé en 2014 à partir d’un désir commun de faire de la musique de chambre un lieu vivant de dialogue et de profondeur. Sous la houlette de musiciens renommés du Quatuor Diotima, du Silesian Quartet et du Quatuor Danel, ils ont développé un ADN musical empreint de curiosité, de passion et d’esprit d’expérimentation. Sur les scènes belges, françaises et italiennes, ils interprètent des quatuors à cordes classiques et des créations contemporaines, avec une attention particulière portée au répertoire belge

Partenaires

Structural partners

Klara, KPMG

 

Event partners

Brouwerij Halve Maan, Gimv | Worxinvest, Interparking, Proximus

 

Cultural partners

Ancienne Belgique, Belgian National Orchestra, Bozar, Brussels Philharmonic, De Munt | La Monnaie, Flagey, Muntpunt, Museum of Musical Instruments, Passa Porta

 

Public funding

Nationale Bank, Nationale Loterij meer dan spelen, Stad Brussel, Visit Brussels, Vlaamse Gemeenschap

 

Media partners

BRUZZ, De Standaard, La Première, La Trois, Le Soir, Musiq3, Radio 1, Ring TV, VRT Eén, VRT Canvas, VRT Max

 

Festival suppliers

Daniel Ost, Drukkerij VD, Maison Dandoy

Partner banner Nationale Loterij